BI. par erreur Mille chœurs
1. On lit bien : Mille cœurs (et non pas chœurs); c'est le vrai texte, traduisant l’expression de Marulle : « mille vatum praecordia ». 2. C.-à-d. : O Dieu nourricier (alme, du latin almus); cf. le vers 269. 3. C.-à-d. : qui s’assortissent difficilement. “ 4. Ces deux strophes viennent de Marulle, op. cit. : Tibi mille vatum praecordia sortilega fremunt. Tibi ager viret almus, tu florea prata tepentibus Zephyris coloras, tu dissona semina ligas.
Tu secla mundo semper fugientii reparas Longa juventa, tu libras pondera machinae, Medioque terram suspendis in aere stabilem.
Avecq ta compaigne Themis :, Enclose des anciennes Nymfes Coriciennes ?, Et reçoy,
O Roy,
Le bouc rongevigne 3, Qui trepigne
Sur ton autel Immortel.
Iach ïach Evoé,
Evoé ïach ïach.
Vien donq, Pere, & me regarde D’un bon œil, & pren en garde Moy ton poëte Jodelle,
Et pour la gloire eternelle De ma brave tragædie Reçoy ce vœu qu’humble je te dedie +.
1. Thémis figure-t-elle ici comme douée de l'esprit prophétique (v. le tome IT, p. 146), ou comme personnification de l’ordre moral et de la justice ? J'adopte cette dernière explication, Bacchus étant considéré. comme le premier législateur.
2. C.-à-d. : escortée des Nymphes, nourrices de Bacchus, qui habitaientl’antre Corycien, sur le versant méridional du Parnasse, au-dessus de la fontaine de Castalie. Cf. Sophocle, Antigone, 1128; Euripide, Bacch., $s9 ; Apollonios, Argou. II, 711.
C’est ici que s’arrête l’imitation de l’hymne de Marulle, dont la fin que voici se retrouve dans les vers 369 à 382 de Ronsard:
Salve, benigne Lychnita, deum et pater hominum, Animoque dexter, tua mystica rite colentibus, Adsis, tuis non sine amoribus, et Themide bona, Themide Nympharum stipata Coricidum choris. :
3. Allusion à un mythe interprété de deux façons : le bouc était consacré à Bacchus, soit en récompense pour avoir montré aux dieux la force du vin après avoir mangé du raisin (cf. l’Hymne de Bacchus, éd. Blanchemain, t. V, p. 233), soit en châtiment pour avoir brouté de la vigne (cf. la blason de l’Escargot par R. Belleau).
4. À première vue, cette fin pourrait faire croire que Jodelle est l’au= teur des Dithyrambes. Mais elle signifie seulement que Jodelle, dans la bouche duquel Ronsard a placé le deuxième de ces hymnes (v: cidessus, vers 172 et suiv.), consacre à Bacchus le bouc dont il vient de parler, en reconnaissance du succès de sa tragédie de Cléopâtre.