PERRETTE, JOSSELIN, THIBAUT
BERTRAND, arrêtant Lèlie.
Ce n'est pas par-là , vous dls-je.
LÉLIE
Non, non, laisse-moi.... Mais que vois-je? Ah! c'est ce que je cherche.... Oui, mon père, les voilà. Sonfirez que je les emmène à ma chambre; je vous promets de n'en sortir jamais.
ANSELME
Où suis-je ? que vois-je ? qu'entends-je ?
LÉLIE
Ah ! mon père , n'allez pas gronder, de peur de les effiurottcher encore.
ANSELME
Cen est fait; la destinée et la nature sont plus fortes que mes raisonnements. Votre seule présence loi en a plus appris en un moment que je ne lui en avois caché pendant seize amiées.
JOSSELIN
Cela est admirable.
ANSELME
Je conunence moi-même à me rendre à la raison, et je vais changer de manière.
M. TOBIE
Qu'est-ce que tout ceci?
ANSELME
Youslesaurez, nionsieur.En attendant qu'on vont
l'apprenne , je vous dirai seulement que mon fils a beaucoup de noblesse et plus de bien , et qu'il ne tiendra qu'à vous d'unir sa destinée à celle de mademoiselle votre fille.
M. TOBIE
Volontiers. J'en serai ravi; et cela fera enrager ma femme.
LÉLIE
Je ne comprends rien à tous ces discours. Que veulent-ils dire, M. Josselin?
JOSSELIN
Cette belle vous l'apprendra.
ANSELME
Oui, mon fils, je vous la donne en mariage.
LÉLIE
En mariage ? cela signifie-t-il qu'elle demeurera toujours avec moi , mon père ?
ANSELME
Oui, mon fils.
LÉLIE , embrassant son père.
Quelle joie I Ah , mon père ! que je vous ai d'obligation !
JOSSELIN
Jamais le petit fripon ne l'a embrassé si fort.
THIBAUT
Pargué! Parrette, tout cela est drôle.
PERRETTE
Oui , tout cela est bel et bon ; mais cette chienne de coupe, que deviendra-t-elle? Qu'il n'en soit plos |)arlé; car, quoique je ne craignions rien, je n'en dormirions point en repos , voyez- vous.
ANSELME
Qu'elle ne vous inquiète point; je la briserai en votre présence.
JOSSELIN
Quelqu'un veut-il faire essai de la coupe? qu'il se dépêche. Mais., franchement, je ne conseille à personne d'y boire; et l'ex/unple du paysan est , sur ma foi , le meiUeur à suivre.
FIN DE LA COUPE EMCHAffliE.