‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaireChapitre 31 sur 359 · tout les autres (éd. suiv, corr · texte numérisé non relu

tout les autres (éd. suiv, corr

211-214. Bl. seul a fait de ces vers une apostrophe au roi, et, tout en im-= brimant au vers 211 qui dois seul, au vers 213 qui naguere as, au Vers 214 de ta jeune vertu, a laissé au vers 212 de sa France

nommé «le fléau des Anglais » ; Anne de Montmorency, connétable de France sous le règne de Henri II ; Antoine de Bourbon-Vendôme, gouverneur de Picardie, et son frère François de Bourbon-Enghien, le vainqueur de Cerizoles ; Bayard, le chevalier « sans peur et sans reproche », tué à Romagnano en 1524 ; Jacques de Chabannes, s° de Ia Palice, maréchal de France, tué à Pavie en 1525. 1. Ces quatorze vers, de 201 à 214 (sauf la comparaison avec l’astre), s’inspirent largement, par transposition, de Virgile, Géorg. I, 167-172. Les vers 213-214 permettent de dater la composition de l'Hymne de France. Ils font allusion aux premiers faits d'armes de Henri II contre les Anglais, c.-à-d. à la prise des forts de Boulogne en août-septembre 1549 (cf. BI. V,76; VI, 216; VII, 199). À vrai dire, ce succès ne fut pas suivi de la reddition de la ville, car une forte tempête ayant détruit le camp de Henri II, il dut lever le siège avant d’avoir parfait son entrerise, et se contenter de négocier le rachat de Boulogne (Mémoires de ieilleville, 3° partie, ch. xx1). Mais ce coup d’essai n’en fut pas moins célébré comme une victoire par les poëtes courtisans, notamment par Du Bellay dans le Chant triumphal sur le Voyage de Boulongne, publié dans le Recueil de Poësie à la fin d'octobre 1549 (Chamard, op. cif., p. 223 et 224). Il est donc plus que probable que l'Hymne de France fut composé en octobre et publié en même temps que le Chant triumphal.

FANTAISIE À SA DAME 35

Heureuse en peuple, & en Princes heureuse.

Moy ton Poëte, ayant premier osé

Avoir ton loz en ryme composé 1,

Je te supply, qu’à gré te soit ma lyre :

Et si quelcun enraige d’en médire,

Soit il prisé de l’obscur populaire,

Et ses labeurs ne puissent jamais plaire

À deux ou trois, l'honneur de ta province ?,

Ny aux saincts yeux de mon grand Roy, ton Prince.

FANTAISIE À SA DAME

Il estoit nuict, & le present des cieulx, Plus doulx que miel, couloit dedans mes yeux, Lors que par l'air je me senty ravy, Et transformer en nue je me vy

217. 49-53 virgule après os (éd. suiv. corr.) 221. 54-73 du pauvre populaire 223. $4-60 À mon prelat, l'honneur | 67-73 À mon Prelat, honneur

Éprrions. — Pièce publiée à la suite de l'Hymne de France, 1549 (f° 6 v°). — Réimprimée en appendice des Quatre premiers livres des Odes, 2° éd.. 1553 ; dans le Bocage de 1554 (et la réimpr. de Rouen, 1557); dansles Œuvres, t. III (x® livre des Poëmes), 1560. — Supprimée en 1567. — Réimprimée seulement au x1x° siècle.

Blanchemain (t. VI, p: 332) ; Marty-Laveaux (t. VI, p. 360).

Titre. 53-57 Fantasie à sa dame | 60 Fantasie à sa Dame, en vers non mesurés.

r. Ces quatre vers viennent encore de Virgile, Georg: Il, 173-175.

2. Le « prélat » de la var. est le cardinal Jean du Bellay, qui fut évêque du Mans de 1546 à 1556. Couture, le village natal de Ronsard, dépendait du diocèse du Mans, et c'est pourquoi Ronsard avait été tonsuré en 1543 au Mans par l’évêque René du Bellay, frère du cardinal. En 1563, dans sa Response aux injures, il dira également « mon Prelat» en parlant de l'évêque du Mans, Charles d’Angennes (BL. VII, rx5).

3. Cette pièce me semble inspirée du Canxoniere de Pétrarque, no-

Pleine d'amour, & de perseverance, ESS

na

De loyauté, d’attente, & d’esperance : FLN Apres avoir, discourant en maint tour, FA Environné le ciel tout à l’entour, à 4 Voz yeux sur moy leurs rayons espandirent, La 10 Et comme neige au soleil me fondirent, Le

Si que d’enhault je pluvoy l’esperance, . La loyauté, & la. perseverance.

En un rocher apres il me sembla, Que tout mon corps vistement s’assembla :

15 Le ciel depit me tourmentant la teste, Ores de gresle, & ores de tempeste, ce Le vent mon doz, & la mer rudement Se courouçoit contre mon fondement, à Voulant la foy rompre & diminuer,

: 20 Que je vous veux tousjours continuer. .

Mais en pensant au tourment de ma peine, | Pour la rigueur dont vous estes tant pleine, à

; De trop pleurer en larmes distilloy, #: Et peu à peu fontaine je couloy, CES D 25 Si que par prez, & par boys, en fuyant à Dr. J'aloy tousjours murmurant & bruyant :

; Contre mes bords, vostre nom que j'adore :

Nom que je puy & le veux faire encore, Par cent papiers, des longs siecles vainqueur, | 7-8. 54-60 Après avoir, ce me sembloit, erré Par tout le ciel, d’une k nüe enserré | Le texte de Bl de la nue est fautif. j

11-12. 54-60 je pleuvoy | 60 La foy, l'amour, &la HOERNGEEE 22. 49-60 tant plaine (corr. d'aprés le $° vers)

tamment des canzones 1 et 111 de la première partie. L'idée peut aussien

avoir été suggérée à Ronsard par la canzone ur de la deuxième partie,

que CI. Marot avait traduite sous le titre de Visions de Pétrarque. La « dame » que R. chante ici et dans le sonnet suivant est vraisemblable | ment strsiee Salviati (v. ci-après, p. 189, note 1).

FANTAISIE À SA DAME

Pour estre escrit si avant en mon cœur .

Et tout ainsi que j'avoy dans ce monde Fait eternel vostre nom par mon onde, Voulant remplir tout le ciel de son loz,

La plume aux flans, l'aesle me creut au doz : Et nouveau cygne aloy par l'univers, Chantant de vous les louanges en vers,

Pour luy monstrer combien estes sacrée,

Vous seule idole à l'amour consacrée 2.

En mesme instant me fut avis aussy, Que j'estoy fleur qu’on nomme du Soucy, Qui meurt, & pend sa teste languissante, Quand el n’est plus du Soleil jouissante :

Maïs aussi tost que l’Aurore vermeille

Hors de la mer la lumiere reveille, Elle renaist, sa vie mesurant Au seul regard d’un beau Soleil durant 3.

Ainsi & l’ame & le cœur on m'arrache, Quand le Soleil de ma vie on me cache, J'enten vostre œil : puis je suis renaissant, Incontinent qu’il m'est apparoissant 4.

De ceste fleur je devin umbre vuide Du premier corps qui me servoit de guide,

34. 49 laesle me creut aut doz (éd. suiv.corr…, mais $4-60 laisle) 42. 49 el (éd. suiv. corr. par el et ell’) | éoelle par erreur. SI: 49-60 virgule après vuide | BI la place après umbre

Res

1. Pour les vers 21-30, cf. Pétrarque, canzone Ne/ dolce tempo, st. 6 vers 12 et suiv.

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