‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 537 sur 670 · SUIVANTE · texte numérisé non relu

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Le Florentin *

Montre à la fin

Ce qu'il sait faire :

Il ressemble à ces loups qu'on nourrit , et fait bien ; Car un loup doit toujoiu^ garder son caractère ,

Gomme un mouton garde le sien.

J'en étois averti; Ton me dit : Prenez garde ; Quiconque s'associe avec lui se hasarde : Vous ne coiinoissez pas encor le Florentin ; C'est un paillard , c'est un mâtin

Qui tout dévore.

Happe tout, serre tout : il a triple gosier. Donnez-lui , fourrez-lui , le ^oat * demande encore : Le roi même auroit (leine à le rassasier.

Malgré tous ces avis, il me fit travailler.

Le paillard s'en vint réveiller Ud enfant des neuf Sœurs ; enfant à barbe grise ,

Qui ne devoit en nulle guise Être dupe : il le fut, et le sera toujours.

> RouUde satirique contre Lully, qui SToit engaité La Fontaine à faire un opéra. I^ Fontaine cotniNMa Daphné; et quand cet ooTrage fiit achevé . Lully le'refusa , comme peu propre k la musique , et préféra I*opéra de Protetyine^ Qulnaalt, qu'il mit en mn^k^ue. Notre poète , irrité d'un tel procédé, écrivit «lors cette pk^ de vers , qui circula d'abord en manuscrit, et fat imprimée , contre le gré de l'auteur, dans un recucU de set contes, publié à Aiiutcrdam en 1601, t II , p. I.

* Jean-BaptLnte Lully. né à Florence en I63S, et mort le 33 mars I6S7. fut amené en France , à l'igede treifcàquatone ans , par le chevalier de Guise , et a composé tousses ouvrages 4 Paris.

> Vieux mot , pour glouton. Go le trouve dans le llurétêr de ia lançue froMçoyse . de Nioot , in-folio, 1606, p. sisL GlmU se dit encore en Basse-Bretagne.

Je me sens né pour être en butte aux méchanU tours. Vienne encore un trompeur, je uc tarderai gurre.

Celui-ci me dit : Yeux-tu faire ,

Prestù , preste, quelque opéra ,

Mais bon ? ta muse répondra

Du succès par-devant notaire.

Voici comment il nous (audra

Partager le gain de l'affaire.

Nous en ferons deux lots , Targeut et les chanBons :

L'argent pour moi, pour toi les sons : Tu t'entendras chanter, je prendrai les testons ' ;

Volontiers je paie en gambades.

J'ai buit ou dix trivelinades Que je sais sur mon doigt; cela joint à l'honneur De travailler pour moi , te voilà grand sdgnenr. Peut-être n'est-ce pas tout-à-fait sa harangue ;

Mais, s'il n'eut ces mots sur la langue. Il les eut dans le cœur. Il me persuada;

A tort, à droit me demanda Du doux, du tendre, et semblables sornettes,

Petits mots , jargons d'amourettes Confits au miel ; bref il m'enquinauda ".

Je n'épargnai ni soins ni peines Pour venir à son but et pour le contenter :

Mes amis dévoient m'assister; J'eusse , en cas de besoin , disposé de leurs veines.

Des amis ! disoit le glouton , En a-t-on ?

Ces gens le tromperont , ôteront tout le bon.

Mettront du mauvais en la place.

Tel est l'esprit du Florentin :

Soupçonneux, tremblant, incertain .

Jamais assez sûr de son gain.

Quoi que Ton dise ou que l'on fasse.

Je lui rendis en vain sa parole cent fois ;

Le B ' avoit juré de m'amuser six moîi|^

n s'est trompé de deux; mes amis, de leur grâce. Me les ont épargnés, l'envoyant où je croi

Qu'il va bien sans eux et sans moi.

Voilà l'histoire en gros : le détail a des suites Qui valent bien d'être déduites ;

' Le teston étoit à cette époque une moonoie de France, en argent ayant cours , dont le imids étoit de sept dediers dix grains trébuchant. etquiTaloit une livre trois deniers. Voyez ror^ donnanee du 2 fnal 1679. in-8«. p. 9.

« Du nom de Quinauli La Fontaine bit un verbe expressif et plaisant

s cette grossi<ïre iqjore n'étnit nialheureuseniartpas mie calomnie; lesnMrarsdeLnlIyéiolientinlnnes.etcoanaesdetonR ses oonlemporaitts. Malgré la Umnr dont jonlssoit auprès du roi oe m«ieèen, la pouioe . atertie par la clameur piriilii|U(*. fit enleror son petit ^alet Bnaiet, et le fit mettre à Saint-Laxare. Vofex à ce siîleCtes OEuvreê de PatUtan , t 11, p. 177. et 1rs OKmvreêdêCkaHlieH,i.lh p. 91, édit 1774. in^.

ŒUVRES DIVERSES

Mais j'en aoroîs pour toai an an; Et je ressemblerais à l'homme de Florence , Homme long à conter, s'il en est un en France. Chacun voudroit qu'il fût dans le sehi d'Abraham.

Son architecte , et son libraire ,

Et son voisin , et son compère , Et son beau-père , Sa femme , et ses enfents, et tout le genre humain ,

Petits et grands, dans leurs prières ^

Disent le soir et le matin :

Seigneur, par vos bontés pour nous â singulières.

Délivrez-nous du Florentin.

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