LIVRE III, ODE XXVII
Languedoc me sert de temoin, Voire Venise, qui plus loin S’émerveilla de voir la grace De ton Paschal, qui louengeant Les Mauleons, alla vengeant L’outrage fait contre ta racer.
Lors qu’au meillieu des Peres vieus Dégorgeant le present des Dieus Par les torrens de sa harangue,
Il embla l’esprit des oians
Comme épics çà & là ploians Dessous le dous vent de sa langue :
Liant par ses mots courageus [107 re] Au col du meurtrier outrageus
Une furie vengeresse,
Qui plus que l'horreur de la mort
Encores lui ronge & lui mord
Sa consçience pecheresse 2.
» 37. 55-84 m'en sert de témoin 43. 53 Lors au milieu | 5-78 Lors qu'au meilleu (millieu ef milieu) 43-45. 84 Lors qu’au milieu des Senateurs Passant les premiers inven-
teurs D’eloquence par sa harangue
46. 55-84 Déroba l'esprit des oïans 48. So-73 un point après langue (éd. suiv. corr.) so. 55-84 meurdrier
1. Jean de Mauléon fut assassiné à Padoue, où il s'était rendu pour
étudier le droit civil.
2. Sur Paschal, v. ci-dessus Odes, I, xix. — Du Verdier dit dans sa Bibliothèque, t. III, p. 313 : « Je n’ai vu d’icelui Paschalautrechosequ'une Oraison ou Harangue en latin, parluiprononcéeau Sénat de Venise, contre les meurtriers de Jean de Mauléon; une autre des Loix, faite à Rome, lorsqu'il prit son degré en droit, et quelques Epistres latines écrites en son voyage d'Italie : le tout témoignant à la verité qu’il étoit éloquent