IX. — A M. FOUQUET
MBLATION DE I. ENTREE PE I.A REINB lUNS PARIS,
LE âU AOUT ICMMI.
Monseigneur , Connue je serai hienlôt votre n*devable^, j'ai cru que la magnificence de ces jours [lav^és
■ Vnyi*t rlHli*%Mi«. p. 577 rt 57S . In «m |MNir cl Cfiiitre inalUint'Cikilrtfl. jii\<|iirb. dAits len-ctiril «le lt»7l . ci'tU* k'Un: oni (riulnMliirtiiiii.
• V*i. Mnd'iHo'ut llf 4'. (laiiA l'iniiliiiii «irirHiulc. La Fini-
mur (ht iiiJHti'iikiiM*iii'. i|iMiii|iii' ce (ùt umi* fi*iiiiiif iiiah«*o: e'éloit ru&Jgu «k* Cf* triu|»« |iour tn friiiiiicH ipii n'tïkjiciit |ia»
* La FooUioe bit M alluaioa à rengaxenieiit qu'il «voit prii
étoit une occasion de m*acquitter , et que je ne pouvois rien faire de mieux que de vous entretenir d'une si a{;[réable matière. Je vous dirai donc que l'entrée* ne se |)assa |K)int sans moi » quej*y eus ma place, sur un échafaud s'entend, aussi Lien que beaucoup d'autres provinciaux ; et que ce monde de regardants est une des choses qui me {xirut la phjs belle en un jour si remar(|uable.
De toutes parts on y vit Lne inrruyable afflueiioc; L'entn^ , ft bien |)arkTp se flt Ani )eoi de toute la France.
Ce jour-là le soleil fut asseï iiiatincui ; Hab, pour mieux laisser voir ce pompeux équipage . U tempéra ion éclat lumineux , En quoi je tiens (|u*il fut fort sage. Car (|uand il eût eu d(*s habits Tout parsème^ de rubis, Et couverts des trésors du Pactole et du Tage, Qu'il eût paru plus Iwau qu'il n'est au plus boM jour» Le moins brillant des seipneurs de la cour Eût brillé cent fois davantage.
La four ne se mit pas seule sur le bon bout ,
Et le luxe passa jiiS(|u*à la bourgeoisie.
Charun flt de soii mieux : ce n'étoit qu'or par-tout ;
Vous n'avez vu de \otre lie
Ijie si leste infanterie; On eût (lit qu'ils sortoient tous de ehex le baigneur:
RepnSentez-vous , monseigneur.
Dix mille honuues en l>roderie.
Ce fut un liel objet que messieurs du conseil : Aussi leurs majestés s'en tinrent honorées;
de ftHimlr une pi^re île Tf n piNir chaque quartier de la pensloii qiie lui fiayoit FiNiiiuet. Le tenue devitit échoir au fvr octobre, e't*^t-^lire riiM| neuuiueN apns lV|Mii|ue i la(|uelle ceUe lettre fiit écriU'. Voili iKMirqutii iiiitrr|MN^:e dit qu'il uisit l'oocasioa de l'entrée de la rriiie piNir «'at^iulUer d'avance.
I (>>tte eiitnV te trouve niliuitieu<Hin4'nl dëcrlle dans on volume umé dt' |»laiirhe« . et puMié |»ar ordre des naghtrats de la ville de i*ari4 . Intitulé i tnttée triomfthnntt d* sa wt^ité ionis \ir, toi de Fnmrf rt dt yurartf, elc. In-faHo, 1682. ^ Voyez enctMV Frauruiii Oillrtet, youtrUr reloUon ronlencnit la ro^alh rnlrrr de IfHfê ma jf et fi dnm leur bonne ville de Pat i* , le 2li août KiGO, ln-|o. M^ roi s*arK*ta d'alionl au château de ViueeiiiMN. «tù iw vint le eiMniilinieiiter. il N'éleva, avant d'eiiln-r d>m« Fari<k. une di»|ii]i(' de |irêM*'anoe entre les nurédiaui de Kr^iiee et te^ aiiil>J«<MMleiir!( «le« |NiivuiK^e^ étraiH j gere^. 1^'« ni.irirluui , n'ayant |m« \iMiiu l'éîer, n'arciHnpagiu'renl |»a^ le ci>rtè:;e. \A"i due« et |iair> ne retirerait ausri |M>ur lu* |i.i^ niler au «*finite de Simvmiiii : il n'y eut 4|iir Im ducs «•! |UirH 1 lifi'Tii. ^>iie|i|iiis aiui«r% \i\n% tanl . le^ cIiiim*)« ne to M'nHent [Wi aiiM |kawii-e^. (>ii |N'Ut «oir le<i déUiU de celte i|iM*reUe daii^ un livre lulilidé < ui-iotit^s historiques , ou Jteeurildf pi* te» utiles à l'histoire de Franee : Aniilenlani. I7.W. in-13 . 1. 1 . p. 9e. Vo>-M auMÏ, Mir cette entrée . les Lettre4 de madame de Mainltnon .1756. in-12. 1. 1. p. Si.
ŒUVRES DIVERSES
On D'en peut trop louer le pompeux apporeO ;
Leur troupe étoit des mieux parées; Tout le monde admin leurs superbes atours, Leurs cordons d'or, leurs housses de telours.
Et leurs difTérentes lirrées.
Leur chef, ?étu de brocart d'or
Depuis les pieds jusqu'à la tétc.
Ce jour-là parut un Médor,
Et fut un des beaux de la fête.
Qui pourroit parler dignemeot
Des sceaux que portoit flèrement
La chancelière baquenée ■ , .
Qui chancela* si bien qu'en fut presque errenée? De Yonlolr peindre aussi les trois cours souyeraines *
Et leur auguste majesté , Ma muse n'y perdroit que son temps et ses peinesi C'est un sujet trop Taste et trop peu limité.
MeHieura de ville eurent en vérité Bonne part de l'honneur en cette illustre fête.
Je trouvai sor-tout bien monté
Celui qui marcboit à leur tète 4.
U n'est pas jusqu'à Rocollet
Qid ne fût sur sa bonne mine ' :
Son cheral, qui n'étoit pas laid.
Et semMoit de taille assex fine ,
Lui secouoit un peu l'échiné.
Et pensa mettre en désarroi
Ce brave serviteur du roi.
Des harangueurs et des harangues Si je m'étois trouvé plus près.
Vous auriez en vers quelques traits De ce qu'ont dit ces doctes langues * :
«On peut lire dans l'Entrée Iriompfumte, p. 23, la description de cette ha((uen(.^e , et celle de la ])arure de messirc Séguier, chancelier de France.
> A cause (pie celle haqnenée tomba. ( Note de rédition des OFuvrfs posthumrs. ) Ceci nous a(>prend la plaisanterie (lu'on fit dans le temps sur les mots chanceler et chancelier, au sujet d'un l(^ger accident que les relations officielles ont passé sous silence. Il n'est pas , an restle . (donnant ({ue cette haiiuenée ait bronché . puis<prellc étoit lourdement char^ d'un coffret de vermeil dort^ . couvert d'un voile d'or, qui renicrmoit les sceaux , et conduite en lesse par deux cordoas de soie attachés à sa bride.
' Le parlement , la cour des comptes , et la cour des aides.
4 De Sève , alors p-evôt des marchands.
^ Rocollet étoit libraire et imiiririieur du roi , et en même temps de la ville de Paris. 11 t^toit en faveur à cause de son attachement à la cause du roi pendant les ti-oubles de la Fronde. Dans VÉiut de la France pour 1G57, in- 12, p. 179 , il en est tait mention daiLs des termes qui servent d'i^claircissement à ces vers de notre |K>ête. « Pierre Ilocolictf aussi imprimeur et libraire, choisi de messieurs de la ville pour être leur imprimeur, et qui , durant ces derniers mouvements , a paru aiLssi gênt^rcux capitaine cpie bon citoyen ; pour maniue de quoi sa raaje^t('' lui n fait don el présent d'une chaîne d'or avec la médaille de sa fii^ure et pourtrait. »
6 Ceux qui harauffuêreut le roi dans celte occasion furent de Lenqlet, recteur de l'univer^ilê; de Sùve. prcvôt des marchanda; d'Aubray, lieutenant civil au Chdtelet; Pajot, premier président de la cour des rnonnoiCsS ; Lamoi;^on . premier président du parlem-^nt. Louis XIV reçut ces honuna.qes assw sur
Leurs sages propos , leon iManz dits.
Ce jour^là sur les beaux habits L'emportèrent, comme je pense.
Mais tout cela n'est rien ao prix
Des mulets de son éminence ■ ; Leur attirail doit avoir coûté clier.
Ds se soitoient en file ainsi que patenôtres : On en voyoit d'abord vingt et quatre marcher. Puis autres vingt et quatre , et puis Tingt et quatre Les bous es des premiers étoient d'asMi grand pi Les seconds les passoient , passés par les troisièm
Mais cenx-ei n'ont, à mon ans.
Rien biissé pour les quatrièmes.
Monsieur le cardnal l'entend , en bonne fbi; Car après ces mulets marchoient quinie attelages,
Puis sa maison , et puis ses pages * ,
Se panadant en bel arroi ,
Montés sur des chevaux plus sages
Que pas un d'eux , comme Je crof.
Figurez-vous que dans la France
n n'en est point de si grand prix.
Que l'un bondit , que l'antre danse ,
Et que cela n'est rien au prix
Des mulets de son éminence.
Bientôt après les seigneurs de la coor. Propres , dorés , et beaux comme des anges , Ou comme le dieu d'amour, Attirèreqt nos louanges :
J'entends le dieu d'Amour, quand il tient du dieu Et qu'il marche tout fier du pouToir de ses dards Car ces seigneurs ' , qui sont près d'une beDe Aussi doux que des moutons , Sont pires que vrais lions Quand ils ont une querelle , Ou que le bruit des canons Leur échauffe la cervelle.
En habits sous l'or tout cachés , En chevaux bien cnhamaches , Ils avoienl fait grosse dépense ; Et, quant à moi , je fus surpris
un trône ma^niifique , élevé sur une estrade constnù tréc du faul>ourg Saint-Antoine , et qui dominoit toute sons environnantes. Voyez VEntréc ti-iomphante , etc
> Us ouvroient la marche.
> Au nombre de vingt- quatre. Ils étoient suivis de i rosses \ six chevaux , acconipa;E;[iés de vingt -quatn hommes , et d'une compagnie de cent ^rdes à ch tous faisoient partie de la maison du cardinal. Le cb Grammont. Rouville, et Bellefoiids. suivoient pai cette maison. Mo:<(i:iEUB , par esprit de critique, avo traire affecté , pour lui et pour sa suite , une siniplkitt
^ Le duc de Na vailles étoll à la tête des cbevau-lép d'un justaucorps d'écarlate . et ayant des botte» . des» et d(rs plumes blanches. Le nianiuis de Vardes amiin cent -suisses ; le comte de Guiche , qui inarclioit sco I>a.?né de<|uelqnes gardes, so fit remarquer par 1*4 éblouissante de ses pierreries ; et le duc de La Feu la singularité de son accoutrenicut , i|ui consi>toit c noires et eu rubaits noirs sur de la broderie. Vovei triomphante , p. 24 ; et les Lettres de madafne dt M t. I . p. 32.
LETTRES A DIVERS
)e foirime telle abondance , ;t n'estimai plus rien au prii ^ mulets de son éminenoe.
Qcontinent on fit passer «s léfi^ions de mousquetaires *. l'est un bel endroit à tracer; sans que ie m'attire un tel nombre d'afTaires , maître n^ que trop de quoi m'embarrasser. Vous le foyex quelquefois :
i-yous que le monde ait eu beaucoup de rois , taitle aussi belle, ou de* mine aussi bonne? !8t pas mon a?is; et» lorsque je le Tois, is ?oir la grandeur elle-même en par^nne.
ome jadis le monarque des deux Dans le dal fit son entrée , a?oir puni l'orgueil audacieux Des suppôts de Briarée; en comme Apollon , des traits de son carqoob ; du fier Python percé l^norme masse « Triompha sur le Parnasse ; mme Mars entra pour la première fois tans la capitale de Thrace; je crois encor ?oir le prince qui passe; rous pou?ez choisir de ces trois4â Celui qu'il tous plaira *...
*ai-je de ces yen sortir à mon bonn|pir ? le plus en plus m'embarrasse et m'empêche ; flèTre en chaud mal me ?oici, monseigneur, Cofln tombé sur la calèche \ t qu'elle étoit riche , et sembloit d'or massif, \i qu'il s'en fait peu de pareilles; e ne la pus ?oir, tant j'étois attentif t regarder d'autres merreilles.
lerf eilles étoient de fort beaux cher eux blonds , i?e blancheur, les plus beaux yeux du monde, . ^t d'autres appas sans seconds >'une personne sans seconde.
Qu'on ne me demande jms Qui c'étoit que la persoDne En qui logeoient tant d'appas :
coiypa^e des mousquetiires étoét commandée par i/çnan , et marchait sur quatre lignes : on distingooit les ntcs compagnies par la couleur de leurs plumes . blan* Ifleues , jaunes , et noires.
•ui4 XIV étoit monté sur un beau cberal d'Espagne , cou- 'une houaae brodée en argent , pareille à Mm habit t son m étoit surmonté d'un bouquet de plumes attachées avec weigne de diamants. Ces vers manquent dans les manule Tailemant des Réaux.
I calt^che de la reine , entièrement découverte . et où elle 'ule, et placée sous un petit dais sou tenu de légères colonnes . Le duc de BoumonviUc , gouverneur de ParLi , son ier d'honneur, l'amhamadeur d'Espagne, «on m^or-
les ducs de Guise , d'Elbeuf , et d'autres grands persoo- . l'accumpagnolent à cheval. Derrière cette calèche sul- 1 carrosse, dans lequel étoient les princesses du sang, nés d'honneur et les dames d'atour.
La question teroit bonne !
l^nt d'agrément, tant de beauté, Tanf de douceur, et tant de majesté»
Tant do grâces si naturelles, Où l'on trouveroit de quoi Fafarc un million de belles.
Ne peuvent, en bonne foi.
Se trouver qu'en la merveille Sans égale et sans pareille Qui donne aux antres hi loi , Et qui dort aveo te roi.