‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaire (volume 2)Chapitre 163 sur 203 · V. ci-dessus le début des /sles fortunées · texte numérisé non relu

V. ci-dessus le début des /sles fortunées

Et les fils de leurs fils toujours loüés demeurent Comme Dieus au vulgaire, & toujours renommés Demeurent leurs tonbeaus de mile fleurs semés. Oh ! si quélqu’un de vous en conbatant evite La mort cent fois cherchée, & qu’ensemble il incite Son prochain conpagnon à choquer vivement, Ou vraiment à mourir l’arme au poin bravement, Mon-Dieu que de faveurs, mon-Dieu que d’acolades Nôtre bon Roï lui garde, & mon-Dieu que d’œillades Les Dames lui feront, convoiteuses d’avoir Celui, qui si vaillant aura fait son devoir.

Le peuple par la rüe honorera sa face, Petis & grans assis, debout lui feront place L’honorant comme un Dieu, & n’aura son pareil, Premier en la bataille, & premier au conseil.

Le couhart, au contraire, enlaidi d’une honte Ne sera rien, si-non un populaire conte, Et, peut estre, bani de son païs natif, Pour sa méchanceté vagabond & fuitif Portant ses fils au col, d’huis en huis ira querre Sa vie, mendiant en quelque étrange terre, Et de haillons vétu, & privé de bon heur N'osera plus hanter les gens dines: d'honneur, Et sa race à jamais, fût elle decorée De nobles bisaieus, sera deshonorée.

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