à sa juste requeste
1. Chefs de la première croisade, avec Godefroy de Bouillon, dont il est question deux vers plus loin. Ronsard a nommé encore les deux premiers dans l’Hymne de Charles de Lorraine. Quant à leur frère Godefroy, dont les Guises se vantaient de descendre, Ronsard l’a plusieurs fois glorifié, notamment dans l’Ode au cardinal de Lorraine et dans V'Hymne de la Justice. Bien avant l’épopée du Tasse, il avait été, ainsi que ses frères, le héros de romans de chevalerie, plusieurs fois réimprimés dans la première moitié du xvi siécle. Voir dans la présente édition le tome I, p. 80, noter.
2. Graphie phonétique, pour signe. On trouve la graphie actuelle dans les éditions postérieures.
.3- Il vendit ces villes lorraines pour subvenir aux frais de son expédition en Terre Sainte.
De Soudars tous armés : le fer qui gemissoit
Sous le pié des chevaus, d’éfroi se herissoit. Au milieu des Soudars la sanglante Bellonne
D'un fer rouillé portraite horriblement felonne
6; Erroit avec Discorde, & d’un foet sonnant
Aloit de ses Guerriers les cœurs époinçonnant. Autour du corselet dessus les faintes plaines
De l’Ocean, vaguoient trois cens navires pleines
De Chevaliers croisés, & de la juste mort
70 Du païen Corborant rougissoit l’autre bord.
Là, vainqus s’élevoient en graveure bossée
Les grans murs d’Antioche, & ceus-là de Nicée,
Ceus de Tyr & Sidon : & là, ce GoDEFRoY
De toute la Judée étoit peint comme Roi.
75 Puis il saisit apres sa merveilleuse targe Forte, massive, dure, en rondeur aussi large Qu'est un Soleil couchant, où, du fils d’Aristor Estoient gravés les yeus en cent étoiles d’or2.