‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 375 sur 670 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LA BAGUENAUDIÈRE, LE DESTIN, ISABELLE, RAGOllN.

LA BAGUENAUDIÈAE.

Glierciions l'Étoile.

RAGOTIN , derrière le théâtre,

A Taide ! à moi ! je n'en puis plus.

ISABELLE

Qu'cntends-je?

LE DESTIN

Qu'est-ce encor ?

LA BAGUENAUDIÈRE

Laquais ! de la lumière.

Qui crie ainsi ?

(Oh apporte de la lumière.)

ISABELLE

Que vois-je ? où suis-je ? c'est mon père î RAGOTIN , de même.

Au secours, au secours !

LA BAGUENAUDIÈRE

D'où vient donc cette voix ?

ISABELLE

Elle s'est fait entendre à moi cinq ou six Tois , Mon père , et je sortois pour en savoir la cause.

Ce qui m'amène ici , moi , c'est la même chose.

RAGOTIN , encore.

Je me meurs ! je suis mort !

LA BAGUENAUDIÈRE

Quel esprit dévoyé Peut crier.... Mais que vois-je ?

RAGOTIN , en chemise.

Ah! ah ! jetnisDoji

LA BAGUENAUDIÈRE

D'où naissent vos clameurs? quelle est voCie iofiv- De quoi vous plaignez-vous ? de qui ? [Ume?

RAGOTIN

De la Rancme.

LA BAGUENAUDIÈRE

Quoi?

RAGOTIN

Nous étions couchés dans un boage id près; Le lit, qu'apparemment on avoit fait expi^, Etoit, comme le bouge , étroit et sans ruelle. M'ayant laissé le soin d'éteindre la chandelle, La Rancune au milieu s'est couché le premier; Je me suis doucement mis au bord le dernier. J'entonnois, en ronflant, déjà mon premier somme, Alors que d'une voix douloureuse, mon liomme M'a tiré par le bras, et s'est plaint, en criant, D'une difficulté d'urùier, me priant * De lui donner le pot de chambre. A sa prière Je l'ai Ikit. Après s'être en vain une heure entière EfToroé, plaint, crié, juré connue un perdu, Sans avoir uriné goutte , il me l'a rendu. Moi qui porte un bon cœur que le mal d'autrui toocbe: «Je vous plains, » ai-je dit alors, ouvrant la bouche Aussi grande qu'un four, à force de bâiller ; Puis je me suis remis plus fort à sommeiller. Dans ce sommeil profond la matineuse aurore M'auroit trouvé gisant, si le perfide encore Ne m'avoit réveillé , me tirant par le bras , Pour me redemander, avec de grands hélas , Une seconde fois ce maudit pot du diable. Une seconde fois ma pitié charitable L'a mis entre ses mains : pestant, mordant ses dofgbt. N'ayant rien fait nou plus que la première fois, II me Ta redomié , me priant , hors d'haleine. De ne plus me donner une semblable pttne; Qu'elle n'ctoit pas juste , et qu'il la prendrait Un: £t moi , (lui n'aime pas de contredire à rien. J'ai dit qu'à ses désirs il pouvoit satisfaire. Ayant remis le pot à sa place ordinaire , J'aïuiois gagé, sentant le sommeil me saisir, Qu'autant c|u'une marmotte on m'alloit voirdonnir. Le maudit la Rancune , homme sans conscience, N 'avoit pas jusqu'au bout lassé ma patience : Pour reprendre le pot , lui-même ayant porté Tout son corps hors du lit , de force il m'a planté Un coude daos le creux de l'estomac, terrible.

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