MADAME COLLETET
Vous VOUS étonnez, dites-vous, de ce que tant d*honnétes {;ens ont été les du|)es de mademoiselle Collelet *, et de ce que j*y ai été moimême atti*a|K*. Ce n*est ikis un sujet d*étonnement que ce dernier point ; au contraire , c'en seroit un si la chose s'étoit autrement passée à mon é{;ard : ain^i vous laites très sagement de me mettre au nombre des honnêtes gens, puisque aussi bien je ne puis nier que je ne sois de celui des dupes. Cela vous esl-ii nouveau ? Et d*oii venez-vous , de vous étonner ainsi ? Savez-vous i)as bien (|ue, |)our |)eu que j'aime, je ne vois dans les défauts des personues non plus qu'une tau|M> (|ui auroit cent pieds de terre sur elle? Si vous ne vous en êtes aper^'u, vous êtes cent fois plus taïqie que moi. IX^s que j*ai un grain d*amour, je ne mancpie pas d*y mêler tout ce qu'il y a d'encens dans mon magasin; a'Ia fait le meilleur effet du monde : je dis des sottises en vers et en prose , et serois fàclié d'en avoir dit une qui ne fût pas solennelle; enfin je loue de toutes mes forces.
Homo suiii qui ex stullis iimnoi reddam.
Ce qu'il y a, c'est que Tincimstauce remet les choses en leur ordre. Ne vous étonnez donc plus ; voyez MMilement ma |)aiino<lie , mais voyez-la sans vous en sitandaliser. Pourquoi ne me rétracterois-je |)as?Tant de grands homiiu*s se sont rétradés ! Kt puis fiez-vous à nous aiities faiseurs de vers !