LIVRE I, ODE III
Tu sortis de sa cervelle, L5 v] Et les Muses qui te prindrent En leurs sçiences t’apprindrent :
Mais quand le tens eut parfait . L'acroissance de ton age, Tu pensas en ton courage, De mettre à chef un grand fait .
Tes mains s’armerent alors
De l’horreur de deus grands haches :
Tes braz, tes flancs, & ton cors, Sous un double fer tu caches :
Une menassante creste
Branloit au hault de ta teste Joant sur la face horrible
D'une Meduse terrible :
Ainsi tu alas trouver
Le vilain monstre Ignorance, Qui souloit toute la France Desous son ventre couver 2.
44. 50 achef (éd. suiu. corr.) | 67-87 à fin 45-46. 67-87 Ta main prist pour son renfort L’horreur de deux grandes haches
47- 55-60 Sous un beau harnois de cors (sans virgule) | 67-73 D'un
plastron d’acier bien fort | 78-87 D’un plastron brillant & fort 48. 55-87. Tout l’estomac tu te caches so: 55-87 Flottoit au haut de ta teste S1. 53 Flotant sur la face | 55-87 Refrapant la gueule Éomble
1. Pour cette strophe, Ronsard a pu s'inspirer de Pindare, Olymp. vnr, 35 et suiv., ou de Callimaque, Hymne sur les bains de Pallas) 135% ‘2. Sur la véritable interprétation de cette allégorie, cf. Ronsard p.lyr.,
P- 19, n. 6, et surtout p. 64, n. 3. Ce monstre personnifie l’esprit rétro-”
grade du Moyen Age représenté par les suppôts de la Scolastique,
EPODE
L’ire qui la Beste offense
En vain irrita son cueur,
Pour la pousser en defense
S’opposant au bras vainqueur :
Car le fer pront à l’abatre
Ja dans son ventre est caché, [6 r°] Et ja trois fois voire quatre,
Le cueur lui a recherché .
Le Monstre gist étandu,
De son sang l'herbe se mouille :
Aus Muses tu as pandu
Pour Trophée sa depouille :
Puis versant de ta poitrine Mainte source de doctrine,
Au vrai tu nous fais connoistre