‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaire (volume 2)Chapitre 5 sur 203 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

pièces sensuelles et bachiques, disséminées en 1550 et 1552 parmi les pièces graves imitées de Pindare, de Pétrarque, d'Homère et de Platon. Nul doute même qu’il n’ait été goûté de tous les « païens » de la nouvelle école, entre autres Baïf et Muret, auxquels il était dédiér, Tahureau, Magny et la Péruse, qui l’imitèrent immédiatement 2, Estienne Pasquier, qui l’imita plus tard, lui aussi 3, et en a parlé avec une indulgente sympathie à la fin d’un chapitre consacré à la louange de Ronsard+; et nous avons vu plus haut l'estime qu’en faisait du Bellay. Il est certain, d’autre part, que — sauf les Dithyrambes — il ne pouvait pas déplaire aux survivants de l’école Marotique, dont les vers n'étaient pas précisément chastes et qui retrouvaient là une forme et une matière analogues aux leurs ; les deux meilleurs, Saint-Gelais et Charles Fontaine, ont pu dès lors complimenter Ronsard sur sa nouvelle manière, pour laquelle ils ont avoué leur préférence les années suivantes 5.

Mais les lecteurs austères s’'émurent, et, comme dit P. des Mireurs, les stoïciens froncèrent un sourcil menaçant é. Nous le savons encore par un pamphlet signé Jean Macer (très probablement l’imprimeur juré Jean Macé), qui, parmi les « poetastres » de l’époque, prit à partie violemment Ronsard pour « sa paillardize et son paganisme », surtout comme auteur, seul responsable, du Livret de folastries, y compris les sonnets qui le terminent 7.

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