‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 442 sur 670 · LA COUPE ENCHANTÉE, SCËNE XL · texte numérisé non relu

LA COUPE ENCHANTÉE, SCËNE XL

JOSSBLIN.

Quoi?

LÉLIB.

Vous ne le Tondriez pas , vons ?

JOSSBLIN.

Qn'est-ce encore ?

LÉLIB.

Promettez-moi que vons le voudrez.

JOSSBLIN.

Selon.

LÉLIB.

Je vondrois bien aller me promener antre part qu'ici.

JOSSBLIN.

Plalt-il?

LÉLIB.

Ah ! je savois bien que vous ne le voudriez pas.

JOSSBLIN.

Avez-vous oublié que votre père vous Ta défendu ?

LÉLIB.

Eh! c'est parcequ'il me l'a défendu que je meurs d'envie de le faire. Car, enOn, je m'imagine qu'il y a dans le monde des choses qu'il ne veut pas que je sache ; et ce sont ces choses que je m'imagine, que je brûle de savoir.

JOSSBLIN , à part.

Le petit fripon !

LELIB.

Oh! çà, M. Josselin, en bonne vérité, dites-moi ce que c'est que ces choses-là.

JOSSBLIN.

Qu'est-ce à dire, ces choses-là?

LÉLIB.

Oui ; qu'est-ce qu'il y a dans le monde qui n'est point ici?

JOSSBLIN.

Rien.

LÉLIB.

Vous mentez , M. Josselin.

JOSSBLIN.

Point du tout.

LÉLIE

On me cache bien des choses, M. Josselin; vous lisez dans des livres , et mon père y sait lire aussi. Pourquoi ne m'a-t-on pas appris à y lire?

JOSSELIN

On vous l'apprendra ; donnez-vous patience.

LÉLIE

Je ne puis plus vivre comme cela , et c'est une honte d'être aussi ignorant que je le suis à mon âge.

JOSSELIN, bas.

Voilà un petit drôle qu*il n'y aura plus moyen de retenir.

LÉLIE

Et si mon père venoit à mourir, M. Josselin, car je sais bien qu'on meurt, que deviendrois-je !

JOSSBLIN.

Vous deviendriez mon fils, et je ienlf votre père pour lors.

LÉLIB.

Vous vous moquez de moi, M. JosBeUn. GMfot pas comme cela que cela se CÉdt; et ce aeroit à moi tour d'être père de quelqu'un.

JOSSBLIN.

Eh bien ! vons seriez le mien , si toos Tooliezy et je serois votre fils , moi.

LÉLIB.

Oh ! ce n'est pas comme cela que cela se fiût, assurément. Vous ne voulez pas me le dire; mais je le saurai, vous avez beau faire.

JOSSBLIN.

Oh ! vous saurez, vous saurez que vons êtes m petit sot, et que vos discours me fatiguent.

LÈLIB.

M. Josselin, si vous ne me menez promener, j*!» me promener tout seul , je vous en avertis.

JOSSBLIN.

Oui ! et je vais, moi , tout de ce pas, avertir votre père de vos extravagances , et vons Terrez après oà je vous mènerai promener. Oh ! oh ! voyez le petit impudent, avec ses promenades! {Il sort.)

LÈLiE, seul.

Il a beau dire , je sortirai d'ici, quand je devrois mourir sur le pas de la porte.

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