Le camp armé
1. Sauf un vers, cette strophe vient d'Horace, Carm. I, xVI, 13-16 (c'est la palinodie © matre pulchra, que Ronsard avait déjà paraphrasée dans une ode de 1550 ; v. letomel, p. 252 et suiv.). — Quant au 4° vers, voici probablement sa genèse : la strophe d’Horace a évoqué le souvenir d’un passage d'Ovide, parlant de la création de l'homme par Prométhée avec de la glèbe fraiche « mixtam fluvialibus undis » ; et cet hémistiche à son tour a évoqué une réminiscence de Virgile, parlant de l’épée de Turnus, plongée par Vulcain dans l’eau du Styx, qui passait pour très froide et par suite excellente pour la trempe de l'acier : « Sty= gia candentem tinxerat unda» (En. XII, or).
2. Ces deux strophes s'inspirent de la description de l’âge d’or par Ovide, Mét. I, 89-112. Quant au mythe de la vierge Astrée abandonnant la terre, Ronsard le trouvait encore dans Ovide, à la fin de la description de l’âge de fer:
Victa jacet pietas; et virgo caede madentes Ultima Cæiestum terras Astrea reliquit.
On n’eut point emmuré les viles Pour crainte de guerres civiles, 87 Ni des étranges lesions, Ni le coutre de Pharsalie N’eut heurté tant d’os d'Italie, 90 Ni tant de vuides mourrions 2.
L’Ire cause que les batailles Jusqu'au fond razent les murailles 93 De maint palais audacieus, Et que les buissons & les herbes S’égaïent sur les tours superbes 96 Qui souloient voisiner les cieus.
L’Ire cause des Tragedies Les vois chetivement hardies 99 Des Rois tramblans sous le danger: [p.251| Et que les execrables meres Presentent les fis à leurs peres 102 Sur la table pour les manger.