LOUANGE DE LA FRANCE ET DU ROY TRÈS CHRESTIEN HENRI II
Venez, ô mes douces Charités,
A Tombre des grands lis dorez, Charités, qui tant honorez, La perle de nos Marguerites.
Et de ces deux naïves fleurs Mariant les riches couleurs.
Tissons des guirlandes nouvelles Pour nos images couronner, Et leurs autels environner De nos parures les plus belles.
Et toy, mon Prince, que j'adore Pour mon seul terrestre Soleil, De peur que Tastre, ton pareil.
Ces belles fleurs ne décolore.
Peins dessus elles ton beau nom.
Et consacre leur sainct renom :
A fin que dévot je le sonne D'une perpétuelle voix, Qjai sans toy n'ose à si grands Rois Présenter si digne couronne.
En vain tout autre s'efforce De m'y vouloir inciter.
Si de toy, pour m'exciter.
Ne vient le cœur et la force :
Toy seul ouvrier tu me peux Parnasse comme tu veux.
Ta seule faveur me donne Plume, langue, entendement, Qui fait que si hautement ' J'escry, je parle et raisonne.