‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 603 sur 670 · LE PRINCE · texte numérisé non relu

LE PRINCE

Monseigneur,

Sans une indisposition qui me relient, j*aurois été à Chantilly pour iu*acquitter de mes très humbles devoirs envcre votre altesse sérénissimc. Ce que je puis faire à Paris est de chercher dans les ouvrages des anciens et parmi les nôtres quelque chose qui vous puisse plaire, et qui mérite d*entrer dans les contestations de monsieur le piince. Elles sont fort vives et font honneur aux sujets qu'elles veulent bien agiter. Il n'ignore lien , non plus que vous. Il aime exlrèiucmenl la dispute, et n'a jamais tant d'esprit que quand il a tort. Autrefois la Fortime ne l'auroit pas bien ser\'i, si elle ne lui avoit opposé des ennemis en nombre supérieur et des diflicullés presque insurmontables. Aujourd'hui il n'est point plus conlent que lorsqu'on le peut combattre avec une fonle d'autorités, de raisonnements, et d'exemples; (fcsl là qu'il triomphe. Il piend la Victoire et la Raison à

• Lonis-Annantl. prince de Coiiti , neveu da praiid Comlé, qui iiiounil Ir .'i iiovciiibre 108 >.

a Lodis H (le Uoiirlton-Coiiilé , sumoininé le grand Oindé . né n rarbi h> 8 siplcinbre 1021, inurt à Fontaiueblcau le II décembre \e»6.

la gorge pour les mettre de son dAé l'homme le plus extraordinaire qui ait mérité d*étre mis au nombre des dieu:

voulez bien , monseigneur , que je me sei un peu de temps de ces termes ; ils soi langue qui convient merveilleusement tout ce qui regarde monsieur le prince, pare son apothéose au Parnasse; mais, il n'est nullement à propos de se hâter i rir pour se voir bientôt place dans le i immortels , monsieur le prince laisser encore un nombre d'années avant le u sa déification : car, de son vivant , il ai la peine à y consentir. C'est propremen qu'on peut dire :

Cui maie si palpere, recalcitrat undiqoet

Si fout-iP que je le mette en pamllè quelque César ou quelque Alexandre, sei'ai pas le premier qui aura tenté m dessein ; c'est à moi de lui donner une toute nouvdle. Il ne sera pas dit que nx le prince me liera la langue comme il a bras à des millions d'hommes. Je pourroi le comparer à Achille. Une ferme résplul ne point céder , l'amour des combats , la ' y sont tout entiers des deux côtés. Ils : sembloient assez quand monsieur le prin jeune ; à présent l'épithète de pikd léc roit clocher quelque peu la coiiiparaisoD j'ai réserve le caractère d'Achille ijour altesse sérénissime ; et je crois qu'en ta

» Ces oxpresMo.is de noire poêle sur le grand Coodé «'jamab tinl d*e"^priltpiiî (|uaud il a tort.... Il prPii4L f et la liaimm à la Kors?e. etc.. » renfernicnl des leçow avec autant de ri'sorvc tpic de finesse, et se tnw c^claircies par le ] \»i.sagc suivant des Mémoire^ de Uni sur la vie de hou »m*1"C : « Le grand Condii rawienibluii « k Chantilly les ^ens <lc lellros . et se plaLsoil à t'e « avec en\ de leurs ouvrai^es. d«)iil il t'toit b-.m jasf. « dans ces conversations liltérain*s U $outcnott a» « eanse , il parloil avec Ix-aneonp de sracc etdedfincci « quand il en sonlenoit un(" mauvaise, U ncfaîli'iti*

■ trrdire : sa vivacité dt'vrnoit si ;;raude qu'on Toyoitl

• éloit dangereux de lui di>pnler la victoire. Le l«-u Je

• étonna une fois si fort Doilraii . dans une di«jpulrii*i

■ ture, <|u'il céda [)ar prudence, «l dit Inullw* i *ir « Dorénavant jj.' serai loiijimrs de ra\is de M. le iinue

■ il aura torl. p {OfCuvrcA- df Jean Racine, lUili^ fèvre, 1820. in-^<o. t. I, p. Iviij.l

« lloRAT. , lib. II. sdl. 1. V. 20. • loujours snr fûf « rciKHisse tout llalleur maladroit. »

^ Pourtant faut-il.

upusci;lcs en puost.

D ropiiiiiitrelt' et la vi-Ih^iimicl- no \ims iiiaiiiR plus (\ui (« Grec, non plus rju à I TOIrc uDcIo , si voiis voulez. Je me restreins donc ù Osar et à Alexandre : tnais, pour l«s iiii(>ux C(iiii)MrLT ù mODSiciir le prince, il fiiiit >|Lie je les mmpare auparavant l'un à l'autre.

Il y a ilt's [,'eiij ([uî ont irotivi^ <|iicl(]ue cliose (lo surnaturel ei de divin dans Alexandre. Je stiis bien de leur avis ; cai', tans rerourir aux fiiLiles ijrie l'on a (MTj (■ire obli{^ de uhcprhcr Kttiehant le secret de sa naissance, afin dejnstilier une relie o{nnion , je vois un enfant qui n'a rien ipie d'homme, ou, pour mieux dire, <]e jeune dieu. Il ne veut pas envoyer aux jeux

■ •lympt<|ui-s, et dédaigne de remporter un honneur «jue crléliroient tous les po<-tes , et que rvrtierchoient des rois laf-mpu.

Il ne faisoil {;uère plus d'état de la puissance lie son père ni de la 8af;esse de ses conseils, <|riiiiquecc père fi» babile homme, et qu'il cnii-iidir il merveille ses intérêts. Cependant son rds se nio()uoit de lui. He vous scmltle-l-il pas . monseigneur, que vous voyei Jupiter qui fait croire.^ Saturne quec'est un vieux radoteur, et i{ui le chasse du cid ? Alexandre ensuite se pro- |M>so de détruire le roi de Perse avec trente mille hommes de pied sculi-ment et cinq mille liuauncsde che\-al, quaranle mille ectts pour totiiftinds. Il ne Taisoit poiirtanl )wint ces choses en étoiiitli , et étoil tW» bien instruit di» diftieultés de eiHte entreprise , des Faligue-s et des périls qu'il lui faudruit essuyer , el de mille al> )>iaclcs presque invincibles ; letout pour ta gloire, ei irincifialouienl pour dire loiié des Albéniens. Il le dit lui-inOine au passage d'une rivière : • O

• .\ttHrniens! [>ourrier.-vouH bien croire com-

• bien de travaux j'endure pour f-tre loué de

■ vous"/ ■ El puis, que monâeiir le prince aille condamner l'amour des louaii|>es! Je sais ce qu'il me dira ; on ne les npprAc plus aussi bien qu'on faisoil alors : en effet , Ira batailles qu'il a;;agiiées, et tousses auue^texidoits, nous ont loiirni une maliens .issex ample. l.'avons>DOus '- II'- (»mme les .\ilH-niens aumient fait? Que ' I sur aussi u'ail été |ilus ambitieux en sa plus {;rando jeiiuuwe , on le |>eul ju(;er par ses preni>^n>« (léiiarches. Elle* tendoient lotiten à liniuiller l'état, â se remlre dief départi, à se faire des amis de toutes sortes de (^s , joaqu'à

' les servir daas leurs passions et dans leurs débauches. Il eût mieux aimé 6m te pi-emier dans un petit village, que d'élre le second à Koine. Je ne dis cela qu'après lui , ci ce fui sans exagérer et de l'aboulBnco du cuMir qu'il le d S'il eui tort ou s'il eut raison , j'en fais jugs . monsieur le prince. Pour procéder avee onl dans mon ouvrage, je considérerai premièrement l 'adolescence de ces héros, pnis le temps de leurs expéditions militaires, et enfin les dernières années de leur vie.

J'aidéja parié de l'adolescence de César et de celle d'Alexandre ; et j'aî {)articulièrenienl attribué à ce dernier le surnaturel el le divin , c*est-àdirele merveilleux. Mais comment ap|)ellera-t-on ce trait-ci, qui esi de César? En sa plus grande jeunesse il fut pris par des eoi-sairos. Tant qu*il demeura leur prisonnier, il leur parla comme s'il eut été leur maître. U les menace de les faire pendre ; au moindre bruit qu'ils fikisoieni, il leur envoyoit diit-qu'ils se tussent, et ne l'em- [H>cliassent |H)int de dormir. Ils lui deniandt'ïrent douze mille écus de l'ançttn, il leur en donna trente mille: et, étant sorti de leurs mains , il di'Ht leur flotte , se saisit d'eux , et les fit (tendre en effet. Il y a plus de itiervmlleux en cela qu'en aucune chose qu'Alexandre ail faite jusqu'à l'ilge de vingt ans. Je ne saurais toutefois m'etnpécher de rfc«nnoitrc en la jeunesse de ce prince, et dans son enfnnce même, ce surnaturel et ce divin qui l'eût lait tirer du nombrt^ des hommes , sans en excepter Cé«ir ni monsieur le prince; en quiri, si on y veut prendre ganle, je donne plus de louanges àeeux-d: car quelle merveille y a-l-il rjue la fortune et l'opinion (les hommes ayant résolu d'en meure un auKicssus de tous les autres, il profile de ces fiiveurs , et y contribue du «en 'f Mais de parvenir sans ces a¥anta{;es au degré de gloire où César et monsieur le prince sont parvemis. c'ist rp que j'admire , et plus encore en monsieur le prinœ que dans le Romain. Il y a plus Igjn de l'eut où monsieur le prince a'e^t vu dans sa première jeunesse; il y a. dis.je, plus loin de (>-t étal h la liataîlle de Rocroi , et de la bataille de Hoeroi à celle de l.eRs,quede la réputation oti éioit César quand il cftmmen^ d'avoir uno puissante cabale et d'être suqiectaux Homaiut â ia chai^' de diaateur.

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ŒUVRES DIVERSES

Pour comparer ces trois personnages selon l'ordre que je me suis imposé , ils ont fait voir au sortir de leur cniance beaucoup de vivacité, de hardiesse et d*osprit : mais, monsieur le prince n'ayant eu aucune occasion d'éclater avant la bataille de Rocroi ', quiconque écrira sa vie, (plût à Dieu qu'il m'en crût capable!) quiconque , dis-je , écrira sa vie , ne la commencera que par cet endroit; et ainsi les compétiteurs que je lui donne l'emporteront à l'égard du premier temps. Ce que je trouve de singulier , c'est que tous trois ont eu du savoir, et que la lecture les a occupés plus qu'elle n'a coutume de foire des gens de leur sorte. Outre le savoir, César eut de Féloquenoe. Alexandre et monsieur le prince se sont peu souciés de porter cet avantage aussi haut que Jules César a fait. Alexandre Ta méprisé, lui qui avoit Aristote pour précepteur , et qui étoit fils d'un père fort éloquent. Il vouloit tout emporter de force, et eût CPU se faire tort s'il se fût servi d'insinuations; mais je crains fort que monsieur le prince ne tienne un peu de lui de ce côlé-la. Cependant il est toujours beau de pouvoir régner sur les esprits : cette sorte de domination n'est au-dessous d'aucun prince, quelque grand qu'il soit. Je ne veux pas dire qu'Alexandre ni monsieur le prince aient entièrement négligé le soin des paroles : je dis , sans plus , qu'ils ne les ont pas considérées comme un ornement en la personne d'aucun héros ; en un mot, je dis que , selon toutes les dispositions du monde , il n a tenu qu'à Alexandre d'être éloquent , et il n'a pas voulu l'être. H se peut /aire que la jalousie d'Aristote contre les habiles gens de son temps, ou plutôt les harangues des orateurs contre Philippe et contre Alexandre môme, aient rendu cet art odieux à cejeune prince. Jules César n'a nullement néglige cette partie : c'est par-là ({u'il s'est rendu recommandable avant que d'avoir acquis aucune réputation par les armes ; et ceux qui s'appliqueront à la lecture de ses Commentaires, s'étonnei-ont qu'il ait cultivé sa langue avec tant de soin. On dit qu il | en a composé des livres : c'est peut-être pousser trop loin une semblable occupation. Je dirai, par parenthèse, que Jules César a écrit ses

• GainMÎo par le duc d'Enghicn, dcpuU prince de Condé. le 19 mai 1643, ou le cinquicme Jour du r^e de I^ouis XIV.

Commentaires comme si c'étoit un antR^t lui qui les eût écrits , et qu'il n'eût pas ncm ses propres guerres; plus louable eocoRqk Thucydide , qui ne laisse découvrir à peno» s'il est d'Athènes ou s'il est de LacédéaoK car il est plus malaisé de cacher ramonrqR Ton a pour soi que celui que Ton a pova patrie. Les Mémoires de*** et ceux deM.^ Bassompierre ' sont bien éloignés du carun de ceux de Jules César. Enfin ce Romaiii locelle en trois choses principales, la poiitifK. l'art militaire» et l'art de bien dire. Da m plaidé des causes. Cela ne lui étoit pas plusni qu'à notre Hercule gaulois de se servir dadi' cours aussi bien que d'une massue. Onlepek avec des chaînes qui lui sortent de la boick, comme s'il eût entraîné les hommes par sa fi' rôles. C'est un équipage qui m'a étonné fk (l'une fois; et si votre altesse y veut faire r* flexion , je crois qu'elle s'en étonnera ausB. h ne me serois jamais avisé de proposer i f^ (]uencc un dieu comme Hercule, et evoR moins un Gaulois : ce sont des disconveun qui me donnent envie de chercher ce qui et « répandu dans les livres.

Pour revenir à mon parallèle , le merveihi d'Alexandre dans sa jeunesse n'exclut pascdi de César, et encore moins celui de monsîevlr prince, lequel je fais consister en ce que fk* bord le talent qu'il a pour la guerre s'est s connoître. Les habiles gens de œ métier, i voir comme il s'y prenoit , ont jugé par-lîè ce qu'il a fait depuis ; je l'ai oui dire à queiqtt'a d'eux, et plus d'une fois. Je laissei*ai pourtt Alexandre en possession du privilège que M le monde lui attribue : car d'entreprêndnr i vingt ans la conquête de TAsie avec aussi pu de troupes qu'il en avoit, et ne vouloir d^ iiioixlre d'aucune chose, cela ressemble asseii Achille ; aussi se proposoit-il de l'imiter. Gsst hésita beaucoup davantage dans l'enireprti^ de se rendre maître de Rome, quoiqu'il dispi)'

' François de Bassompierre . maréchal de Franœ. at kii avril iTy, moi*t le 12 octuhrc I64l>. Il a compos«î des JV^wini- IQ63, tniLs volumes iii-12. et des Observations âur les rrfr. des rois Henri //' et Louis XII F. « Bassuinpierrc . auja^KV* « d' Anquetil , dit les choses comme U les a tum . et U les i i» « comme il étoit anèclé. On [leut conclure de «es oonv» • qu'un courtisan en proie à ses haines , à nés amitiéa . et l «" « préventions, écriroit fort mal riiistoire. • {L'intrijti » cabinet, 1 1, p. xivl^. )

OPUSCULES EN PROSE

l (lu ({uontitù (l'cxccllentes troupes , qu'elles I fussent affectiunnées à un point qu'il en pouil tout aiU'ndie, et qu'il eût déjà gagne un mbre iolinidebatailles. Illitdespi-opositious KconiRiodemcnt , ayant un parti formé, et lant qu'au bruit de sa marche chacun s'enyoit de Koine. Alexandre, dénué decesavan- », n'eût pas marchanda pour passer le Rum î et c'est en partie celle hardiesse qui lui {ail aui'ibucr le surnaiurel et le merveilleux, e qualité n'édaie pas moins daus les prf>- ■es actiuns de monsieur !o prince. Vériiamt il s'est rencontré des occisions oii il '» pas tant donné n la fortune (]ue le prince I Slacédoine. Celui-ci a entrepris beaucoup > choses qui scmbloient au-dessus de son pou- ' , et en est renii à bout; et monsieur le jnce est louable Ue n'avoir pas toujours ouvris tout ce qu'il poiivoil. Je ne parle point I occasions fiarticulières que la gueire lui a lirnies ; comme il n'en étoit pas toujours le •ilre, on n'a rien i lut imputer sur ce sujet. A l'égard de ses dcuin rivaux , il seroit ù soiikiter quo leurs projets eussent été aussi légines qu'ils ont été bien conduits. Alexandre roit nn prétexte assej; honnéie quand il passa ins la Perse ; il vouloit venger les Gru» et Hiienir les Rarlures. Mais (|ui l'obligea de paser aux Indes, qu'une ambilioii insatiable? • Pourquoi iroublçr le repos d'une nation qui ne lui en avoil donné aucun sujet, et qui Hsoit un k lueilleur usagi^ que lui des bienfaits de la na- ? Encore n'a-t-il pas détruit sa patrie, ce e l'on reproche à César.

I Je m'amuse ici à balancer le droit et le lort e ces conquérants ont eus, comme si c'éloil B CCS choses-là ([u'il s'agit entre des gens de ■ir caractère. On ne regarde pas s'ils sont '«68, on re^jardc s'ils sont habiles ; c'est assez G qu'ils soient bcureuirt on les loue alors. iQuand le suci^ manque â quelqu'une de leurs I Wirepriscs, tout le reste a l)eau s'y trouver, le niple le blâme sans l'examiner, et les sages ifeiiminent à la rigueur. Ces réRcxions m'ont ~ atné du merveilleux que je donne à Alexan- , et dont je ne prive pas les deux aulir^ ; D sorte pourtant que je penche un peu plus brs le Macédonien que vers le Romain ; sauf B jugement que votre allcsse en fera , cai'le

merveilleux vous est fomilier, et mille fuis plus connu qu'à nousautres pot'ies, eucore que nous nous piquions de l'employer dans nos poèmes.

Si on me demande auquel des trois je pr^ tends donner jusque-là la préférence, je dirai que, dès l'abord, mon intention n'a éié que de prononcer entre ceux <]ui ne sont plus. On en peut parler comme on veut : ce sont les gens du monde les plus commodes. Pour les vivants, H faut prendre gardeaveceux à eeque l'on dit. Que si par hasard(coroii]etouteschosos peuvent arriver) j'allois mettre monsieur lo prince au-dessus desautres, je lui attirerois trop d'envie, et orfenserois Ift délicatesse qu'il » sur le fait des Ihinégyriqucs. De le faire mardier le dernier, il en auroil du dépit. Je ne lui dirai Jamais en face : Vous êtes plus grand qu'Alexandre ; et lui dirai encore moins : Alexandre doit être mis au-dessus de vous. Le plus sur est de laisser la chose indédse û son égard. Mou avis est donc que la jeunesse d'Alexandre a quelque chose de plus héroïque que celle de Jules César. Véritatilement , si dans les premières années de celui-ci tout ressembloit ù cette hauteur avec laquelle il traita les corsaires qui l'avoient pris, je lui donncrois le premier ranj; : cela n'étant [las , Je nie laisse emporter au surnaturel qut l'on atu-ibue à l'autre.

U se peut faire que dans la suite je balai davantage. Alexandre agit d'abord pour de plus grands intérôls. Toute b l«rre y prend part. Il n'est pas jusqu'à l'Ëci-ilure sainte qui n'en fasse mention , et qui ne représente le monds entier attentif et dans le silence devant ce prince. In cttjiu cnmpeciu irrra tiluit. Encore aujour- <)'hui l'Orient est rempli du bruit de son nom el de ses conqmïics ; elles toni fonder des empires au-dfli du Gange' î'ioul cela avec une rapidité incoucevalite , et comme si les dii^ux lut eusscni envoyé la science de conquérir. Démo* stbène l'avoit appelé enfant. Il lui fit dire qu'il étoil passé à l'adolescence en passant par ta 'l'hessalie, et qu'un le Irouveruil homme fait de\-ant Ils murailk* d'Athées. Honneur ta

• Akiinlre p^oMra dita l'indo Jinqu'iu^dd) du Bem* tth- m ilii*inui>Uu'*lU|iulii[|iuqu'xii<;jliftr. CcbilSânirauX lur. un flr » Hiu^Kura , iiul ptnlnl Juaqu't ce Heaiwili Il M kitab pMM d'ooplni Ma Ma rtVM( U étiUIl Mulnnml dl rrUUmucaaiaicTclilnjiK lu richM O l.i ernr , |w !•■ riiitti^i ilr mn allUncc il

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