d'une congnée
1. Cela ne peut être que Bacchus, car l’épithète de Père lui est souvent donnée, et d'autre part celle de joyeux, qui lui convient, ne conviendrait nullement à Jupiter (cf. ci-après, vers 115-116).
2. C.-à-d. : en cent nues. Cf. un poème de 1565 intitulé les Nues ou Nouveiles. Ronsard faisait très probablement venir le mot nouvelles du grec vepéhat, confondant les racines veo et veF.
3. Comprendre : Je vois des hommes qui n’ont pas de tête (au sens physique), ou bien qui ont perdu la tête (au sens moral) et qui s’amas sent en foule pour lutter contre le soleil. On peut interpréter aussi : Je vois des hommes dont la cervelle a sauté et qui forment un monceau énorme de cadavres, pour avoir voulu combattre le soleil:
4. Saint Patrice ou Patrick est l’apôtre de l'Irlande (v° siècle). On appelait « purgatoire ou trou de saint Patrice » une caverne située dans la dépendance d’un monastère irlandais ; on y représentait les peines de l'Enfer. Les descriptions de ce « purgatoire » faites au xu° siècle par le chevalier Owenn et par Girault de Cambrie en établirent la réputation durant le moyen âge. Rabelais fait encore allusion au « trou de Saïinct Patrice en Hybernie » (V, 36). — Quant à l’Averne, cest l'entrée des Enfers, près de Cumes, dans la mythologie romaine (cf. Virgile, En. VI).
s- C.-à-d. : Phébé (la Lune), sœur de Phébus (le Soleil).
Et le chaôs qui les menace.
Je voy cent mille Satyreaux Ayant les ergotz de Chevreaux 10ÿ Faire peur à mille Naiades!, Je voy la dance des Dryades Parmy les foretz trepigner, Et maintenant se repeigner ; Au fond des plus tiedes valées, 110 Ores à tresses avalées, Ores gentement en un rond, Ores à flocons sur le front, Puis se baigner dans les fonteines.
Las ! ces nuës de grélle pleines 115 Me predisent que Jupiter Se veut contre moy depiter.
Bré bré bré bré, voyci le foudre, Craq craq craq, n’oyez-vous decoudre Le ventre d’un nuau ? ? j’ay veu, 120 Jay veu, craq craq, j'ay veu le feu, J'ay veu l'orage, & le Tonnerre Tout mort me brise contre terre.
À tant cet yvrongne lhenot, De peur qu’il eut, ne dit plus mot, 125 Pensant vrayment que la tempeste Luy avoit foudroyé la teste.
117. 1617 omet un des quatre bré (éd. suiv. corr.) 118. 53 On lit seulement deux craq (corrigé aux errata) 122. 1617 me briser | 1623 et 163orétablissent me brise
1. Fréquent chez Ronsard. Voir par ex. ci-après les Isles fortunées, vers 225-226 et l’ode À Ja fonteine Bélerie, vers 147 et suiv. — Sur ce passage d’un ton plus poétique, même remarque que ci-dessus, Folastries 1v (note du vers 28) et vi (note finale).
2. Un nuage. Déjà employé dans une ode de 1550 (v. le tome II, p. 46, vers ro). C’est un des termes vendômois que les adversaires de Ronsard lui reprochaient (v. le tome I, p. 57).