‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 61 sur 670 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

S'dÉinle aux premiers eoaps, tombe arec on trésor. Notre dteipéré le ramane, et l'emporte, Laisse là le liooo^ s'en retoame avec l'or, Sans compter : ronde ou non , la somme plut an sire. Tandis que le galant à grands pas se retire, L.'homme an trésor arrive, et trouve son argent

Absent.

Quoi! dit-n, sans mourir je perdrai cette somme! Je ne me pendrai pas! Et vraiment si ferai,

On die corde je manquerai.

Le lacs étoit tout prêt ; il n'y manquoit qu'un homme : Gelui-ci se l'attache, et se pend bien et beau.

Ce qui le consola, peut-être, Fut qu'un autre eût , pour lui , fait les frais du cordeau. Aussi bien que l'argent le licou trouva maître.

L'avare rarement finit ses jours sans pleurs; n a le moins de part au trésor qu'il enserre. Thésaurisant pour les voleurs, Poor ses parents, ou pour la terre.

Mais que dire du troc que la Fortune fit? Ce sont U de ses traits; elle s'en divertit : Plus le tour est bizarre, et plus elle est contente.

Cette déesse inconstante

Se mit alors en l'esprit

De voir un homme se pendre;

Et celui qui se pendit

S'y devoit le moms attendre.

FABLE XVn.

Le Singe et le Chat.

Bertrand avec Raton, l'un singe et l'autre chat^ Commensaux d'un logis , avoient un commun maître. D'animaux malfoiaants c'étoit un très bon plat : Ibn'y craignoienttons deux aucun,quel qu'il pût être. IVoarroît-on quelque chose an logis de gâté, L'on ae s'en prenoit point aux gens du voisinage : Bertrand déroboit tout; Raton, de son côté, Éttril moins attentif aux souris qu'au fromage. Un joar, an coin du feu , nos deux maîtres fripons

Regardoient rôtir des marrons.

Les escroquer étoit une très bonne afCure : Nos galants y voyoient double profit à faire; Leur bien premièrement, et puis le mal d'aulrui. Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aojounfhui

Que tu fluses un coup de maître; Tfre-moi ces marrons. Si Dieu m'avoit fait naître

Propre à tirer marrons du feu.

Certes , marrons verroieut beau jen.

Aussitôt fût que dit: Raton, avec sa patte ,

D'une manière délicate , Ecarte un peu la cendre , et retire les

Puis les reporte à ptasieurs fiiis; Tire un marron y puis deux , et puis trois en escroque :

Et cepencbnt Bertrand les croque.

Une servante vient : adieu mes gens. Raton

N'étoit pas content, ce dit-on.

Ainsi ne le sont pas la plupart de ces princes Qui , flattés d'un pareil emploi , Vont s'échauder en des provinces Pour le profit de quelque roi.

FABLE XVin.

"Le Milan et le Rossignol.

Après que le milan , manifeste voleur, Eut répandu l'alarme en tout le voisinage , El fait crier sur lui les enfonts du village , Un rossignol tomba dans ses mains par malheur. Le héraut du printemps lui demande la vie. Aussi bien , que manger en qui n'a que le son ?

Écoutez plutôt ma chanson :

Je vous raconterai Térée et son envie. — Qui Térée? est-ce un mets propre pour les milans? — Non pas ; c'étoii un roi dont les feux violents Me firent ressentir leur ardeur criminelle'. Je m'en vais vous en dire une chanson si belle Qu'elle vous ravira : mon chant platt à chacun.

Le milan alors lui réplique :

Vraiment , nous voici biôi ! lorsque je suis à jeun ,

Tu me viens parler de musique ! — J'en parie bien aux rois. — Quand on roi te prendra,

Tu peux lui conter ces merveilles :

Pour un milan , il s'en rira.

Ventre affomé n'a point d'oreilles *.

FABLE XIX

Le Berger et son Troupeau,

Quoi ! toujours il me manquera

Quelqu'un de ce peuple imbécile !

Toujours le loup m'en gobera !

J'aurai beau les compter ! Ils étoient plus de mille , Et m'ont laissé ravir notre pauvre Robin ' !

Robin mouton , qui par la ville

« VoyeiOrkle. Metamorph., VI. 15, et la noie 2 de U 1^ ble X? du liTre III.

*Ge prorerbe existoit do temps des nomains, où peut-être il est né d'un bon mot de Caloo le censem*. Vojez Phitarqne , Fie de CaUm le censemr, t ili , p. SOSdeU tndactkmd'Amyot. édit de CUTier; et ansii Rabelais, Pantagrml, Ut. IV. 63. tu. p. f60.édit.l74fl.in4«.

3 Dans Rabelais, le Marcband dit à Panm^ : « Vous avez ■ nom noMn-MotOoti, yojti oe moatûn là. Il ba nom RoMn c comme vous. ■ Pantagruel, 1. IV. eh. vi . t. II . p. 15.

FABLES

Me saivoit pour un peu de pain , Et qui m'aoroit suivi jnsques au bout du inonde ! Hélas ! de ma muselle il entendoii le son ; Il me sentoit venir de cent pas à la fonde.

Ah ! le pauvre Robin mouton !

Quand Guillot ' eut fini cette oraison funèbre , El rendu de Robin la mémoire célèbre y

II harangua tout le troupeau , Les chefe, la multitude , et jusqu'au moindre agneau,

Les conjurant de tenir ferme :

Cela seul sufQroil pour écarter les loups. Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent tous

De ne bouger non plus qu'un terme.

Nous voulons , dirent-ils , étouffer le glouton

Qui nous a pris Robin mouton.

Chacun en répond sur sa tête.

Guillot les crut y et leur fit fête.

Cependant , devant qu'il fAt nuit ,

Il arriva nouvel encombre :

Un loup parut; tout le troupeau s'enfuit. Ce n'étoît pas un loup, ce n'en étoit que l'ombre.

Haranguez de mécliants soldats;

Ils promettront de faire rage :

Mais , au moindre danger, adieu tout leur courage ; Votre exemple et vos cris ne les retiendront pas.

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