Pour les vers 31-38, cf. Pétrarque, ibid, st
3. Cf. Ovide, Mél. IV, 259-270; Jean Lemaire, Illustr. de Gaule, TX, xxv1, Ronsard a repris ce thème dans le poème du Souci, publié en 1569 (BI. VI, 111). «
4. Pourlesvers 39-50, cf. Pétrarque, canzone Si e debile, st. 3, et Ovide, Met. IV, 256-270.
3, VETS IO et suiv,
Seule en errant le vostre je suivoy
Et de vous voir, Madame, je vivoy.
Mais quand la nuict venoit le jour troubler,
Lors je sentoy mon plaisir redoubler,
Vous voyant seule en vostre chambre nue,
Montrer la jambe & la cuisse charnue,
Ce corps, ce ventre & ce sein coloré,
Ainçois ivoire en œuvre elaboré,
Où j’avisoy une & une autre pomme,
Dans ceste neige aller & venir, comme
Les ondes font se jouant à leur bord,
Quand le vent est ne tranquille ne fort 1.
D’une umbre vaine un navire j'estoy,
Et pour ma charge estrange je portoy
De Cupidon les carquois & les fleches,
Et de Venus les brandons & les meches,
Que voz beaux yeux scavent si bien darder,
A qui les vient de trop pres regarder ? :
Lors que le Ciel sur moy se depita,
Et tellement les vagues irrita,
Que sans espoir, de l'oraige brisé,
Je perissoy, si je n’eusse avisé
Parmy l’obscur de la trouble menace,
Le port heureux de vostre bonne grace 3.