‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 432 sur 670 · BERTRAND, LUCINDE, PERRETTE · texte numérisé non relu

BERTRAND, LUCINDE, PERRETTE

BERTRAND

Non , mordienne ! vous dis-je , je ne me laisserai pas enjôler davantage.

LUCINDE

Eh ! mon pauire garçon !

BERTRAND

Je n*en ferai rian.

PERRETTE

Âuras-tu le cœur si dur, que... ?

BERTRAND

Je l'aurai dur comme un caillou.

LUCINDE

Laissez-nous ici seulement jusqu'à oe soir.

BERTRAND

Je ne vous y laisserai pas un iota davantage, ventregoine ! Si quelqu'un vous alloit trouver enfonnées dans ma logelte , et que diroit-on ?

PERRETTE

Ardez ! ce qu'on en diroit seroit-il tant à Um désavantage?

BERTRAND

Testigné! si notre maître, qui hait les femmes, venoit à vous trouver, où en serois-je?

LUCINDE

Quand il saura que je suis une jeune fille persécutée par une belle-mère, abandonnée, à sa sollicitation , à rinimilié de mon propre père , et qui fais la maison paternelle de cramte d'épouser un magot qu'elle me veut donner parcequ'il est son neveu, mes larmes le toucheront ; il aura pitié de moi, sans doute.

BERTRAND

Morgue ! je vous dis qu'il n'est pouit pitoyable : je le connois mieux que vous.

PERRETTE

Et moi , je gage que ses larmes le dcl)aucheront comme elles m'ont débauchée; je ne les vis pas plus tôt couler, que je me résolus d'abandonner mon ménage pour aller courir les champs avec elle , quoiqu'il n'y ait qu'onze mois que je sois mariée à Tlii- Itaut, le fermier de son père, qui est le meilleur homme du monde , et de la meilleure humeur. Est- ] ce que ton maître sera plus rébarbatif que moi ?

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