XXXVIII ODES DE RONSARD
constater de visu, grâce à une obligeante communication de M. Abel Lefranc, que la plaquette de huit feuillets qui porte le titre d'Hymne de France, avec la firme de l’imprimeur Michel Vascosan et le millésime M. D. XLIX, contenait, outre cethymne, au verso du sixième feuillet la Fantaisie à sa Dame, et au recto du huitième feuillet le Sonnet à elle-mesme : deux pièces très visiblement inspirées de Pétrarque, la dernière même paraphrasée d’un sonnet du poète florentin, — et adressées, sans aucun doute pour moi, à celle que Ronsard chanta sur le mode catullien dans ses Odes de 1550 et sur le mode pétrarquesque dans les Amours de
1552-1553, à Cassandre Salviati, mariée depuis la fin de 1546 à.
Jean de Peigné, seigneur de Pray en Vendômois.
Par Premières Poësies j'entends les premières qui aient été publiées ; car aux divers moments où Ronsard les fit imprimer, il en avait dans son portefeuille beaucoup d’autres manuscrites, qu'il ne pouvait pas se décider à publier, malgré les instances réitérées de ses amis : les plus anciennes remontaient à l’époque où CI. Marot « se travailloit à la poursuite de son Psautier », c’est-à-dire à l’année 1542, et avaient passé dès le mois de mars 1543 sous les yeux de J. Peletier, alors secrétaire de l’évêque du Mans, René du Bellay. On trouvera ces plus anciennes poésies à la fin dutome Il, dans la section intitulée le Bocage, où Ronsard les a lui-même reléouées en 1550 « sous autre nom que d’odes », parce qu’elles étaient irrégulières au point de vue rythmique, et par suite « impropres à la lyre ». A cet épard, elles étaient inférieures aux Pseaumes de CI. Marot, qui étaient régulièrement « mesurés » en vue de la musique et du chant, et qui avaient tout de l’ode, sauf le nom. C'est ce que Peletier a voulu dire en un passage de son Art poétique parfois mal interprété : aprèsavoir témoigné que Ronsard « ancor an grand’jeunéce » lui montra au Mans quelques odes horatiennes de sa façon, mais que « de ce tans là il ne les fit pas mesurées à la Lire, comme il a bien su
1 fére depuis », il ajoute avec une clairvoyance libérale qui lho-
1 nore : « Céte nouveautè se trouva rude au premier : e quasi ni | avoét que le nom invantè : mes quant à la chose, si nous regar- : dons les Seaumes de Clemant Marot, ce sont vrées Odes, sinon