Quand je vous touche
2-4. 78-87 D'une frisson tout le cœur me fretille, Mon sang s’esmeut, & d’un penser fertile Un autre croist, tant le suget m'est doux
1. C.-à-d. : la flamme à la fois mouvante et étincelante. Cf. le tome IV, p.82, note 3.
2. Cette image vientde Pétrarque, canz. Poicheper mio, st. 1v, vers 1a 6.
3. « Avant mourir », pour avant que mourir, ou avant de mourir, est une tournure courante au xvi° siècle. V. ci-après, Elegie sur le trepas d’Ant. Chateignier, vers 54. On trouve de même « avant partir », par ex. chez Cl. Marot, Epigr. ccLxxr ; chez Ronsard encore, Hymne de la Mort :
Beaucoup ne sachans pas qu’ils sont enfans de Dieu Pleurent avant partir. .., et parmi les inscriptions gravées sur le mänoir de la Possonnière en Bas Vendomois, où naquitnotre poëte.
4: Cette bête sauvage. « Cest ce que les Latins etlesItaliens disent Fera » (Muret). Ronsard quälifie ainsi Cassandre à limitation de Pétrarque et de Bembo. Cf. le tome IV, pp. 89 et 125.
s- C.-ä-d. : en même temps, du même coup. Cf. ci-dessus, s. xLVIr, vers 8.
Ronsard, V. 9
Je tremble tout de nerfs & de genous !
Comme la cire au feu, je me distile, Sous mes souspirs : & ma force inutile Me laisse froid, sans haleine & sans pous 2.
Je semble au mort, qu’on devale en la fosse, Ou à celui qui d’une fievre grosse Perd le cerveau, dont les esprits mués Révent cela, qui plus leur est contraire.
Ainsi, mourant, je ne sçauroi tant faire, Que je ne pense en vous, qui me tués.
Morne de cors, & plus morne d’espris Je me trainoi dans une masse morte, Et sans sçavoir combien la Muse aporte D’honneur aus siens, je l’avois à mépris :
Mais aussi tôt, que de vous je mépris, Tout aussi tôt vôtre œil me fut escorte A la vertu, voire de telle sorte