par les entrailles
a vivement goûté et imité à partir de 1552. V. l’épitaphe qu'il lui a consacrée (éd. Blanchemain, VII, p. 239) et mon Ronsard poète lyrique, pp. 168, 534 et suiv.
1. Mème invocation à Bacchus dans les élégies de Tibulle et Properce. citées plus haut. Mais ici Ronsard s’est souvenu surtout des odes d'Horace en l'honneur de ce dieu (Carm., Il, x1x, 1-8 ; IT, xxv, début et fin).
2. Mouvement imité d'Horace, Carm., I, xvur, 1. Déjà vu au tome IIT, p. 200, vers 277.
3. Pour les deux sens de ce mot, v. ci-après les Dithyrambes, note du vers 113.
4. Rapprocher cette fin de deux autres pièces de Ronsard (v: dans la présente édition les tomes II, p. 178, et II, p. 197). Elle paraît d’ailleurs
Ayant rongé mille saucisses, Mille pastez tous pleins d’espices, Ayant meint flacon rehumé, Et mengé meint brezil fumé", Hors des mains luy coula sa coupe :
Puis bégayant devers la troupe, Et d’un geste tout furieux Tournant la prunelle des yeux, Pour mieux digerer son vinage Sur le banc pancha son visage.
Ja ja commençoit à ronfler, À nariner, à renifler, Quand deux flacons cheuz contre terre, Peslemesle aveques un verre, Vindrent reveiller à demy Thenot sur le banc endormy.
Thenot donc qui demy s’eveille, Frottant son front, & son oreille, Et s’alongeant deux ou trois fois, En sursault getta ceste voix :
Il est jour, [ce] dit PAlouette, Non est non?, [ce] dit la fillette.
Ha là là là là là là là,
Je voy deca, je voy dela, Je voy mille bestes cornues,
27-28. BI. a corrigé ainsi ces deux vers trop courts : Il est jour, que dit l’alouette. Non est, non! non! dit la filletté | Ma correction, plus simple, est entre crochets
1. Morceau de bœuf salé et fumé. Pour l’idée des victuailles qui font boire, cf. Rabelais, I, 3 : « Grandgousier était bon raillard en son temps... »,et Ronsard, Bacchanales (au tome III, pp. 186 et 193):
2. Comprendre : Non, il n’est pas jour; ou bien : Non c'est non (refus catégorique à une sollicitation pressante). :
Mille marmotz dedans les nues : :
De lune sort un grand Toreau, Sur l’autre sautelle un chevreau :
L'une a les cornes d'un Satyre, Et du ventre de l’autre, tire Un Cocodrile 2 mille tours.
Je voy des villes, & des tours, J'en-voy de rouges, & de vertes, Voy-les-là, je les voy couvertes De sucres, & de poix confis. J'en-voy de mors, j'en voy de vifz3, | J'en-voy, voyez-les dong! qui semblent \ Aux blez qui soubz la bize tremblent.
4 J'avise un camp de Nains armez.
| J'en-voy qui ne sont point formez, Tronçez de cuisses, & de jambes, Et si ont les yeux comme flambes Aux creux de l’estomaq assiz.
jo J'en-voy cinquante, j’en-voy six Qui sont sans ventre, & si ont teste Efroyable d’une grand’creste.
| Voyci deux nuages tous plains | De Mores, qui n’ont point de mains 55 Ny de corps, & ont les visages Semblables à des chatz sauvages :
Les uns portent des piedz de chevre, Et les autres n’ont qu'une levre
DE FOLASTRIES, VIII 49 | À
| 37: 1623 et 1630 Un Crocodile 41. 1617 par erreur De sucre (éd. suiv. corr.) 47. 1623 Tronquez de cuisses | 1630 rélablit Troncez
1. À partir d'ici toutes les visions de l’ivrogne sont dans les diverses formes des nuages ; d'où le titre de la pièce. = 2. Forme courante alors pour crocodile (de l'italien cocowrillo). 3. Vif se prononçait vi; nos paysans disent encore chéti pour chétif. Ronsard, PV. 4