‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaireChapitre 41 sur 359 · LIVRE I, ODE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, ODE III

Tu sortis de sa cervelle, L5 v] Et les Muses qui te prindrent En leurs sçiences t’apprindrent :

Mais quand le tens eut parfait . L'acroissance de ton age, Tu pensas en ton courage, De mettre à chef un grand fait .

Tes mains s’armerent alors

De l’horreur de deus grands haches :

Tes braz, tes flancs, & ton cors, Sous un double fer tu caches :

Une menassante creste

Branloit au hault de ta teste Joant sur la face horrible

D'une Meduse terrible :

Ainsi tu alas trouver

Le vilain monstre Ignorance, Qui souloit toute la France Desous son ventre couver 2.

44. 50 achef (éd. suiu. corr.) | 67-87 à fin 45-46. 67-87 Ta main prist pour son renfort L’horreur de deux grandes haches

47- 55-60 Sous un beau harnois de cors (sans virgule) | 67-73 D'un

plastron d’acier bien fort | 78-87 D’un plastron brillant & fort 48. 55-87. Tout l’estomac tu te caches so: 55-87 Flottoit au haut de ta teste S1. 53 Flotant sur la face | 55-87 Refrapant la gueule Éomble

1. Pour cette strophe, Ronsard a pu s'inspirer de Pindare, Olymp. vnr, 35 et suiv., ou de Callimaque, Hymne sur les bains de Pallas) 135% ‘2. Sur la véritable interprétation de cette allégorie, cf. Ronsard p.lyr.,

P- 19, n. 6, et surtout p. 64, n. 3. Ce monstre personnifie l’esprit rétro-”

grade du Moyen Age représenté par les suppôts de la Scolastique,

EPODE

L’ire qui la Beste offense

En vain irrita son cueur,

Pour la pousser en defense

S’opposant au bras vainqueur :

Car le fer pront à l’abatre

Ja dans son ventre est caché, [6 r°] Et ja trois fois voire quatre,

Le cueur lui a recherché .

Le Monstre gist étandu,

De son sang l'herbe se mouille :

Aus Muses tu as pandu

Pour Trophée sa depouille :

Puis versant de ta poitrine Mainte source de doctrine,

Au vrai tu nous fais connoistre

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