‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 410 sur 670 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LA BAGUENAUDIÈRB, M«i BOUVILLON,

RAGOTIN

RAGOTIN , le pied dans un pot de chambre. Ne trouverai-je ici qu'outrage sur outrage? Maudit château ! maudît amour ! maudit voyage.

LA BAGUENAUDIÈRB.

Qui vous oblige donc d'avoir ce pîéfiestal?

RAGOTIN

Ah!

MADAME BOUVILLON

Qui voua fidt marcher sur ce pied de métal ? Et pourquoi fuir monsieur de La Baguenaudière.

RAGOTIN

C'est qu'un diable tantôt fait de même manière. Mais mille fois plus graàd, a diargé sur mon dos

Cent millions de coups d'un bâton court et gros; J'ai fui , croyant l'avoir inoessamment en queue. Faisant â chaque pas un demi-quart de lieue , Tout hérissé de peur, lorsque j'ai rencontré Un maudit pot de chambre où mon pied est entré. Aux cris que j'ai poussés, gémissant de foiblesse, Un chien est survenu qui m'a mordu la fesse; Mais je n'ai point songé qu'à ce pied empotté , Que si vilainement la fortune a botté , Je mettrois vamement ce pied à la torture Pour chercher les moyens d'ôter cette chaussure , Quand un homme est venu de la part du Destin , Et d'Isabelle aussi , pour me remettre en main Le billet que voilà. Surpris à sa lecture , Oubliant tous les maux de ma triste aventure , J'ai fait de vobs chercher mes plus fortes raisons Pour vous en fiiire part. Tenez, Usez.

LA BAGUENAUDIÈRB.

Lisons.

a Monsieur Ragotin, ne vous donnez point la « peine de me chercher pour vous cliarger de ma « conduite. Si mon père vous demande compte de la « «commission qu'il vous en a donnée , apprenez-lui « que je suis entre les maUis de M. le Destin , à qui « j'ai donné ma foi, comme au seul hoimne qui s'est « offert pour me délivrer du joug où m'alloit jeter « le mariage de Biaise Bouvillon , pour qui j'ai une « aversion insurmontable*

a Je suis, etc. »

Je crois que ce perfide est de l'intelligence. Ton zèle a ménagé cette furtive absence; De ma fille tantôt tu ni'avois répondu ; Tu m'as trahi , Judas; mais tu seras pendu.

RAGOTIN

Pendu! moi?

MADAME BOUVILLON

Toi , pendu : diflamer ma famille , M'enlever une bru , faire un rapt de sa fille; Pendu , pendu , pendu.

RAGOTIN

Je suis tout éperdu !

LA BAGCRNAUDIÈRB.

Il fBiut l'épouvanter; pendu , pendu, pendu.

RAGOTIN

Quelle grêle de maux ! Ciel ! pour les antres, passe ; Mais me voici tombé de fièvre en chaud mal ; grâce !

LA BAGUENAUDIÈRE

Abus.

RAGOTLN.

Ayez pitié d'un avocat.

MADAME BOUVILLON

Chansons.

LA BAGUENAUDIÈRB.

Apprends-moi leur retraite à l'iotlaiily «lépèchon»^

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