‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaire (volume 2)Chapitre 51 sur 203 · C.-à-d. : les antres ouverts (latin reclusus · texte numérisé non relu

C.-à-d. : les antres ouverts (latin reclusus

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DE FOLASTRIES, VII 45

Ny sur les rives les Naïades :

Que feroi-je en telle saison,

Sinon, oyseux à la maison,

Ensuivant l’oracle d'Homere,

Pres du feu faire bonne chere ?

Et souvent baigner mon cerveau

Dans la liqueur d’un vin nouveau,

Qui tousjours traine pour compaigne

Ou la routie, ou la chastaigne ?

En ceste grande coupe d’or,

Verse, page, & reverse encor,

Il me plaist de noyer ma peine

Au fond de ceste tasse pleine,

Et d’étrangler avecq le vin

Mon soucy qui n’a point de fin,

Non plus que l’antraille immortelle

Que l’aigle horriblement bourrelle,

Tant les attraiz d’un oil vainqueur

Le font renaistre dans mon cœur?.

Çà page, donne ce Catulle,

Donne ce Tibulle, & Marulle3,

66. 60-84 Que l'aigle sans cesse bourrelle 65-68. 87 supprime ces quatre vers.

69. $3-60 On lit Ca page (éd. suiv. corr.) 70. 60-87 Donne moy Tibulle

1. Tout ce développement surles rigueurs de l'hiver, qui nous confinent à la maison et invitent à faire bonne chère, est imité d'Horace, Carm., I, 1x (ode à Thaliarque), et peut-être aussi de Muret, Juvenilia, <pigr.: Curandam esse hiemis tempore cuticulam... (ce recueil avait paru en décembre 1552).

2. Allusion au supplice de Prométhée, auquel Ronsard s'était déjà comparé dans ses Amours (v. le tome IV, pp. 16 et 17). Pour l’idée du vin qui guérit les peines d'amour, cf. Tibulle, If, vr, 1-8, et Properce, I, xvr, 1-10.

3: Michel Marulle, poète néo-latin d’origine byzantine, que Ronsard

Donne ma lyre, & mon archet, x Depen-la tost de ce crochet,

Viste doncq, afin que je chante,

Et que je charme, & que j’enchante Ce soing, que l’amour trop cruel Fait mon hoste perpetuel.

O pere, Ô Bacchus, je te prie Que ta sainte fureur me lie Dessoubz ton Thyrse, à celle fin,

O pere, que j’erre sans fin Par tes montaignes reculées, Et par l'horreur de tes vallées.

Ce n’est pas moy, las ! ce n’est pas

Qui dedaigne suivre tes pas?

Et couvert de lierre brére

Par la Thrace Evan 3, pourveu pere, Las ! pourveu pere, las ! pourveu Que ta flamme esteigne le feu Qu’amour, de ses rouges tenailles, Me tournasse dans les antrailles 4.

72. 53-60 par erreur Depen-là tost de se crochet (éd. suiv. corr.) 74. 55-87 Affin que par mes vers j’enchante

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