X. — A M. DE TURENNE
Vous avez fait, seigneur, un <^>éra.
Quoi! le vieux doc% suivi de Caprara':
Quoi! la bravoure et la matoiserie?
Grande est la gloure, ainsi que la tuerie. Vous sayez coudre avec enoor [dos cPait Peau de lion avec peau de renard.
La joie en est parvenue à sa cime; Car on vous aime autant qu'on yoos estim Qui n'aimeroit un Mars plein de bonté?
En telles gens ^ ce n'est pas qualité Trop ordinaire. Ils savent déconfire, Bnller, raser, exterminer, détmire; Mais qu'on m'en montre un qui sache Mar Vous souvient-il , seigneur, que mot poor i Mes créanciers, qui de dizains n'ont cwre^ Frère Luhin^, et mainte autre écriture.
Me fut par vous récitée en chemin ?
Vous alliez lors rembarrer le Lorrain.
Reviens au fait, muse, va plus grand'erre laisse Marot , et reparle de guerre.
' François Batailler, sorti de l'ordre des capuciiis, par l'influence de la duchesse douairière d'Orléans, é Pantonerles-Ciamecy. ou Bethléem , le 25 juin 1664. 1 le 22 juin 1701 , à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.
>Le prince Charles, duc de Lorraine, né en 1604, C séquent alors âgé de soixante-quatorze ans.
3 Albert, comte de Caprara , habile général de rem avoit réuni ses troupes à celles du duc de Lorraine, et le 16 juin 1674 , par Turenne, à la bataille de Sintzei l'Art de vérifier les dates , t. III . p. 59; et Reboulet //>Mi5 X/r, L II , p. H 9.
4 Vab. Car en tels gens , dans les édiUons modernes Fontaine emploie ici le mot gens au féminin , et cmoi nom au masculin.
s Épigramme de Marot , intitulée : Réplique à la Navarre. Voyez Marot, t llï, p. 73, épi^r. en. «Ballade de Marot. ainsi intitulée. Voyez JUarat, U 7 Va plus vite.
EPITRES
En surmontant Charies et Gaprara ,
Vous avez fait, seigneur, an opéra.
Nous en faisons un nouveau ' ; mais je doute
Qu'il soit si bon , quelque effort qu'il m'en coûte.
Le vôtre est plein de grands événements :
Gens envoyés peupler les monuments.
Beaucoup d'effets de fureur martiale,
D'amour très peu , très peu de pastorale :
Mars sans armure y fut vu , ce dit-on ,
Mêlé trois fois comme on simple piéton.
Bien lui valut la longue expérience ,
£t le bon sens, et la rare prudence.
Dans le combat ces trois ^vinités
AUoient toujours marchant à ses côtés.
Ce Mars, seigneur, n'est le Mars de la Thrace^
Mais pour cet an c'est le Mars de l'Alsace*;
Ainsi qu'il fut et sera d'autres fois
Très bien nommé le Mars d'autres endroits;
Enfin c'est vous, afin qu'on ne s'y trompe.
Or en sont faits feux de joie en grand'pompe:
Bien est-il vrai qu'il nous en coûte un peu;
Mais gagne-t-on sans rien perdre à ce jeu?
Louis lui-même, effroi de tant de princes,
Preneur de forts , subjugueur de provinces ,
A-t-il conquis ces états et ces murs
Sans quelque sang, non de guerriers obscurs.
Mais de héros qui mettoient tout en poudre?
Les Bourguignons^ en éprouvant sa foudre
Ont fait pleurer celui qui la lançoit.
Sous les remparts que son bras renversoit
Sont enterrés , et quelques chefii fidèles ,
Et les Titans à sa valeur rebelles.