LIVRE IV, ODE V
Arbre qui soit couvert Tousjours de vert 1. [114 vo]
De moi puisse la terre
Engendrer un l’hierre,
M’embrassant en maint tour Tout alentour.
Et la vigne tortisse
Mon sepulcre embellisse,
Faisant de toutes pars Un ombre épars 2.
Là viendront chaque année
A ma feste ordonnée,
Les pastoureaus estans Prés habitans 3.
Puis aiant fait l'office
De leur beau sacrifice,
Parlans à l’isle ainsi 3 Diront ceci.
Que tu es renommée D’estre tumbeau nommée
34. 55-87 un lierre 42. 78-87 suppriment la virgule après ordonnée 43-44. 55-87 Avequesleurs troupeaus (87 toreaux) Les pastoureaus
1. Imité de Properce, II, xt, 18 et suiv., ainsi que les strophes 3 et 4. — Cf. Sannazar, Elegiae, 1, x, fin.
2. Cf. Anthol. gr., Epigr. fun., n° 22 (de Simmias de Thébes sur la tombe de Suphocle) et n° 23 (d'Antipater de Sidon sur la tombe d’Anacréon). — À rapprocher, pour marquer les différences, Lamartine, fin de Milly, et Musset, début de Lucie.