A M. DE NYERT
PiTBin 1677.
Nyert , qui , pour charmer le plus josle da m', Inventas le bel art de conduire la voix*. Et dont le goût sublime à la grande jostOR Ajouta l'agrément et la délicatesse ; Toi qui sais mieux qu'aucun le succès que jaA I..es pièces de musique eurent dedans l^nrîs, Que dis-tu de l'ardeur dont la cour échauffée Frondoit eu ce temps-là les grands oonoerls d'Oi|Ur',
' Louis XUI . surnommé le Juste.
> De Nyert était undes quatre pretnien i ili li iV ifci^ii Louis XIV, conime U l'avoit été de son père Louto XIEMr de plus grands éclaircissements sur ce persooiuse. Oftpalfli sulter ce que j'en ai dit dans X'HistÀjire de la rie ttiatt vragei de La Fontaine, Se édiUon , IK24, p. 24t. Tdfli des Rf^aux, dans ses mémoires maDuscrits, remarque qocfs que son nom fût bien de Nyert . on le noninnoit ctxoâmtÊ^ de yiclle dans le monde ; et c'est en effet sous ce iob ftl' désigné dans ime note manuscrite qui se rrouTC à b lî** mon exemplaire des madriî;aux de 1^ Sablière , et que fii* devoir imprimer dans les notes sur la preinkre éèlB* Vifistoire. de In vie et des ouvrages de J, dt La fvéâi^. 1S20, iii-So, p. 458. Madame de Sévigné , dans ses kttrOttfb Châtre , dans ses mémoires ( t LI , p. 199 de la cdkdtai* Petitot ) confirment ceci, et le noniineuf aussi de !ilel>
3 La Fontaine fait ici allusion à I'o|)éra italien iolitrié Orj^ e Euridice , qui fut représenté en 1647. L« pasa^ mfMéa mémoires de Monj;las est propre à éclalrcir ce Ters «t kite suivants : c En 1647 , la prosi»érité des affaires de Fnaoe otf « une gramle joie ; et , pour ceUe raison ; tout l'hiver tt fm « en réjouissances. Comme celui qui ^uvemoil éloit ifiiB- « tout le monde se eouformoit tellenicsit ji son humeur, 4«^ « puis les plus )»eUU jusfiu'aux plus grands on n'ëiiMqKé « plaisirs italiens. On fit venir de Rome une i4ftncn
• pour chanter devant la reine, et uu sii^nor ToreUi « des machines avec des chauj^meiits de théâtre eo « tive. On manda des comédiens qui représentèrfnt ci « sique la piiV.e A' Orphée , dont les machines coAtènsl pis < de 400,000 livres. Cette comédie duroit plus de six hearvtf
* étoit fort belle h voir |ioiu> une fois , tant les changnia** « décorations étoient surprenants; mais la grande iavfV
ÉPITRES
passagrcs d* Alto * , et de Léonora ' , ! déchatnement qu'on a pour Topera?
nacliines d'abord le surprenant spectacle uit le bourgeois , et fit crier miracle : la seconde fois il ne s'y pressa plus ; lia mieux le Cid, Uorace, Iléraclius.
i de ces objets l'ame n'est point émue, iéine rarement ils contentent la vue.
id j'entends le sifflet , je ne trouve jamais langement si prompt que je me le promets, ent au plus beau char le contre-poids résiste ; lieu pend à la corde, et crie au machiniste; este de forêt demeure dans la mer, a moitié du ciel au milieu de l'enfer ^
id le théâtre seul ne réussiroit guère , )médie, au moins , me diras-tu , doit plaire, lallets, les concerts, se peut-il rien de mieux contenter l'esprit et réveiller les yeux? jeautés, néanmoins, toutes trois séparées,
ayoit MiM qu'oo l'osAt témoigner, et tel n'entendoit pas lien ((ui n'en bou/^lt et radmiroit par oomplaiflance t la e même ne perdoit pas une fols sa représentaUoo, laquelle t trois fois la semaine deux mois durant, tant elle prenoit de plaire au cardinal , et par la crainte qu'elle aYoit de cher. 9 (Mooglas , Mémoires, t L , p. 59 de la coUection itot et Ifonmerqué.) iM. Dans le recueil de 1715 et dans SaUier t oo Ht s
Lot loap paiftafOT d'Atio cl de Lâooora.
Jora le yen a trdie syllabes. La leçon dn texte est celle lition des Œuvres diverses de 1758. Si c'est une corrcce l'éditeur, elle est insuffisante, puisqu'elle laisse subsbter itos.
ro étoH un célèbre castrat italien de la musique du roi , azarin avoit attiré en France, qu'U logroit dans son pat dont U se servit utilement pendant la négociation de fort H l'envoya deux fols à Munich auprès de l'éiectrice rkTe , dont Atto étoit connu , pour amener l'électeur de re à se mettre sur les rangs pour l'empire. Après la mort xMnal. le duc de If azarin, soupçonnant Atlo d'intrigue â femme, l'expulsa de son palais, et obtint un ordre du ur l'obliger à sortir de France. Fouquet dit à Fellissonde llir secrètement chez lui ce musicien, afin qu'U pAt, de partir pour l'Italie , mettre ordre à ses aflalres. Atto . et devint ensuite le correspondant ou l'agent oonfiden- I Fouquet à Bome. Voyez Fbuquet, Défenses , in-18, [, ou t. in de la Continuation . p. 167 ; et le maréchal de moot, AÊimoires , t. LVl , p. 464 de la coUectloo. tr cette célèbre chanteuse italienne , voyez la note d-des- ». 100. Si, comme le dit Monglas (en 1647), If azarin avoit nir exprès de Rome signora Léonora poor y chanter i'o- V Orphée elle étoit retournée dam son pays ; car avant elle «nue en France, et il est certain qu'en 1644 elle fit les s d'Anne d'Autriche pendant son siljour à Rnel. Voyez les Ares de Motteville , édition de IS24 , In-So, L U , p. tf , et XVU de la seconde collection de PeUtot; et Mooglas, nret , 1 11 , p. 5». ou t L. do la même coUecUuo. étoit alors un Italien nommé Vigarani qui étoit déooraie ri>|iéra. LuUy se l'étitit associé |iour dix ans, et lui don* ne part dans les bénéfices.
Si tu veux l'avouer, seroient mieux savourées.
De genres si divers le magnilique appas
Aux règles de cliaque art ne s'accommode pas.
U ne fout point, suivant les préceptes d'Horace,
Qu'un grand nombre d'acteurs le théâtre embarrasse ;
Qu'en sa machine un dieu vienne tout ajuster'.
Le bon comédien ne doit jamais chanter.
Le ballet fût toujours une action muette.
La voix veut le téorbe % et non pas la trompette ;
Et la viole , propre aux plus tendres amours ',
N'a jamais jusqu'ici pu se joindre aux tambours.
Mais en cas de vertus , Louis , qui , par pratiqne. Sait que , pour en avoir une seule héroïque , Il faut en avoir mille, et toutes à-4a-fois , Veut voir si , comme il est le plus puissant des rois , Enjoignant , comme il fait , mille plaisirs de même, Il en peut avoir un dans le degré suprême. Ck>inme il porte au-dehors la terreur et l'amour, Humain dans son armée autant que dans sa cour, n veut, sur le théâtre ainsi qu'à la campagne, La foule qui le suit, l'éclat qui l'accompagne : Grand en tout, il vent mettre en tout de la grandeur : La guerre feit sa joie et sa plus forte ardeur; Ses divertissements ressentent tons la guerre : Ses concerts d'instruments ont le brait du tonnerre , Et ses concerts de voix ressemblent aux éclats Qu'en un jour de combat font les cris des soldats. Les danseurs, par leur nombre , éblonlssent la vue , Et le ballet parolt exercice , revue , Jeu de gladiateurs , et tel qu'au champ de Mars En leurs jours de triomphe en donnoientles Césars <. Glorieux , tous les ans , de nouvelles conquêtes ^
I Ncc Deos iotenit , iii«i di|iiaB vindicc oodos
lacidcrit : ncc qoarU loqui pervina Uborct.
HoftAT. , d* ÀrifpoH,f ▼. 191.
• Instrument bit en forme de luth , mais à deux manches.
s Les anciennes Tioles, qui étoient à six cordes d'acier ou de laiton, comme celles des claYCCinst. se nommoient vioies d'amour,
4 Dans un petit ouvrage publié sous le Toile de l'anonyme , qui est de l'abbé Raguenct , intitulé Parallèle des tinliens et des François meeçiu regarde la musique et les opéra , 1702, in-l3,ietrouTe, p. 20 et 23, le passage suivant, propreàservir d'éclaircissement à ces Ters de notre poète t < U n'y a point en
< Europe de danseurs qui approchent des danseurs firançois , de
< l'aveu même des lUllens. Les eombattants et les eyclopes « de Perséc , les trembleur* et les forges d'Ws , les songes fw- « nestes d'Atys , et leurs autres entrées de ballets , sont des piè-
• ces originales , soit pour les airs composés par Luily. soit pour
< les pas que Beauchamp a taits pour ces airs. On n'aroit rien
< TU de semblable sur le théâtre arant ces deux grands hommes ; c ik en sont les Inventeurs , et ils ont porté tout d'un coup ces f pièces à un si haut degré de perfection, quepetsonne, ni en
• naUe ni en aucun autre endroit, n*y atteindra |)eut-étrc Ja- « mais. Nul combat de théâtre ne présente une image si natu- ■ relie de la guerre que ceux que les François font qnclqiiefi>iH « paroilre sur la scène. •
ŒUVRES DIVERSES
A son peuple il fait part de ses nouvelles fêtes ; Et son peuple , qui Taime et sait tous ses désirs, Se conforme à son goût, ne vent que ses plaisirs.
Ce n'est plus la saison de Ray mon* ni d*Hilaire* ; Il faut vingt clavecins, cent violons, pour plaire. On ne va plus chercher au fond de quelques bois Des amoureux bergers la flûte et le hautbois. Le téorbe charmant, qu'on ne vouloit entendre Que dans une ruelle avec une voix tendre , Pour suivre et soutenir par des accords touchants De quelques airs choisis les mélodieux cliants , BoéssetS Gaultier^ HémouS Cbainbooiiière<^, La Barre?, Tout cela seul déplaît , et n'a plus rien de rare. On laisse là Du But% et Lambert >, et Camus '**; Oo De Teut plus qu'Aloeste ", ou Thésée ", ou Cadmus '^ Que l'on n'y trouve point de machines nouvelles , Que les vers soieot mauTais , que les Toii soieot cmelles;
> Mademoiselle Raymon étoit souvent réunie avec mademoiselle Hilaire dans les concerts. La révolution musicale qui avoit mis hors de saison , comme dit La Fontaine . ces deux célèbres cantatrices, avoit été prompte et étolt récente, puisque nous lisons dans les mémoires de Gourville qu'en I66S le fils du grand Gondé , M. le Duc , voulant donner à souper au comte de Saint-Paul dans sa petite maison de la me SaintpThomas-dnliOuvre, c U y fit trouver, dit-il, une musique admirable, entre € autres mademoiselle Hilaire et mademoiselle Raymon. » (Gourville, Mémoires, t LU, p. 599 do la collection de Petitot et Uoomerqué.)
* Mademoiselle Hilaire , qui chantolt les premiers rôles dans les ballets du roi , étoit la belle-sœur de Lambert Elle eut dV bord pour maître M. de Nyert, et ensuite son beau«lrère.Voyei des détails qui la concernent, t. VI, p. 116 et 117 de notre pré> cédente édition 1823, in-8o.
3 Bo&»et éloit alors , avec Lully et Lambert , un des surintendants de la musiipie du roi. Voyez VÉlat de la France pour 1678, 1 1 p. 128; et du TiUct, Pajfiaste français, p. 592, in-folio.
4 Les doux Gauliiers étoient deux cousins , tons deux excellente joueurs de luili , tuus deux nés à Marseille. La plus {grande partie de leurs œuvres a été donnée en un volume . ayant pour titre: Livre de tablature des pièces de luth de M. Gaultier, sieur de Ne ùe , et de M. Gaultier, son cousin, gmvé far Bein/ter, Voyez du Tillct, Parnasse français, in-folio, p. 403.
s Hémon étoit un excellent joueur de clavecin.
0 Chaiiibomiièrc étoit un exceUcnt claveciniste: mais U composa aussi des airs: il eut la charge de claveciniste de la chambre du rui, et muuniten IG70.
7 Dans le Recueil des plus beaux airs qui ont été mis en citant, 1661, 1. 1, p. 16 et 29, on trouve deux aurs qui ont été composi-s iiar de La Barre.
8 Du But fut un «les meilleurs élùvcs de Gaultier. Voyez Titon du Tillct, Parnasse français , p. 405. in-folio.
9 Michel Lambert fut un des premiers chanteurs et le plus célèbre professeur de s<m Icnq». On peut lire dans notn; précédente éiiiti(»n, t. VI , p. 118, une anecflote curieuse qui le concerne . tin'e d<^s mémoires de Talleni.int des Réaux.
"> Li^Canius étoit maître et conqiositeur de la chambre du roi.
<> Opéra de Quiuault, rqirésenté en avril 1674.
>3 Opéra de Quiuault , joué à Saint-Germain en 1675.
<3 OiHfra de Qninault, joué en avril 1675.
De Baptiste > épuisé les compositions Ne sont , si vous voulez , que répétitions; Le François , pour loi seul contraignant a nUoR, N'a que pour l'opéra de pftssion qui dore. Les jours de Topera , de l'un à l'antre bout , Saint-IIonoré*, rempli de carrosses par-toot, Voit , malgré la misère à tous états commune, Que l'opéra tout seul fait leur bonne fortune. Il a l'or de l'abbé, du brave, du commis; La coquette s'y fait mener par ses amis; L'officier, le marchand , tout son rôti reirandie, Pour y pouvoir porter tout son gain le dimanche; On ne va plus au bâl, on ne va plus au Goan' : Hiver, été, printemps, bref, opéra toujours; Et quiconque n'en chante, ou bien plutôt n'eu gniÉ Quelque récitatif, n'a pas l'air du beau monde. Mais que l'heureux Lully ne 8*imaglne pas Que son mérite seul fasse tout ce fracas; Si Louis l'abandonne à ce rare mérite , Il verra si la ville, et la cour, ne le quitte*. Ce grand prince à voulu tout écouter, tout m; Mais il sait de nos sens jusqu'où va le pouvoir, ' Et que , si notre esprit a trop peu de portée, Leur puissance est encor beaucoup plus lioÂée; Que lorsqu'à quelque objet l'un d'eux est allsk, Aucun autre de rien ne peut être toudié. Si les yeux sont charmés, l'oreille n*entend gain; Et tel , quoique en effet U ouvre les paupiiRi, Suit attentivement un discours sérieux.
Qui ne discerne pas ce qui frappe ses yeox^
> Jean-Baptiste Lully. n étoit de bon ton à la conr de wk signer ce musicien que par le nom de Baptiste. Daniknif des Fdcheux , Lisandre dit i,
Bapti»t« » le tr^ rbcr, N'a point vu m* coaranle , et j« le tau clwrdwi-
> La me Saint-IIonoré.
3 Le courS'lu'Beine , où sont actuellement les Ctmft^ sées. C'étoit une promenade qui n'avoit que qoalit n^ d'arbres , le long des bords de la Scioc.
4 U parolt que c'étoit sur-tout le goût particulier de Losliff qui soutenoit l'opéra.
s U nous semble que notre poète explique Ici très Un rt* philosopliiquement les causes de cette fatigue et de cet a* que fait éprouver notn^ grand opéra , malgré toute $a poifrt les merveilles qu'il nous présente. Cet effet n'es»! pa«iuK* et l'abbé RaguencI , dans l'ouvrage que nous avons dlê. pk il y a cent vingt ans , apnVs avoir dit , « II n'y a point île f^ « sonne intelligente et éffuitable qui ne demetire d'accoi^ (t « les oi)éra des François ont la forme <l*nn spectacle \kmP < partait que ceux des Italiens, » teniiine son parallêir 80 termes: « Quoi(|ue dans les opéra d'Il;ilic il n'y ait ni dii«ii fl divertissements , et qu'ils durent den cinq ou six hm»- * • ne s'y ennuie ce[»euilaiit jamais; au lieu qu'après god)* « représentations des noires . qui durent la luoîtié mùioi- i « y a très peu de i)ersonnes q\û u*on soient rassa<ùées,rt 4»' « b'ycimuient > {Parallèle des Italiefu et des FrannÀtti» quireçarde la musique et les opéra , 1 702, in-12. p.âOH{kl&
ÉPITRES
Stë
e vaat-il pa» mienx, du-moî ce qu*U t'en semble , 1 ne pniase saisir tous les plaisirs ensemble , le, pour en goûter les douceurs purement, le les avoir chacun sé|>arénient ?
usique en sara d'autant mieux concertée; tive tragédie , à son point remontée , les beaux sujets, les nobles sentiments, ers majestueux , les heureux dénouements : allets reprendront leurs pas , et leurs machines; bal éclatant de cent nyinpbes divines , le tout temps des cours a fait la majesté, endra de nos jours sa premiëce beauté.
rois donc pas que j'aie une douleur extrême e pas voir Isis ' pendant tout ce carême, us ne pouvons pas de l'auguste Louis ir encor sitôt les projets inoub, «r de son départ , sa marche, et quelles places Iroyent ses canons , embrasent ses carcasses*, mille autres biens , le jubilé ' fera nous serons un temps sans parler d'opéra, aussi , de retour de mainte et mainte église, i irons , pour causer de tout avec franchise , imner du relâclie à la dévotion , : l'illustre Certain^ foire une station' : ain , par mille endroits également charmante , ans mille beaux arts également savante , . le rare génie et les brillantes mains assent Chambonnière , Hardel , les Couperains*.
U , opéra de Quinaolt . représenté demt le roi le 5 Jan- 677, qui aerrit de dircrtissement pendant une partie dn val , et qui repamt ensuite au mois d'aoûL ir casses , espèce de bombe^
ai déterminé avec soin , dans mon Histoire delà ifU et wrages de J. de La FXmtaine , troisième éditloo, p. 284. is ma précédente édition, t. VI, p. 121, l'époque de ce jului commença le 20 férrier et se termina le 20 arril. L'o- Vrsis aToll été joné le 8 Janvier 1077 1 et c'est par oonsé- :entre le 5 Janvier et le 20 Cëvrier qu'a dû être écrite celte ï de La Fontaine , mais très probablement au commenoedelëTrier.
nie particulière de M. de Nyert . premier Talet-de^ïliamu roi, âffée alors de quinze ans. et très habile claveciniste, t mourut de la petite vérole en 1711. » Cette noie se trouve notre copie manuscrite de cette épitre et dans le recueil 15; mais TItondu Tillet, Fmmasse frfmçois, In-folio. r, dit que mademoiselle Certain moorut à Paris, nie ViUevers l'année 1705. Elle étoit l'amie de Lully, et doonoit elle de très beaux concerts.
[ot technique id. et par allusion aux stations du Juliilé. es plus habiles maîtres de clavecin et d'orgne de ce Icaips. kmperaiDB ou les Gouperins éioieut Irait frères, tous trois baume, petite ville voisine de la terre de Chambonnière ; celui^i qui fit leur turtuue , et les produisit à Paris, liouis «rain, l'atiié, fut fait organiste de SainM^ervals et de la elle du roi. Il mourut à trente-cinq ans , co l'année 466S. les , le troisième de sen frères , le remplaça à Saint-Gcrvais, mina m» Joun en 1669. François . le second des trob firèm. slui qui eut le moins de talent Voyex Tilondu Ttllet, Par^ r ftunçoù, p. 403.
De cette aimaMe enCmt le davectn unique Me touche plus qu'Isis et toute sa musique : Je ne veux rien de plus , je ne veux rien de mieux Pour contenter Fespril, et l'oreille, et les yeux; Et si je puis la voir une Ibis la semaine , A voir jamais Isis je renonce sans peine.
Xm. — A MADAME DE FONTANGES.
Charmant objet ' , digne présent des cieux , Et ce n*est point langage de Parnasse, Votre beauté vient de la main des dieux : Vous i'allez voir au récit que je trace. Puissent mes vers mériter tant de grâce Que d'être offerts au dompteur des humains % Accompagnés d'un mot de votre bouclie, Et présentés par vos divines mains , De qui l'ivoire embellit ce qu'il touche!
Je me trouvai chez les dieux l'autre jour : Par quel moyen? J'en perdis la mémoire. Il me suffit que de l'humain s^our Je fus porté dans ce lieu plein de gloire. Un dieu s'en vint ; et m'ayant abordé : Mortel , dit-il , Jupin m'a commandé De te montrer, par grâce singulière, L'Olympe entier et tout le flrmament.
Ce dieu c'étoit Mercure , assurément :
n en avoit tout l'air et la manière.
Après l'abord, il me montra du doîgt Force clartés qui partoîent d'un endroit. Vois-tu , dit-il , cet endos de himîère? C'est le palais du monarque des dieux.
Et moi d'ouvrir incontinent les yeux.
Ce que je vis étoit d'une matière Qui ne saurait dignement s'exprimer.
Figurez-vous tout ce qui peut charmer, Tout ce qui peut éblouir tout ensemble } Astres brillants et soleils radieux.
N'y comprenez toutefois vos beaux yeux , Car leur éclat n'a rien qui lui ressemble.
> llarie-Anffèilquede ScoraUle de RounUle , doclMMede Fontanscs, à laquelle cette épitre e»tadreHS(>e, naquit CD 1SSI. Bile devint la maîtresse de Louis XIV en I67S, et mourut des suites de couches, le 2S juin 16SI, à Port-RoyaL Voyea YaUUÂre de la vie H des ouvrages de J. de La Fimlaine, 5^ édition, p.S0Sà3ll.
• Louis XIV.
ŒUVRES DIVERSES
Avec Mercure en ce palais entré y Selon leur rang je vis sur maint degré Les dieux assis , Jupiter à la tête :
Tous paroissoient en des atours de fête. Le Sort ouvrit un livre à cent fermoirs^ Puis fit crier dans les sacrés manoirs Par trois hérauts, à trois fois différentes, Le contenu des paroles suivantes :
De par Jupin soient les dieux avertis, Conformément à nos divins usages , Que l'on va faire au ciel deux mariages Avant qu'ils soient sur la terre accomplis.
Au mot d'hymen je vis chacun se taire , Et les ouTs par trois fois publier :
L'on pour Contl ', l'autre pour l'héritier Du Jupiter de ce bas hémisphère ^ On applaudit; puis, silence étant fait, Le dieu des vers lut deux épithalames.
En voici l'un : Couple heureux et parfait, Couple charmant, faites durer vos flammes Assez long-temps pour nous rendre jaloux; Soyez amants aussi long-temps qu'époux.
Douce journée! et nuit plus douce encore, Heures, tardez, laissez au lit l'Aurore. Le temps s'envole; il est cher aux amants; Profitez donc de ses moindres moments , Jeune princesse , aimable autant que belle, Jeune héros , non moins aimable qu'elle ; Le temps s'envole, il faut le ménager ; Plus il est doux , et plus il est léger.
Phébus se tut : et bien que dans leur ame Les immortels enviassent Conti , Du couple heureux et si bien assorti L'on dit an Sort qu'il prolongeât la trame , S*il se ponvoit. Puis le père des vers , Changeant de ton pour l'autre épithalame , Lut ce qui suit : Chantez , peuples divers; Que tout fleurisse aux terres leurs demeures \
• Il s'agit ici de Louis- Armand de Bourl>OD , prince de Conti , pair de France, né en 1661, marié le 16 janvier 16S0 à Marie- Anne de Bourbon, dite mademoiselle de Blois , duchesse de La Vallièrc, fille natnreUe du roi et de madame de La Vallière, le 2 octobre 1666, morte le 5 mai 1739, depuis princesse douairière de Conti . son mari étant mort sans postérité le 9 novembre 16S3. Voyez Anselme, /lUtûire généalogique et chronologique de la maison de France , troisième édition . in-folio, 1726, t. I,p.34S-3:{0.
> Le Jupiter de ce bas hémisi)hôre est Louis XIV, et son héri- Uer est Louis de France , ou le dauphin . marié le 7 mars 1660 à Anne-Maric-Christine , fille de l'ciectcur de Bavière.
3 Vab. Dans les éditions modernes :
Que loul fletiri««c aux t^rrc utr^s demrurr*.
Cette leçoaest peut-être préférable pour l'élégance et riiarmo-
Ne tardez plus; avancez, lentes heores ; Allez porter aux humains un printemps Tel que celui qui commença les temps.
Heures , volez ; hâtez l'heur ' et la joie Du fils des dieux à qui l'Oljinpe envoie Une princesse * au regard enchanteur.
Mille beaux dons éclatent dans son cœor; En son esprit, en son corps mille channes : Amour la suit, Amour a pris des armes Qui soutiendront l'honneor de sun carquois. Prince , il fiiudra se rendre cette fois.
Ces chants finis, je ne saurois vous dire Conunent enfin chacun se sépara.
Mercure seul avec moi demeura.
J'obtins de lui que de ce vaste empire L'on m'ouvriroit les temples ; et je vis Deux noms fameux , deux nonis rivaux prél Le premier rang aux célestes lambris :
L'un, c'est Louis; Tautre, c'est Ai.exa\d De ces deux rois je comparai les faits , Non la personne; elle est trop différente : Et Statira ' , qui se méprit aux traits Du conquérant dont la Grèce se vante.
Au roi des Francs n'auroit jamais erré : Toujours ce prince aux regards se présente Mieux fait qu'aucun dont il soit entouré. Je vis encore une jeune merveille ; Si ce n'est vous, c'en est une pareille : Mais c'est vous-même; et Mercure me dit Comment le Ciel un tel œuvre entreprit.
Mortel , dil-il , il est bon de l'apprendre Par quel motif ce chef-d'œuvre fut fait. Un jour Jupin, se trouvant satisfait Des vœux qu'en terre on veiioit de lui reiM Nous dit à tous : Je veux récompenser Pe quelque don la terrestre demeure.
Le don fut beau, comme tu peux penser; Minerve en fit un patron tout-à-Flieure. L'éclat fut pris des feux du firmament ; Chaque déesse , et chaque objet charmant Qui brille au ciel avec plus d'avantap:e , Contribua du sien à cet ouvrage.
nie ; mats ce n'est pas celle de La Fontaine. Les édil OEurres posthumes et celle des OEuvres diverses s'accordent à donner ce vers tel que je Tai rétabli dans
« Le bonheur. • Hetir, dit La Bruyère , se plaçoit où « ne sauroit enti-er : il a fait heurettjc , (|iii c«t francoi « cessé de l'être. » Le défaut (|iii se trouve dans ce ia Fontaine donne , suivant nous . la raison qui a lait d» ce mot de la lanjçue; il ressemhloit trop au mot hettt une tout autre signification.
« Mario-Christine île Bavière.
'Femme de Darius Codoman. qui prit Éijhestkw conquérant macédonien.
ÉPITRES
Pallas y mit son esprit si vanté, Junon son port, et Vénus sa beauté; Flore son teint, et les Grâces leurs grâces. Heureux mortel ! en un point tu surpasses Tous tes pareils; car lequel d'entre tous , Favorisé jusqu'à ce point par nous, A jamais vu TOlympe et sa structure ?
Retourne-t'en , conte toa afwture, Chante aux humains ces mirades divers, n n'eât pas dit , que , sans autre madiine , Je me revis dans le bas univers.
Divin objet , voilà votre origine ; Agréez-en le récit dans ces vers.