Éclat produit par la polissure à l’émeri
2. Ici commence la « harangue » de François de Guise. Jusqu'au vers 242, elle est imitée et paraphrasée, mais non « traduite » detrois chants guerriers de Tyrtée : 1° AXX HoaxAñoc..; 20 OÙr’ àv pvnoatunv…. ; 30 Tebyéuevar yàap … (éd. des Lyriques grecs, de Bergk, I, p- 397 et suiv.).
3. La légende de l’Hercule Gaulois, qui remonte à Lucien, a joui pendant tout le xvi° siècle d’une grande faveur, car elle flattait l’orgueil national. Cf. Du Bellay, Defence et Illustration (éd. Chamard, P. 341, note), et Ronsard, poème intitulé Hylas. — Quant à la légende du Troyen Francus, ancêtre des Français, Jean Lemaire l'avait recueillie
Ronsard, V. 14.
N’a detourné de nous, ni de nôtre entreprise, Ainçois plus que devant la Gaule il favorise, La Gaule il favorise, & favorisera Tant que nôtre bon Roi son gouverneur sera.
Donque ne craignés point tel peuple de Gendarmes: Mais chacun se fiant plus en Dieu qu’en ses armes, Droit opose sa pique au-devant du guerrier Qui viendra sur la bréche au conbat le premier. Châcun de vous s’arrange en ordre dans sa place, Et prodiguant sa vie, aprés sa mort la face Plus claire que le jour : vous n’êtes pas, Soudars, Ignorans de garder la bréche des ranpars, Et les murs assiegés d’une éfroiable bande :
Encor vous souvient il des murs de la Mirande, Et de ceus-là de Parme, & vous souvient aussi De ceus-là de Peronne, & ceus de Landrecit, Où, tous les ennemis qui vos forces tenterent Rien, rien qu'un deshonneur chés eus ne renporterent: Ceus qui osent sans peur en ordre s'arranger Repoussant de pié coi le Soudart étranger Porté dans le fossé, de ceus il n'en meurt guere, 124. 67-87 la Gaule favorise 131. 84-87 en bon ordre en sa place 133. 67, 84 Soldats | 71-78, 87 Soldars 136. 67-87 Encor il vous souvient 140. 78-87 Rien siron deshonneur
142. 60 par erreur du pié (éd. suiv. corr.) 141-148. 84-87 suppriment ces huit vers
des chroniques médiévales dans ses Iustrations de Gaule, livre IIT,-et Ronsard l’a exploitée d’abord dans l’Ode de la Paix, avant d'en faire le sujet de sa Franciade (v. le tome III, pp.9 et suiv.).
1. Claude I de Lorraine, père de François de Guise, avait en 1536 délivré Péronne, où le maréchal de Fleuranges était assiégé par le comte de Nassau. — Le siège de Landrecies date de 1543 : sous les murs de cette ville Charles-Quint avait massé vainement 40.000 fantassins et 13-000 cavaliers.
Mais certes Enyon la guerriere Déesse, Beaucoup plus que les vieus estime une jeunesse Qui brule de conbatre, & qui ne fait encor’ 170 A-lentour du menton que jaunir d’un peu d’or. Céte jeunesse-là mordant ses levres d’ire, Et grinçant de fureur, à soi-mémes inspire Une ame valeureuse, & s’ente dans le cœur Je ne sai quel esprit qui dedaigne la peur.
175 Céte jeunesse-là toujours brave s’essaie De se voir outre-ouvrir l'estomac d’une plaie, Conbatant la premiere, & mieus voudroit se voir Mourir de mile mors, qu'au dôs la recevoir.
Ah, quelle honte c’est quand parmi la poudriere 180 On voit quelque jeune homme occis par le derriere, Aiant le dôs beant d’ulceres aparans :
Celui vraiment honniît ses fils, & ses parens, Longue fable du peuple, et la cruelle Parque Passe son nom & lui dans une méme barque.
185 Mais celui qui premier s’oposant à l’éfort Des vaillans ennemis meurt d’une belle mort, Tenant encor au poin sa pique vangeresse :
A-lheure qu'on l’enterre, une dolente presse Chantant du trépassé la gloire & les valeurs, 190 Réchaufe le cors froid d’une tiede eau de pleurs. Certes, de tels vaillants les loüenges ne meurent,