‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 615 sur 670 · HO · texte numérisé non relu

HO

ŒUVRES DIVERSES

soir notre compagnie , et le lendemain nous traversâmes la Beauce, pays ennuyeux, et qui, outre l'inclination que j'ai à dormir, nous en fournissoit un très beau sujet.

Pour s'en empêcher, on mit une question de controverse sur le tapis : notre comtesse en fut cause; elle est de la religion S et nous montra un livre de du Moulin '. M. de Châteauneuf (c'est le nom du valet de pied) l'entreprit, et lui dit que sa religion ne valoit rien, pour bien des raisons. Premièrement, Luther a eu je ne sais combien de bâtards ; les huguenots ne vont jamais à la messe ; en6n il lui conseilloit de se convertir, si elle ne vouloit aller en enfer : car le purgatoire n'étoit pas fait pour des gens comme elle. La Poitevine se mit aussitôt sur rÉci*iture, et demanda un passage où il fût parlé du purgatoire; pendant cela, le notaire chantoit toujours ; M. Jannart et moi nous endormîmes.

L'après-dinée, de crainte que H. de Châteauneuf ne nous remit sur la controverse, je demandai à notre comtesse inconnue s'il y avoit de belles personnes à Poitiers : elle nous en nomma quelques unes, entre autres une fille appelée Barigny, de condition médiocre , car son père n'étoit que tailleur; mais, au reste, on ne pouvoit dire assez de choses de h beauté de celle personne. C'étoit une claire brune, de belle taille, la gorge admirable, de l'embonpoint ce qu'il en falloit, tous les traits du visage bien fuils, les yeux beaux : si bien qu'à tout prendre il y avoit peu de chose à souhaiter ; car rien , c'est trop dire. Enfin non seulement les astres de la province, mais ceux de la cour lui dévoient céder, jusque-là que dans un bal où ëtoit le roi , dès que la Barigny fut entrée, elle effaça ce qu'il y avoit de brillant ; les plus grands soleils ne parurent auprès que de simples étoiles. Outre cela elle savoii les romans, et ne manquoit pas d'esprit. Quant ù sa conduite, on la tenoit dans Poitiers pour honnête fille, tant qu'un mariage de conscience se peut étendre. Autrefois un gentilhomme , appelé Miravaux ,

« C'est-à-Uire protestante. C'étoit la phrase d'usage.

«Pierre du Moulin, fameux théologien de la religion n'formée* né le 18 octobre 158S, mort à Sedan le 10 mars 1658. II a laissé soixanteKiuiii/.e ouvrages sur différents sujets de théi> logie.

en avoit été passionnëment amoureux, et khIé l'épouser à toute force : les parents du {cÉihomme s'y opposèrent ; ils n'y eussent povtti rien gagné, si Gloto ne se fut mise de h|»> tie : l'amant mourut à Farmée, on il rniiM doit un régiment. Les dernières actions de a vie et ses derniers soupirs ne furent que p« sa maîtresse. II lui laissa douze mille ëasft son testament, outre quantité de meubles etè nippes de conséquence , qu*ii lui avoit dosB dès auparavant. A la nouvelle de cette ut, mademoiselle Barigny dit les choses da les plus pitoyables ', protesta qu elle se roit mourir tôt ou tard ; et en attendant l^ cueillit le legs que son amant lui avoit fà, Procès pour cela au présidial de Poitiers ; appi à la cour. Hais qui ne préfèreroit une bdei des héritiers? Les juges firent oè que faivÉ fait. Le cœur de la dame fut contes^ avec|)hi de chaleur encore : ce fut un nommé Cartign qui en hérita. Ce dernier amant s'est tram plus heureux que l'autre : la belle eut soôqil ne mourût point sans être payé de ses peia& Il y a, dit-on, sacrement entre eux; mais II chose est tenue secrète. Que dites-vous de m mariages de conscience? Ceux qui en ont a» né l'usage n'étoient pas niais. On est fille tt femme tout ù-la-fois ; le mari se comporte a galant : tant que l'afiaire demeure en œtéa, il n'y a pas lieu de s'y opposer; les parents ir font point les diables, toute chose vient en soi temps; et, s'il arrive qu'on se lasse les uns ds autres, il ne faut aller ni au juge ni à l'évéqoe. Voilà l'histoire de la Barigny.

Ces aventures nous divertirent de teDe sorte, que nous entrâmes dans Orléans sans nous ei être presque aperçus : il sembloit mémeqoele soleil se fût amusé à les entendre aussi bienqs nous ; car, quoique nous eussions fait vffi lieues , il n'étoit pas encore au bout de sa traiie> Bien davantage , soit que la Barigny fât oeffi soirée ù la promenade, soit qu'il (tût se coiidiff au sein de quelque rivière charmante commeii Loire, il s étoit tellement paré, que M. deOd-

' Lt's pliis propres à émouvoir la piUé. Jean-Jacquo seau a encore employé ce mot dans ce sens dans la yomeHi Héloîse : ce n'est {[xie vers la fin du dix-hiiiUéaie siècle qolii cessé d'être pris en bonne part , et qu'on s'co «t servi ment pour cx|wimer le mépris.

LETTRES A MADAME DE LA FONTAINE

auociif et inoi nous l'allâmes regarder de dess le ponl. Par mt^ine moycD, je vis la Pucelle; la foi, ce Fut sans plaisir : je ne lui irouni l'air, ni la (aille, ni le visage d'une ama- ; l'inlante Gradalillée en vaut dix comme et , si ce n'étoît que M. Chapelain est son rontqueur ', je ne sais sî j'en fecuis mention, e la regardai , pour l'amour de lui , plus lon;;mps que je n'aurois fait. Elle est à genoux levant une Gixiis, el le roi Oiarles en même e vis-à-vis d'elle, le tout fort chétif et de iwtite apparence. C'est un monument qui se EDI de la pauvreté de son siècle '.

Le pont d'Orléans ne me parut pas nun jilus (d'une largeur ni d'une majesté proportionnée A la noblesse de son emploi et à la place (|u'il «Gcupe dans l'univers.

Ce d'csI pas pclile Rliùrc Qui! d'Alrr |inDl iiir la Loire.

On toil k Hs piedi rotdcr Li |i1iu belle des riiières Que de fa vailo carriÈrts PUIhu ruitanlu couler.

Elle est près de trois Ibis aussi large à Orfans que b Seine l'est à Paris, l'horizon tn^ eau (Je tous les côtés, et borne comme il le dut être. Si bien que cette rivière étant basse ■ pruporliun , ses eaux fort claires, son coui nns replis, on diroit que c'est un canal. IV iihaque côti^ du pont on voit continuellement de; ^^Wrques qui vont à voiles : les unes montent, ies autres descendent; et, comme le bord n'est passi grand qu'à Paris, rien n'empdche qu'on ne les dislingue toutes : on les compte, on remarque en quelle distance elles sont les unes "es autres; c'est ce qui fait une de ses beautés : n effet, ce seroîl dommage qu'une eau si pure

■ Jera ClMpcbfai. n# l« 4 décemlnlS». martien février

.KTJi t rigB dï «oitiulfr^Ui-Dcuf aili. Son poftneil* Il PuetlU

sas , elivolt UDC grande cflébrilé ■rml d'ivcir tu

avoii Oé élevé pv U fUU et 11 revmtuix- Vn. en lus I mail en iSB!. pendant k> BmUardlfilnii. iwiIdi le* ri;w« en (orent hriwie*, t l'tsei uit «é rp(aidim en I STI ■ Ce ma- Nilevt. repUi'é. etrépiré * ■UDi'' tu détruit en IT». Alan U figure de ki PncdlfUlB piir le pretnlertcnlpleur tmi'ï trouvôll ptiw. ri avollKuJptéuneautre. NabUn'edpM nthiie |irotMd)lf' 1 tgun |v1mlU*e Ibt celle de la Pimlle. \ojet a qar Hwm a ce wjct dun unr note de noire article jranii' •. 1. XXI. |i. stïiti- la inin(i*npft<n nmittrallt.

Kl entièrement couverte par des bateaux. Les ' voiles de ceux-ci sont fort amples : cela leur donne une majesté de navires , et je m'imaginai voir le port de Consiantinoplc en petit. D'aitleiii-s Orléans , à le regaixler de la Solide , d'un bel aspect. Comme la ville va en montant^J on ta découvre quasi tout entière. Le mail e les autres arbi'cs qu'on aplanies en beaucoup d'endroits le long du rempart font qu'elle parolt à demi fermée de murailles vertes; et, à mon avis , cela lui sied bien. De la purticulat> ser en dedans , je vous enniiierois : c'en est déjà trop pour vous de cette matière. Vous saurez pourtant que le quartier par où nous descendîmes au )>ont est fort laid , le reste assez beau : i des rues spacieuses, nettes, agréables, et qui sentent leur bonne ville. Je n'eus pas assez d temps pour voir le rempart ; mais je m'en suis , laissé dire beaucoup de bien , ainsi que de \é- J glise Sainte-Croix '.

Enfin notre compagnie, (\\xi s'éloit dispersi'e de tous les câtes, revint satisfaite. L'un parla d'une chose, l'autre d'une autre. L'heure du souper venue, che\'aliers et dames se furent seoir k leurs tables assez mal senies; puis sa mirent au lit incontinent, comme ou peut pen* ser. El sur ce te chroniqueur fait fin au présent chapitre.

ni. — A LA MEME.

SUITE DU Uf.HE VOYAGE.

Hii-liclini, m S leptembre I Autant que b Itcauce m'avoit semblé t nuyeusc , autant le pays qui est depuis Orléans jusqu'à Amboise mu parut agréable el divertissant. Nous eûmes au commencement la Sologne, province beaucoup moins fertile que le Venddmois, le<)UGl est de l'autre côté de la ti> J vière. Aussi a-t-on un niais du pays jmut trit^ j peu de chose; car œux-là ne sont pas fout 1 comme ceux de Champagne ou de Picardie*, Je crois que les niaises œùlenl davantage.

• <Vi»l la cathéilrile -. elle tut tnbltle par Umtl IV , ipil j :

OEUVRES DIVERSES

Le premier lieu où nous arrêtâmes» ce fut Cléry. J'allai aussitôt visiter l'église. C'est une coll^ale assez bien rentée pour un bourg ; non que les chanoines en demeurent d'accord , ou que je le leur aie ouï dire. Louis XI y est enterré : on le voit à genoux sur son tombeau , quatre enfents aux coins : ce seroient quatre anges , et ce pouiToient être quatre amours » si on ne leur avoit point arraché les ailes \ Le bon apôtre de roi fait là le saint homme, et est bien mieux pris que quand le Bourguignon le mena àUége.

Je lai troayai la mine d'un matois :

Aussi rétoit ce prince, dont la Tie I>oil rarement serrir d'exemple aux rois , Et pouiToit être en quelques points suiTie.

A ses genoux sont ses Heures et son chapelet, et autres menus ustensiles, sa main de justice, son sceptre, son chapeau, et sa Notre-Dame; je ne sais comment le statuaire n'y a point mis le pf evôt Tristan : le tout est de marbre blanc, et m'a semblé d'assez bonne main. Au sortir de cette église , je pris une autre hôtellerie pour la nôtre ; il s'en follut peu que je n'y commandasse à dîner ; et, m'éiant allé promener dans le jardin , je m'attachai tellement à la lecture de Tite-Live, qu'il se passa plus d'une bonne heure sans que je fisse réflexion sur mon appétit : un valet de ce logis m^âyant averti de cette méprise , je courus au lieu où nous étions descendus, cl j'arrivai assez à temps pour compter.

De Cléry à Saint-Dié, qui est le gîte ordinaire , il n'y a que quatre lieues , chemin agréable et bordé de haies ; ce qui me fit faire une partie de la traite à pied. Il ne m'y arriva aucune aventure digne d'être écrite , sinon que je rencontrai , ce me semble, deux ou trois gueux et quelques pèlerins de Saint-Jacques. Gomme Saint-Dié n'est qu'un bourg, et que les hôtelleries y sont mal meublées, notre comtesse n'é-

telligencc qu'ils en font parottrc moins. Niais de Sologne, qui ne se trompe qu*à son profit.

« Le chapitre étoit composé d'on doyen et de dix chanoines. Louis XI avoit fait rebâtir l'éAlLsc de Cléry, et voulut y être inhumé : elle étoit dédiée à Notre-Dame. Non seulement le peuple de Cléry et des environs , mais ceux des provinces les plus éloignées , avoient la phis grande dévotion à une image de la sainte Vierge de cette église , on il s'est fait , dit-on , un grand nombre de iniracles.

tant pas satisfaite de sa cbanibre, H. deCUteauneuf voulant toujoui-s que votre oncle fil le mieux logé , nous pensâmes tomber dans le différent de Potrot et de la dame de Nouaillé. Ls gens de Potrot et ceux de la dame de Noaiê ayant mis , pendant la foire de Niort , les hvdes de leur maître et de leur maîtresse en mte hôtellerie et sur même lit , cela fit contestaAa. Potrot dit : Je coucherai dans ce lit-là. Je seA pas que vous n'y couchiez, rq[>artit h dameft Nouaillé; mais j'y coucherai aussi. Par poitf d'honneur et pour ne se pas céder, ils y onchèrent tous deux. La chose se passa d'se autre manière: la comtesse se plaignit fort, le lendemain , des puces. Je ne sais si ce fut oh qui éveilla le cocher; je veux dire les paoaèi cocher, et non celles de la comtesse: tattyi qu'il nous fit partir de si grand matin « qa*Qiftoit quasi que huit heures quand nous wm trouvâmes vis-à-vis de Biois, rien que la Loire entre deux.

Blois est en pente comme Orléans, mais pb petit et plus ramassé; les toits des maisons r sont disposés , en beaucoup d*endroits, detdk manière qu'ils ressemblent aux d^;rés iu amphithéâtre. Gela me parut très beau, etjr crois que difficilement on pourroit trouver ■ aspect plus riant et plus ag^réable. Le châtoi est à un bout de la ville , à l'autre bout Sainte Solenne". Cette église paroît fort grande', « n'est cachée d'aucunes maisons ; enfin elle rt pond tout-à-fait bien au logis du prince. Ciucun de ces bâtiments est situé sur une «hnence dont la pente se vient joindre vers k bklieu de la ville , de sorte qu'il s*en faut peu (fx Blois ne fasse un croissant dont Sainte-SokoK et le château font les cornes. Je ne me sois |m informé des mœurs anciennes. Quant à présent , la façon de vivre y est fort polie , sdl que cela ait été ainsi de tout temps, et que lecbnat et la beauté du pays y contribuent ; soit que le séjour de Monsieur ait amenq celte politesse,

I U fant écrire Saint-Solenne , et non pas SainU-Soif^' comme La Fontaine. Saint Solenne étoit évieque de Char1i«i.<( on peut lire dans Grégoire de Toars et aUlean ce qui Ir (t«> cerne. {Gregor. Twonens. Degloria confess, SigeètrUi^r/^ nie, ad an. 450. Oallia Christiana , t. Vin . p. I06S.)

« Cette église n'est plus tetie que La Fontaine la vit niivv lent orage ta renversa de fond en comble dans la miltdu 5au6 joiB 1678, à la réserve de la tour, de denx piHprs, et deqneif chapelles sur les ailes.

LETTRES A MADAME DE LA FONTAINE

pu II! nombre de jolies femmes. Je m'cD Ks tomiiHT quelques unes à mon oi-dinaîre. On me K>ulul outre cela montrer des t)ossus, chose Usuez commune dans Blois, à ce qu'on me dit; rencoi-e plus comnmne dans Orléans. Je irus que le ciel, ami de C4» peuples, leur envoyoii de l'esprit ()ar cette vuie-lû : car on dit que bossu n'en mamjua jamais; et cependant il y a de TJeilles traditions qui en dunneul une autre rai- , La voici telle qu'on nie l'a appiise. Elle regarde aussi la constitution de là Bcauce et 'u Limousin.

■ Beauce aiuit jadla doc moiili en alxiodance ■

Cumuiu lo re([e de la France :

De quoi la lîlle d'OrléaiiK .

VMae de gEiu heorcui, délkalB, hiiieatili.

Qui touloieiil iiiarcher i k'ur a'ac ,

!k|tlaieait,{>tni II nuuvnbe;

Et mesicarR lis OriémiDi*

Uirvat id Suri, luul d'iuie tuU.

Une fiilt . deui fiili , et trotii fiila ,

Qii'Il KÙl h luur àltr U pciDU monirr, de dncendre , et reoionter eiiror.

Quiii '. toii}nur< muui «t JanwU plaine !

I'ailei-nuu> avoir lri|)le baletoe.

Jambe* (11) TiT. Mlurcl furt.

Ou uuai (l»an« un« niupayne

Qui n'ail |ilu> ui muni ni niiHila|;ue.

Oh ! oti ! leur riTui'IU 1c Sml , TonaClilEi Ira mullm! ul daus tnules lislîaula Jb ae luli i|Ue loiu wub i|ul U<b inoni* voue plalgniei '.

PtliM|u'll« voiu niiiieni Ik tue pied) ,

Vntu b» aurai lur tua i^paults.

Lon la Iloanre de «'aplanir.

De l'eiialn-, do dcteulr

Uu Ivmiir uul couiuic jilace :

El iKMUi à* nallro en ta plaoe ,

El tnniila de déloger dn chauipi

TunI ne pul leilir sur Ira gêna :

S< Iricu qnc la Iroapi' ciileale ,

^e ibcImdI iiue (aire du mie , S'en lUoit lea |)liiDor dan* le terroir toiiio , Lomiuc Jnt^ter lUt : Épamuona la TmiraiM

El le Bldarri»! or r« ilnmaine

Hrtlana-lcs dj

Ceux de Blois comme voisins et bons amis de ceux d'OilcanB, les ont soul&{;ù) d'une partielle leur charge. Lo« uns et les autres doivent encore avoir une {;en(iralion de bossus , et puis c'en est fuit.

Vousaurez pour cette tradition telle croyance (|u'il vous plaira. Ce que je vous assure élre fort vrai est que H. de Chàteauneuf ci moi nous déjeunâmes très bien, et allâmes voir ensuite le logis du prina-. II a été bàli à plusieurs reprises, une partie sous François l",raiilre sous quelqu'un de ses devanciers '. Il y a en face un corps de logis à la moderne, que feu Monsieur a fait commencer ' : toutes ces trois pièces ne font , Dieu merd , nulle symétrie , et n'ont rap- {>ort ni convenance l'une avec l'autre : l'architecte a évité cela autant qu'il a pu. Ce qu'a ^l faire Frai^xiis I", à le regaixler du dehors, me contenta plus que tout le reste : il y a force petites galeries, petites t«nétr(s, petits balcons, . petits ornements sans régularité et sans ordre; ] ceb bit quelque chose de grand qui plait assez. Nous n'eûmes |MS le luisirde voir le dedans; jen'en regrettai que la chambre oti Monsieur est niorl,carjelaconsidéroiscommeune relique: en effet, il n'y a personne qui nedoive avoir une cx- U^nie Tcnéraiion pour la méiuoire de ce prince. Les peuples de ces contrées le pleurent encore avec raison : jamais règne ne fut plus doux , plus tranquille, ni plus heureux que l'a été le sien; et en vérité de semblables princes devruient naître un peu plus souvent , ou ne point ii J'eusseaussi furt souhaité de voir son jardin de plantes, k-quel on tenoil, pendant sa vie, pour j le plus parfait qui fût au monde : il ne plut pas J à notre cocher, qui ne se souda que de déjeu* 1 ner brgement , puis nous &t partir.

Tant que la journée dura nous eûmes beau | temps, beau clu-inin, lieau pays : sur-tout la levée ne nous quitu point, ou nous ne quittâmes iKiint la levée; l'un vaut l'autre. C'est une cbauBSéc qui suit les bords de ta Loir(\

■ Ijn, lurnilm ruiiilra <lc Hloli àa milHnu de Cluinp^coe «1 de ChiUUon «Tiàent biti la pirtlF ncdilcnUlF, nuigtl n'ro 'V'S biit |da> iiu'iuae gitwe lour longue U foDUIne M (on. m teSs.atoltUI d«nui)lr colle puttu pour la i * ueiif. niilni ifoilc tU la llt«k i(ul rraanle l'or ■|tU Calt lux au midi, qui »(JinU iU Mlim lUr Loub Xtf ^ et la Iicadc ■rptmtriâule qu'ivoU Ul amlrulre Fnn- (uii 1". Vojvi l' Nlilali-f du niait . i>vJ. Urrnkr, ICO, la-4°.

p. Hetir.

■ U iw ra point achevé. Mannvd ru aioU lait lu pUu. (in y tiaiallb inidaul Dnla ai. [Idttti':.

' JraU'Ki)itlile^aMnu de FruH». duc d'Ori'jin, Sh dr ilrari IV et Irtrr <St< tmiii XllI. iui|ail a FunlaUMUrau Ir a avril <«Q(. rt utournl 1 BIoK k- IKiriiT IIHM. lYinie [•wllaiibne. ipii eulda i;MUMa almabh» rt de* verUit iirtvto.

au

OEUVRES DIVERSES

tient cette rivière dans son lit : ouvrage qui a coûté bien du temps à foire, et qui en coûte encore beaucoup à entretenir. Quant au pays, je ne vous en saumis dire assez de merveilles. Point de ces montagnes pelées qui choquent tant notre cher M. de Maucroix; mais, de part et d*autre , coteaux les plu^agréablement vêtus qui soient dans le monde. Vous m'en entendrez parler plus d'une fois ; mais, en attendant,

Que dirons-noos que fut la Loire

ÂTant que d'être ce qu'elle est?

Car TOUS saTez qu'en son histoire

Notre bon Oride s'en tait.

Fut-ce quelque aimable personne ,

Quelque reine , quelque amaione ,

Quelque nymphe au cœur de rocher.

Qu'aucun amant ne sut toucher?

Ces origines sont communes ;

C'est pourquoi n'allons point chercher

Les Jupiters et les Neptunes,

Ou les dieux Pans qui pounui?oient ' Toutes les bcUes qu'ils trouTolent.

' Laissons là ces métamorphoses.

Et disons ici , s'il vous pUdt,

Que la Loire étoit ce qu'elle est

Dès le commencement des choses.

La Loire est donc une ri?ière Arrosant un pays favorisé des deux.

Douce quand il lui plaît, quand il lui plaît si flère Qu'à peine arréte-tron son cours impérieux. £Ue ravageroit mille moissons fertiles, Engloutiroit des bourgs, feroit flotter des viUes,

Détruiroit tout en uo-^ nuit :

11 ne faudroit qu'une journée

Pour lui Toir entraîner le fruit

De tout le labeur d'une année , Si le long de ses bords n'étoit une le?ée

Qu'on entretient soigneusement.

Dès-lors qu'un endroit se dément.

On le rét il lit tout-à-l'heure :

La moindre brèche n'y demeure

Sans qu'on y touche incessamment ;

Et pour cet entretènement,

Unique obstacle à tels ravages ,

Chacun a son département,

Communautés, bourgs, et villages.

Vous croyez bien qu'étant sur ses rivages. Nos gens et moi nous ne manquâmes pas De promener à l'entour notre vue :

J'y rencontrai de si charmants appas Que j'en ai i'ame encore tout émue.

Coteaux riants y sonl des deux côtés; Coteaux non pas si voisins de la nue Qu'en Limousin , mais coteaux encliantés ; Belles maisons , lieaux {«arcs et bien plantés , l^rés verdoyants dont ce pays abonde.

Vignes et bois, tant de diveraitët

Qu'on croit d'abord être en on «oln monde.

Mais le plus bel objet , c'est la Loire sans doute : On la voit rarement s'écarter de sa route; Elle a peu de replb dans son ooun mesuré : Ce n'est pas un ruisseau qui serpente en no pré;

C'est la flUe d'Amphitrite ;

C'est elle dont le mérite ,

Le nom , la gloire , et les bords.

Sont dignes de ces provinces Qu'entre tons leurs plus grands trésors

Ont toujours placé nos princes.

Elle répand sou cristal Avec magnificence ;

Et le jardin de hi France

Méritoit un tel canal.

Je lui veux du mal en une chose ; c*est que, l'ayant vue, je m'imaginai qu*il n*y avoitpbs rien à voir : il ne me resta ni curiosité ni désir. Richelieu m'a bien iait changer de sentimeoL C'est un admirable objet que ce Ricbeiîei; j'en ai daté ma troisième lettre, parce que je l'y ai achevée. Voyez l'obligation que vous m'avez; il ne s'en faut pas un quart d'beareqnl ne soit minuit, et nous devons nous lever d^ main avant le soleil, bien qu*il ait promis ei se couchant qu'il se lèveroit de fort grand mnk J'emploie cependant les heures qui me sootb plus précieuses à vous faire des relations, wi qui suis eniant du sommeil et<le la paresse. Qu'on me parle après cela des maris qui sesunî sacrifiés pour leurs femmes ! je prétends lessvpasser tous, et que vous ne sauriez vous xquitter envers moi, si vous rie me souhaitez d'aussi bonnes nuits que j*en aurai de mau\> ses avant que notre voyage soit achevé.

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