‹ Œuvres complètes, avec notes et commentairesChapitre 1 sur 46 · PRÉFACE DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

PRÉFACE DES ÉDITEURS

la verve admirable et la capricieuse malice de ce poème original , comme ayant bien voulu se charger d'accomplir celte grande tâche, c'en est assez, sans doute, pour justifier notre assertion. Toutefois le mérite de la traduction ne recommande pas seul notre édition , et nous avons fait tous nos efforts pour qu'elle fût ausà correcte et aussi soigneusement imprimée que possible. Ajoutons qu'elle est aussi la plus complète , puisqu'elle doit contenir , outre les pièces inédites promises par MM. Galignani ' , les Mémoires de Lord Byron , confiés par l'illustre auteur à son ami Thomas Moore , et dont la publication a déjà rempli en partie l'attente générale *.

Ce n'est pas sans de mûres réflexions que nous avons adopté pour notre édition l'ordre dans lequel sont placés les divers ouvrées de Byron , et si nous avons commencé par le Don Juan, c'est que ce poème nous a paru le mieux fait pour donner une idée complète du prodigieux génie de son auteur. Scènes pathétiques et bouffonnes,, détails grotesques, réQexions morales, caractères passionnés, crit^ues piquantes et tableaux satiriques , tout se réunit dans ce potee extraordiqaire, pour en faire un sujet continuel d'étude eit de surprise.

^rès ôe que pous avons dit, il serait superflu de faire ici l'éloge des nombreuses productions d'un poète dont le nom est inscrit parmi les plus grands noms. Cette

> mm;. Qalii^qani , «diteurs çtlèbrcs par leur belle coUectîon de» poètes modernes de la Grande-Bretagne , préparent une édition originale des œuvres du poète anglais : c'est dans cette édition que doivent entrer les pièces inédites dont il est ici question.

> Deux volumcs^ feulement ont paru ; les deux autres sont attendus incessamment.

PRÉFACE DK» ÉDITEUHS. iîj

lâche, d'aiUeur$9 est réservée au jeune écrivain qui s'est plu à tracer Thistoire d'une vie aussi glorieuse qu'elle fut de courte durée. Usant avec délicatesse et talent du droit d'une saine critique, il a su distinguer, dans de ju^ dicieux commentaires , les véritables beautés des défauts qui parfois déparent son modèle, et souvent il a rétabli avec bonheur certains passages qui, avant lui, n'avaient été qu'impar&itçment compris.

Terminons par dire que lord Byron, si dédaigneux des honneurs 3 est peut-être le seul grand poète qui n'ait pas cru, du moins en apparence, à son immortalité. Sans doute son incrédulité ne fut pas, dans cette circonstance, d'accord avec son amour-propre. Que de poésie et quel sentiment d'ironie raffinée renferment ces deux strophes si belles dans l'original, et qui , dans l'heureuse version de M. Paris , n'ont presque rien perdu de leur beauté. — Citons-les comme un spécimen de son talent comme écri^ vain et de sa fidélité comme traducteur.

318, A quoi se réduit la gloire? à tenir une certaine place sur un léger papier. Quelques gens la comparent à raction de gravir une hauteur dont le sommet , comme celui de toutes les montagnes , s'évanouit en vapeur. C'est pour elle que les hommes écrivent, parlent, déclament, que les héros massacrent , que les poètes consument ce qu'ils appellent leur « lampe nocturne. » C'est afin d'obtenir, quand ils seront poussière , un nom , un misérable portrait , un buste pire encore.

?► ig. Quel est l'espoir des mortels ? Un ancien roi d'Egypte, Chéops, érigea la première et la plus

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