‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 352 sur 670 · ULYSSE , AJAX , ACHILLE · texte numérisé non relu

ULYSSE , AJAX , ACHILLE

ULYSSE

Vous me voyez,!

Plus encor comme ami que comme Vous souvient-il des lieux où sous on md ooifanfe On faisoit , malgré vous , languir votre coarage? De nymphes entouré, vous perdiez vos beaux joon. Thétis d'un vain danger laissoit passer le oobrs. Je vous vis; j'approchai sous un habit de femme: De l'amour des hauts faits je vous enflammai l'aine. On vous y vit courir : ce fut par mon moyen. Je ne viens point ici vous reprocher ce bien : Je ne viens que vous rendre, avec dons^lapifacesse, Au nom du fier Atridc et de toute la Grèôe. Ne laisserez-vous point fléchir votre courroux? Faut^il que nos transports durent autant ^e nous? Jusqu'au départ , du moins , suspendez vos querdles. Songez que d'actions mémorables et belles Vous perdez;car chez vous vaincre et combattreestoa. Vous n'êtes pas de ceux qui n'ont qu'un sort conumm : Contents pour le remplir d'une seule victoire, Par le devoir, sans plus, ils marchent à la gloire. Le monde attend de vous de plus puissants efforts. Si vous ne voulez pas séjourner chez les morts. Par de nouveaux dangers distinguez -vous des bom- Hector en a semé la carrière où nous sommes, [mes. Nous ne les cherchons plus : ils nous viennent tnra- Ilion , qui bonioit ses vœux à se sauver, [ver.

S'est rendu Fatt^iquant : cette superbe ville Prétend brûler nos nefs en présence d'Achille. Vous verrez vos amis sur la terre étendus ,

ACHILLE, ACTE I. SCfiNE V.

M lUeui Inifeiw t BiDijuGurt , tes ilieui gna coollondus \ lUe Truie â son Uiur iilaigf»ni noti'e misère. là, ToiU, seigaeur, des sujets de rxilère.

ACHILLE

Voua o'éM pas réduils encore à cet éUt.

El le Taut-il altenUre? Esl-U île intentât.

De ûniple Grec, qui piU se plaire en sa pairie,

Voïaut Ue noire nom la gloire ainsi lltlrie?

K PinU^t «les Grecs fsl d'employer mon bras , JVxirquui d'Aganiemnon ne seplaignenUls pas? Quand ce chef a payé de mépris lenrs services , R'ai-je pas condamné tout liaut ses injastices? Trinces , je lie sais point trahir mes sentiments : Raillez dans vos cceurs ses mauvais IroitemenlK, Vous verrez (|ue chacun a sujet de se plaindre.

Endurez, j'y consens; rien ne \-ouBdait contraindre : Je vous 1ai«se ven^ le foible MënclaK.

En cervani louteGiis ces deux frères ingrats , E*t-tl, princes, egl-il de Grec qui se dùL taire?

foi bIL Mat pour tous ; je veux eiicur le faire.

LLÏSSB.

ib ! ne nippelra point les déplaisirs pass^.

t veux qn'AgamemnoD nous ait luus ofTens^s; S tiui n'y plus songer, et «(ue notre mémoire ''t charge du seul soin d'acquérir de la glaire.

ACMILLB.

!H-ce en le redoutant qu'un espère en trouver? I^ gloire est pour lui seul , il sait nous l'eiilever.

ULYSSE

ÊTiloos donc au moins la honte et l'infamie; se peut, que la Grèce ne die:

la tatrt féconde en enfants malheureux; tj*ll b^' des bÙTOi, l'roie a Iriontphé d'eux, r RAHMa les revoir sans lauriers eu leurs villes , Je nt MufTrirai pins qu'ils quittent ces asiles ; ' ■ Qa'lli laiurni lonn tuyen, el ctkereheal oui cumliale ■ lin renom que le» dieux ne leur accordent pus. "

AJ*\.

Je saurai m'etnepler de celte obscure vie , Et vem vaincre ou mourir aux champs de la Phrytiie. Moi vivant, un berga" ne sera point chez soi Tranquille possesseur de réfmusc d'un nii. J'aurai des compagnons à punir cet outrage ; Vma verrcK plus d'un chef tenir même langage. D'un mAme esprit que tous, seigneur, soyez porti^ : Nous nous Muimes ligui's contre celle cité; Si i]udque Grec se plaint, qu'on remette la peine A des temps où les dieux auront fait rendre ilcli'jie. Vous les aurex alors contre vos ennemis; Et, si vous me mettez au rang de vos amis. Si vous trouvez qu'Ajax ail assez de vaillance . Moi-ménte je vous veux aider dans la rengeance !

rvîT

Aidez-nous dans ce siège, appuyés nus effurls. Ces murs pris ou laissés, les miens et lum, pour lors Nous vousserviruns tous contre un prince coutialile.

ACHILLE

Le lier A^'amemnou n'est pas si redoutable : Mon bras y suftira , comme il a cru le sien Capable de dompter sans moi le mur troyen.

;|iendant , seigneur, doit me cooibndre.

AJ\X.

Ce n'est pas encor là comme il faut nous répondre. Nous verrn-t-on venger un tel affront sans vous?

Sans mol! qui touclie-l-il qu'un malheureux époux?

lion n'étoit pas si grande en nos provinces Que Dons dussions tous suivre en esclaves ces prinues.

AJAX.

En esclaves! nous, rois! dites en compagnons. il Tenons-nuusdeleursn^ainsleslieuxou nous régnoni T Le sang d'Atrée a-l-il du pouvoir sur le nOlre? Sommes-nous dépendants, vous ni moi, d'aucunaiil'Iysse voudroil-il qu'on dit qu'étant forcé [Ire f Il a de ses pareils l'intérêt embrassé ? Non, sans doute.

l'LÏSSE.

II hiloîl venger nos diadème!

L'affronl fail à ces rob retomboit sur nous-mêmes: J'entrai dans leur parti de mon pur mouvemeni; Rien ne m'y contraignit qu'un juste sentim^it. Celte même raison vous donna même envie ; Est-elle autre aujuurd'haî que dix ans l'ont suivie ^ Nous nous sommes enlin à poursuivre engagés; Laisserons-nous des murs si long-lemps assiégés? iJes murs qui pour jamais aux princes de ta Grt Seroient on monninent de honte et de foit)lesse?

Après dix ans d'assauts, s'il nous les faut quitter,' (^>uels peuples neviendrontc^ez nous nous insulter' 1

Quand j'ai lieu de me plaindre on ne me convaiill Ce i|ue vous alléguez en faveur de ces frères . [ giiéres< L'un d'eux, à mon égard, le délmit aujourd'hui : Je veux Wen vous payer de raison, et non lui.

ULYSSE, â Ajar.

Seigueur, laiswns A part les disputes frivoles,..

(ù Achille.) El vous, llls de Thélis, écoulez mes paroles. . Vous croyez (|ue ce chef pour unique raison N'a que de réparer l'honneur de sa maison ; Qu'aussilât contre vous il reprendra In liajne? Vous en allez juger par ce qui nous amène. Ilcmpli des qualilOs qui vous font estimer. Ce prince recommence encore à vous aimer. Il ne tiendra qn'i vous d'unir vos deux bmilles : Nous \nns offrouK l'hyinrai de l'une de ses lille*.

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