l'Écosse à l’Anglois
1. L'humaniste limousin M.-A. de Muret enseignait à Paris depuis le milieu de l’année 1551. Il avait publié ses Juvenilia en décembre 1552. Maintes pièces de ce recueil témoignent des relations amicales qui s'étaient établies entre les membres de la Brigade et Muret, compatriote et parent de Dorat, notamment une ode Æ4d P,. Rousardum Gallicorum poetarum facile principem. Muret avait composé la musique d’un sonnet des Amours de Ronsard et un Commentaire pour la 2° édition de ce recueil (voir tome IV, p. 224, et ci-dessus, Introduction). De son côté Ronsard, qui, en 1552, avait nommé Muret parmi ses émules en érotologie (tome IV, p. 185), lui dédia en avril 1553 les épigrammes des Folastries traduites de l’Anthologie grecque, en mai la pièce des Jsles Fortunées,et en août l’élégie Non, Muret, non, ce n'est pas dujourd’hui. Sur ce personnage, v. Ch. Dejob, thèse fr. de Paris, 1881; Franck Delage, articles du Bulletin de la Société archéol. de Limoges, 1905, 1906 et 1910; P. de Nolhac, articles des Mélanges de l'École de Rome, 1883 ; Lettres publiées dans les Mélanges Graux, 1884 ; Ronsard et l’'Humanisme, 1921, pp. 92 et suiv., 146 et suiv.
2. Nom grec de la déesse de la guerre (en latin Bellone). — L'idée de cette pièce et plusieurs passages que j'indique ci-après viennent d’Horace, Épode xvt, Altera jam teritur, qui elle-même avait été inspirée, par Homère, Od. IV, 563 et suiv., Hésiode, Trav. et jours, 156 et suiv., Pindare, Olymp. 11, 68 et suiv.
Peuple chetif, qui ses forces hasarde
Contre soi-mesme, & qui, sot, ne prend garde Que ce grand Turc, helas, ne faudra pas
Bien tôt aprés de talonner ses pas,
Le separant, comme une ourse cruelle
De cent chameaus separe la querelle : :
Et, qui pis est, puis que les bons espris Montrés au doi, sans faveur & sans pris (Quelque present que les Muses leur donnent) Comme coquins de pauvreté frissonnent ? :
Puis que l’honneur, & puis que l'amitié,
Puis que la honte, & puis que la pitié Puis que le bien forcé de la malice, Puis que la foi, & puis que la justice Ont dédaigné ce monde vicieus 5 :
Puis que lon voit tant de foudres aus cieus En tans serain, puis que tant de cometes,
Puis que lon voit tant d’horribles planetes [p.255] Nous menacer : puis qu'au milieu de l’ær On voit si dru tant de flames voler,