DESCRIPTION DE LA CORNE D'ABONDANCE
Présenta à une Mommerie
Achelois cest amoureux fleuve.
Se faisant taureau mugissant, Contre Hercule au combat se treuve, Mais à son dam il fît cspreuve De Tennemi le plus puissant.
De cornes sa teste embellie
De Tune eut le front desarmé :
Les Naiades Tont recueillie, Et des plus beaux thresors remplie, Dont le cours de Tan soit semé.
Là sont les merveillettes roses.
Des lys la royale blancheur, Là les œillets, là sont encloses Mille marguerites decloses A la matinale frescheur.
Là est la pomme colorée,
Là est le citron verdissant, Là Tolive tant honorée, Là l'orange jaune dorée.
Là le beau grenat rougissant.
La riche pomme enluminée
Près de la plus belle des trois.
De ce cor soit exterminée.
Trop dure fut sa destinée, Qpi fut la mort de tant de Rois.
Celles par qui la Cyprienne D*Atalante tarda le cours, Soyent dedans cette corne mienne.
Et face amour qu'il m'en advienne Contre vous semblable secours.
Ces fleurs je voue à la plus belle,
Mon œil la voit, mon cœur la sent :
Mais je ne diray le nom d'elle.
Chacune se peut juger telle, Puisqu'à trente j'en fais présent.
De mille autres ici cachées
Les champs de Cypre sont fournis :
Pour vous y furent arrachées Celles qui sont du sang tachées D*Hyacinth*, Narcisse, Adonis.
Venus qui cognoist vos mérites, En son verger le fist cueillir Par les mains de ces trois Carites :
Ses faveurs ne sont pas petites, Veuillez en gré les recueillir.
La riche corne florissante
Je la compare à vos valeurs :
La fleur des ans est périssante Et puis la saison ravissante , Pallist les vermeilles couleurs.
Les fruicts qui les beautez nourrissent, Ne laissez en Tarbre seicher.
Cueillir les faut quand ils meurissent.
Aussi sans meurir ils flétrissent S 'on les veut trop verts arracher.