‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 433 sur 670 · LA COUPE ENCHANTÉE, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

LA COUPE ENCHANTÉE, SCÈNE IL

BERTRAND

Ventredienne! vous me feriez enrager. Est-ce que je ne savons pas bian ce que je savons ?

LUCINDE

Fais-moi parler à ce jeune liomme que ta dis qui est son fils; je le touciierai, je m'assure, et je ne doate point qu'il ne fasse quelque chose auprès de son p^ en notre faveur.

BERTRAND

Eh bian ! eh bian ! ne v'ià-t-il pas ? Palsanguoî ! n'en dit bian vrai , qu'il n'y a rian de si dur que la tête d'une femme. Ne vous ai-je pas dit , cervelle ignorante , que ce fils est le tu autem du sujet pourquoi on reçoit ici les femmes comme un chien dans un jeu de quilles? que le père ne veut point que le fils en voie aucune? que le fils n'en connoit non plus que s'il n'y en avoit point au monde, et qu'il ne sait pas seulement comme on les appelle ? que le père, sottement, lui apprend tout cela; que le fils croit tout cela, sottement; et que... que... Que diable! ne vous ai-je pas dit tout cela?

PERRETTE

Eh bian ! oui. D'où vianl qu'il ne veut pas que son fils connoisse des femmes? Est-ce une si mauvaise connoissance?

BERTRAND

D'où viant... d'où viant... Eh! esprit bouché, ne vous souviant-ii pas que, de fil en aiguille , je vous ai conté que le père avoit épousé une femme qui en savoit bian long? et que pour empêcher que son fils n'ait comme li le même malencombre qu'il a li, cuumie bian d'autres , il a juré son grand juron que jamais femme ne seroit de rian à ce fils? Et voilà ce qui fait justement que... Mais, ventreguienne ! que (le babil ! est-ce que vous ne voulez donc pas vous taire, et me tourner les talons ?

LUCiNDE , lui donnant de Vargeni.

Mon ami ! mon pauvre ami !

BERTRAND , faisant le pleureur^ mais prenant toujours Vargent.

Mon ami , mon pauvre ami! Jamigné! ne v'ià-t-il pas encore la chanson du ricocliet, avec vos pièces d'or?

PERRETTE

Eh l va , va , prends toujours.

BERTRAND

Ventregué ! que veux-tu que j'en fasse ?

LiciNDE, lui donnant encore de Vargeiit. Mon pauvre garçon !

BERTRAND

Testigué ! n'avez-vous point de honte de me tenter comme çà ?

PERRETTE

Prends , te dis-je.

BERTRAND

Morgue ! c'est être bian satan.

LUCINDE , lui en donnant toujours.

Bertrand !

BERTRAND

Jami ! cela est cause que je vous ai déjà fait passer la nuit dans ma cahute.

PERRETTE

Le grand malheur!

BERTRAND

Morgue ! cela va encore être cause que je vous y ferai passer le jour.

LUCINDE , lui eh donnant davantage.

Mon cher Bertrand !

BERTRAND

Mort de ma \ie\ que vous ai-je fait?

PERRETTE

Eh ! prends , prends.

BERTRAND

Prends , prends. Morguoi ! prends toi-même.

{ Perrette veut prendre , et Bertrand se jette sur la

bourse, )

PERRETTE

Eh bian ! donne-le-moi , je le prendrai.

Tu as bian envie de me voir frotté.

PERRETTE

La , la , prends courage; il ne t'est point arrivé de mal cette nuit , il ne t'en arrivera pas cette journée. Remène-nous dans ta logette.

BERTRAND

Oui ; mais , morgue ! notre petit maître est un chercheur de midi à quatorze heures ; il a toujours le nez fourré par-tout. S'il viant à vous trouver ! hein?

LUCINDE

Peut-être sera-t-il bien aise de noos voir et de nous parler.

BERTRAND

Testigué ! ne vous y fiez pas; c'est un petit babillard qui ne manqueroit pas de l'aller dire à son père. Il vaut mieux que je vous boute dans queuque endroit oi: il n'aille pas vous chercher. Attendez, je vais voir si personne ne nous empêche.

{H sort,)

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