H.- A L'AMOUR
PLAINTB8 SUR SES RIGUBURS.
A mour, que t'ai-je fait ? dis-moi quel est mon crime : D'où vient que je te sers tous les joors de victime? Qui t'oblige à m'offrir enoor de nouveaux fers? N'es-tu point satisfait des maux que j'ai soufferts? Considère ^ruel y quel nombre d'inhumaines Se vante de m'avoir appris toutes tes peines ; Car, quant à tes plaisirs, on ne m'a jusqu'ici Fait connoltre que ceux qui sont peines aussi.
J'aimai , je fus heureux : tu me fus bvorable En un âge où j'étois de tes dons hicapable. Chloris vint une nuit : je crus qu'elle avoit peur. Innocent! Ah ! pourquoi hâtoit-on mon bonheur ? Chloris se pressa trop; au contraire , Amarylle Attendit trop long-temps à se rendre fiicile. Un an s'étoit déjà saas faveurs écoulé, Quand l'époux de la belle aux champs étant allé. J'aperçus dans les yeux d' Amarylle gagnée Que l'heure du berger n'étoît pas éloignée. Elle fit un soupir, puis dit en rougissant : Je ne vous aime point , vous êtes trop pressant : . Venez sur le minuit, et qu'aucun ne vous voie. Quel anuint n'auroit cru tenir alors sa proie ? En fut-il jamais un que l'on vit approdier Plus près du bon moment, sans y pouvoir toucher? Amarylle m'aimoit; elle s'étoit rendue Après un an de soins et de peine assidue. Les chagrins d'un jaloux irritoient nos désirs; Nos maux nous promettoient des biens et des plaisirs. La nuit que j'attendois tendit enfin ses voiles, Et me déroba même aux yeux de ses étoiles : Ni joueur, ni filou , ni chien ne me troubla *. J'approchai du logis : on vint, on me parla; Ma fortune, ce coup, me sembloit assurée. Venez demain, dit-on, la clef s'est égarée. Le lendemain l'époux se trouva de retour. Etbîen' ! me plains-jeàtort?mejoues-tu pas. Amour? Te souvient-il encor de certaine bergère? (>n la nomme Phyllis; elle est un peu légère : Son ccnir est soupçonné d'avoir plus d'un vainqueur; Mais son visage fiiit qu'on pardonne à son cœur.
• Nous avant ajouté da titres à œUe élégie et aui «fiiatre loivantes, et nous les avons mises sous U date de leur pabHcatloa, ignorant celle de leur composition.
> Pour rédairdssfmf t de ce ptsiagr et de <|«elquei antres «Uns cette élégie et dani les trois qui sniTcat. oo pentooiMnIter l' RUtoére de la vie et des amoragu de Jean de la FvnUtime » iniMème édition. In40 . ISM . p. la et»6 à aot.
>Via. DansieséditiQOSMOdefancnHtt BhMcB!
Nous nous trouvâmes seuls : la pudeur et la crainte De roses et de lis i l'envi l'avoient peinte. Je triomphai des lis et du cœur dès l'abord; Le reste ne tenoît qu'à quelque rose encor. Sur le point que j'allois surmonter cette honte , On me vint interrompre au plus beau de mon conte : Iris entre; et depuis je n'ai pu retrouver L'occasion d'un bien tout près de m'arriver.
Si quelque autre faveur a payé mon martyre, Je ne suis point ingrat, Amotu*, je vais la dire : La sévère Diane, en l'espace d'un mois. Si je sa» bien compter, m'a souri quatre fois ; Chloé pour mon trépas a fait semblant de craindre ; Amarante lll'a plaint; Dons m'a laisse [ilaindre; Clarioe a fixa regard mon tourment couronné ; Je me suis vu languir dans les yeux de Daphné. Ce sont là tous les biens donnés à mes souffranoef ; Les autres n'ont été que vaines espérances; Et, même en me trompant, cet espoir a tant fait Que le regret que j'ai les rend maux en effeL
Quant aux toumientf sDafferts en aenrantqnelqiie ingrate , C'est où j'excelle : Amour, tu sais si je me flatte. Te souvient-il d'Aminte? U fallut soupirer. Gémir, verser des pleurs , souffrir sans nmmnirer. Devant que mon tourment occupât sa mémoire ; Y songeoit-elle encore! liélas! l'oséje croire ? Caliste faisoit pis ; et, chercliant im détour, Répondoit d'amitié quand je parlois d'amour. Je lui donne le prix sur toutes mes cruelles. Enfin, tu ne m'as fiût adorer tant de belles Que pour me tourmenter en diverses fiiçons : Cependant œ n'est pas assez de ces leçons : Tu me fois voir Cl ynaîène : elle a beaaeDop de cliarnies ; Mais pour une ombre vaine elle répand des larmes; Son cœur dans un tombeau foii vœu de s'enfermer, Et , capable d'amour, ne me sauroit aimer. Il ne me restoit plus que ce nouveau martyre : Veux-tu que je l'éprouve, Anaour ? tu n'as qu'à dire. Quand tu ne voudrois pas , Clymène aura mon cœur : Dis-le-lui, car je crains d'irriter sa douleur.
m. — A CLYMÈNE.