‹ Œuvres complètes: Avec un commentaire historique et critique, Volume 1Chapitre 56 sur 78 · DU JOUR DES BACCHANALES I9I · texte numérisé non relu

DU JOUR DES BACCHANALES I9I

Les fiers tygres souspirent

Sous le joug odieux

Et tous paisibles tirent

Son char victorieux.

Maint Satyre lascif

Riant soustient à peine

Sur un asne tardif

Le chancelant Silène.

Triomphe à la bonne heure.

Dieu, dont fut le butin

Ce peuple qui demeure

Le plus près du matin.

Mon ame esprise au feu

De ta liqueur tant bonne,

Ce poétique vœu

Te consacre et ordonne.

Je te salue Père,

Qui tout souci défens,

Sous ton règne prospère

Fay vivre tes enfans.

Celuy, qui sceut les bois

Et les rochers attraire.

Qui fis les trois abbois

Tous esbahis se taire,

Sceut au pris de sa teste.

Combien est périlleux

Blasmer la saincte (este,

De ton nom merveilleux.

Sans jarrets se trouva

Le brave Roy de Thrace,

Et ta force csprouva

L'Echionnée race :

Bien que tu semblés estre

Au ris, banquets et jeux

Plus idoine, qu*adextre

Aux combats outrageux :

Rhete, cest inhumain.

D'une horrible mâchoire

Renversé par ta main

Fut tesmoin de ta gloire,

Quand les fils de la Terre

Osèrent s'avancer

Pour au ciel faire guerre.

Et ton père offencer.

Sans toy n*ard qu'à demi La furieuse flamme De Venus, ô Tami Et du corps et de l'ame l Doncq' à force de boire, Noyé ou brusle au dedans La fascheuse mémoire De mes soucis mordans.

Ami, ceste rigueur

Au vieil Caton délaisse :

Mais où est la vigueur De ta verde vieillesse ?

Le soin de ton aflaire Que n'est-il endormi ?

Quelquefois il faut faire Le fol pour son ami.

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