BERTRAND, LUCINDE, PERRETTE
BERTRAND
Non , mordienne ! vous dis-je , je ne me laisserai pas enjôler davantage.
LUCINDE
Eh ! mon pauire garçon !
BERTRAND
Je n*en ferai rian.
PERRETTE
Âuras-tu le cœur si dur, que... ?
BERTRAND
Je l'aurai dur comme un caillou.
LUCINDE
Laissez-nous ici seulement jusqu'à oe soir.
BERTRAND
Je ne vous y laisserai pas un iota davantage, ventregoine ! Si quelqu'un vous alloit trouver enfonnées dans ma logelte , et que diroit-on ?
PERRETTE
Ardez ! ce qu'on en diroit seroit-il tant à Um désavantage?
BERTRAND
Testigné! si notre maître, qui hait les femmes, venoit à vous trouver, où en serois-je?
LUCINDE
Quand il saura que je suis une jeune fille persécutée par une belle-mère, abandonnée, à sa sollicitation , à rinimilié de mon propre père , et qui fais la maison paternelle de cramte d'épouser un magot qu'elle me veut donner parcequ'il est son neveu, mes larmes le toucheront ; il aura pitié de moi, sans doute.
BERTRAND
Morgue ! je vous dis qu'il n'est pouit pitoyable : je le connois mieux que vous.
PERRETTE
Et moi , je gage que ses larmes le dcl)aucheront comme elles m'ont débauchée; je ne les vis pas plus tôt couler, que je me résolus d'abandonner mon ménage pour aller courir les champs avec elle , quoiqu'il n'y ait qu'onze mois que je sois mariée à Tlii- Itaut, le fermier de son père, qui est le meilleur homme du monde , et de la meilleure humeur. Est- ] ce que ton maître sera plus rébarbatif que moi ?