XXVII. — A M. L'ABBÊ VERGER
A BOIS-I.B-VICOKTE'.
De Paris, Je^juiD Idlig.
C'est pitié, monsieur, (|uc de nous autres pauvres mortels. Je trouve heureuse mailame d'Het^ van ^ de ne tenir de l'humaine condition qu'aU'* lant qu'il lui plaît. Nous ne lui resseaibloiis guère en cela . et avons beau noua munir de préservatifs contre l'allaque des passions, elles nous einporteni à la preiDière occasion qui se pi-ésente, comme si nous n'avions lait résoluUoD aucune de leur résister. Voilà un commencemeiil bi<>n moral; je ne sais si la suite sera pareille.
Qu'avoit affaire M. d'Hervart de s'attirer ta visite qu'il eut dimanche? Que ne m'averlissoitil? Je lui aurais représenté la foiblessc du personnage, et lui aurais dit que son très humble serviteur éloit incapable de résister à une lille de quinze ans qui a les yeux beaux , ta peau délicate et blanche , les traits de visage d'un agrément infini, une bouche, et des regards!... Je voua en fais juge; sans parler de quelques autres menxyllcs. sur lesquelles M. d'Hervart m'obligea de jeter la vue. Que ne me dt-il la description tout entière de mademoiselle de Beaulicu^? Je serois parti avant le dîner; je ne me serois pas détourné de trois lieues coiniM je tis, ni n'aurais été comme un idiot me jeter dans Louvres, c'esl-à-dire dans un village qui
• CbilMU H lerrr ippirlnuiil 1 H, il'HerilrL
' Sur M. d'IJerriTt. myrt VilUMee di t» rii ri ^ am- \ rragtt drJtanih La timialaf lnil>ii.'ine^Uua. p. MO, aJ l« orfwr» ie ferghr. M». <le ITSO . L II, p. 119. tlB. 1" ISR.ISI,pl».V
I Jtur ee qui eoncrnie iiudanalicUede BeanltVD , ' Mrede laHttt lUnruvrngruilrJ. de LaFottahi MUlun, 1114. ln->", p, MB el «ai , >lii>4 ijoe InCTneen rergitr. nMan ,\r t7J0, 1. 1 , p. ISD. f 1 1. U . p. | el I tl-
OEUVRES DIVERSES
ii*en est âoignë que d'un quart de lieue, plus loin de Paris que n'en est Bois-Ie-Vioomte. La pluie me fit arrêter près de deux heures à Aunay. JTétois encore à chenal qu'il étoit près de dix heures. Un laquais, le seul homme que je rencontrai , m'apprit de combien j'avois quitté la vraie route s et me remit dans la voie en dépit de mademoiselle de Reaulieu , qui m'occupoit tellement que je ne songeois ni à l'heure ni au chemin. Mais oda ne servit de rien : il fallut gtter au village. Vous voyez, monsieur, que, sans la visite qu'elle nous fit, je n'aurois pas eu un gîte dont il plaise à Dieu vous préserver. J*eus beau dire l'oraison de Saint-Julien*, mademoiselle de Reaulieu fiit cause que je couchai dans un malheureux hameau . Elle m'a fait consumer trois ou quatre jours en distractions et en rêveries, dont on fait des contes par tout Paris. Vous conterez, s'il vous platt, à la compagnie l'Iliade de mes malheurs. Non que je veuille vous at-. trister ; quand je le voudrois, on ne plamt guère les gens de mon âge qui retombent dans ces erreurs.
Ha leUre tous fera rire.
Je TOiu entends déjà (flre :
Cet homme n'est-U pai fim Diw l'entreprise qnH tente?
n est pins près dn Péron Qu'il n'est dn oœnr d'Amarante.
Vous aurez raison de parler ainsi , j'en conviens.
Amarante est jeune et belle ; Je suis vieux sans être beau , Et yais pour quelque rebelle M'embarqucr tout de nouveau.
Plus je songe en mon cerveau De combien peu d'apparence Seroit pour moi l'espérance De la toucher quelque jour»
Plus je vois que c'est folie D'aimer fille si jolie , Sans être le dieu d'Amour.
Amarante et le printemps Ont un air qui se ressemble : Voici conune je prétends Que l'on les compare ensemble.
> La Fontaine avdt , par distraction , en sortant de 1 allée de Bois-le-Vioomte , contioué son chemin tout droit par une route de traverse qui , panant par Tremblay et Roissy. conduit droit à Louvres , au lieu de tourner à gauche sur la grande route qui mène à Paris.
* Le pauon des voyageurs.
Pu* des lis premièremeat J'entame oe paraDMe, Soupçonnant anconement Ceux qu'Amarante recèle.
Je suis trompé si son aein N'en est on plein magasin.
Le mal est que oe sont cbotea Pour voos et moi lettres doees.
Nous sommes simplet inortela :
n fant oflHr des antds A ces lis; nul diadème N'est digne d'en approeber, IMen moins enoor d'y toucher.
Je crois que Jupiter même , Toot Jupiter qu'il se dit.
N'en anroit pas le crédit»
Sans fbymen et son attache.
Ces endroit; délicienx Ponr nos mains et pomr nos yeui Ne sont pas fliits, que je sache.
Qne ne sois^ de ces dlenz Nommés rois en ces bas lieux !
Bientôt par moi ces deux litres , A la belle dédiés.
Se verroient mis à ses piedÉ; Et Yons, bientôt voos aorlei Le revenn de deux mitres :
L'une est Saint-Germain-des-Prés; L'antre» Saint-Denis en Franoe.
ToQà votre référence Ayant musique, où l'on ?a Plus souvent qu'à l'Opéra.
L'on n'y reçoit que les bonnes Et les bonnêtes personnes :
C'est à vous sagement fait.
Hélas! ce n'est qu'un souhait.
Votre table est renversée , Votre marmite est cassée.
Peu chanceux , et vons et moi , Nous n'avons eu de nos Ties, Moi, l'encolnre d'un roi.
Ni vous, celle, en bonne foi , D'un homme à deux abbayes.
Ponr revenir à nos lis ,
Us sont relevés de roses ;
Ceux-là tout nouveaux fleuris ,
Celles-d fraîches écloses.
Ici la comparaison
De la nouvelle saison
Cloche un peu, je vous l'aToee;
Et la beauté que je loue.
Par ces trésors éclatants ,
Fait honte à cenx dn printemps.
Comment pourrois-je décrire
Des regards si gracieux?
Il semble , à voir son soorire ,
Que l'Aurore ouvre les deox.
n faut aimer Amarante
D'une ardeur persévérante.
Adieu, Tolage* amours; Selon l'iiliiel , la concUoce :
C«lui-d, j'en ai croiince, , M'arrêtera pour toDjoun.
SI c«d|diltïla belle, Diin-ltil i|uc le« ocnl Sieun Me roDt rtsencr pour elle Eacure d'autres douceurs.
Cette Katson priiilBRiêrc Ne «era pas la derniJr* Des comitaraitm» qu'Amour Va m'itupirer i la cour De celle jeune bcroèro.
Une autre fois , je l'espère , Je ferai , uiojeDaaDt IHea , Quelquf! reine de CytIiËre, U'Auiaranle de Beaulieu.
Je n'ai pas besoin de vous exiioi-ter à prendre iachosc un peu moins iragiqucnient que ne le conijwrK' mou aventure. Il me semble même que ces vers-IÀ ne sont nullement tragiques. Vous pouvez vous moquer de mui tant qu'il vous plaii-a, je vous le permets; et, si celle jeune divinilé qui est venue troubler mon repos y trouve un sujet de se divertir, je ne lui ea saurai point mauvais gré. A quoi senent tes adorateurs, qu'à taire rire les jeunes filIcs!Si ma-' demoiselle de Gouvernel est encore à Bois-le- Vicomte, je vous conjure de lui dire, de ma part, que sa présence doit avoir fort embelli lieu auquel je ne eroyois pas qu'il se put rien ajoulei'. Vous ornerez a- discours des choses les plus f^acieuses que vous pourrez, et que vous jugerez les plus convenables à une |iersonnp que les grâces ne quittent painl. Adieu, monsieur, je suis tout ù vous.
XXVUI.
RÉPONSE DE M. LABBÉ VEltGER
A LA LETTRE PRÉCÊDESTE.
Du Boii-le-Vieoml« , juin lOM.
N'ensoyct point en pi-iiic, monsieur; le rt-cît devosmalheursn'a [Htint fiiil verser il<^ larmes: on a eu là-dessus touio la feriiieié que vous pouviei^ simbailer; et il n'est pas juu|u'â ma- <luine d'IliTvurl qui. louti' l)onoe ((u'clli^ est.