‹ Œuvres complètes: Avec un commentaire historique et critique, Volume 1Chapitre 71 sur 78 · DE L'OLIVE ET QUELQUES AUTRES ŒUVRES POÉTIQUES · texte numérisé non relu

DE L'OLIVE ET QUELQUES AUTRES ŒUVRES POÉTIQUES

'olive parut au printemps de Tannée 1549, quelques semaines après la Deffence, et non en 1550, comme l'avait cru d'abord Sainte- Beuve et comme le croient encore les historiographes mal avertis (i) qui s'en rapportent aveuglément aux premières éditions du Tableau de la poésie française au XVI^ siècle (2). Ce recueil, signé des mêmes initiales (I. D. B. A.) que la Deffence^ profita de tout le bruit qu'avait fait le manifeste de Joachim. Les disciples de Técole de Marot virent dans ce premier essai poétique de Técole de Dorât l'application des doctrines enseignées au collège Coqueret. Adversaires et amis furent unanimes à reconnaître la nou-

(1) Notamment M. Roger Peyre, auteur d*une assez bonne notice parue récemment sur Marguerite de France (i voL in-80, chez Emile Paul, 1902).

(2) Sainte-Beuve avait confondu la première édition de VOHve avec la seconde, qui parut, en effet, en 1550. S*il avait eu entre les mains, en 1828, l'édition />rî«ceps de VOlive que lui offrit, en 1850, Edouard Turquety et que possède aujourd'hui M. Reinhold Dezeimeris, il n*aurait eu aucun cloute sur la date de Tapparition de ce recueil, puisque Jean-Pierre de Mesmes. à qui avait appartenu en premier lieu ce précieux exemplaire, y a apposé sa signature datée de 1 549, et sa devise. Jean- Pierre de Mesmes y a mis aussi quelques notes dont deux au moins sont curieuses par leur date de 1549. L'une se rapporte à cette phrase du chap. viii (Livre I de

veauté rythmique de l'œuvre. C'était effectivement la première fois qu'un poète français publiait, à l'instar de Pétrarque, toute une suite de sonnets inspirés par le même sentiment et se rapportant à la même personne. Cependant Joachim, en publiant YOlivs, n'avait pas eu Tintention de joindre l'exemple au précepte. Ainsi qu'il le déclare lui-même dans la préface de la première édition, quand il écrivait ces petits ouvrages poétiques, il ne pensait à rien moins qu'à les exposer en lumière, et j'incline à croire qu'il était encore sur les bancs de Técole de droit de Poitiers, lorsqu'il composa ses premiers sonnets. Il est remarquable, en effet, que sur les cinquante sonnets dont se compose la première édition de V Olive il y en a une vingtaine qui sont imités ou traduits des sonnets pétrarquistes, d'un recueil italien édité à Venise chez Giolito di Ferrari, en 1546, tandis que les mieux venus des soixante-cinq autres sonnets que Joachim publia dans la seconde édition de YOlive sont empruntés au recueil italien paru chez le même éditeur en 1550 (i). — D'autre part nous savons que les Œuvres poétiques de Jacques Peletier, du Mans, parurent en 1547, qu'elles contenaient quinze sonnets dont douze empruntés à Pétrarque, que c'est à l'instigation de Peletier que Joachim choisit le sonnet et l'ode, et que le volume de Peletier, où, par une rencontre singulière, Joachim et Ronsard firent leurs premières armes, était dédié à la princesse Marguerite, sœur unique du roi. J'appelle tout particulièrement l'attention du lecteur sur ce dernier point, parce qu'on y pourrait bien trouver le mot de Ténigme qui depuis trois cents ans intrigue les biographes du chantre de

la Deffenu) : « Non immités à pié levé comme naguères a dict quelqu'un ». De Mesmes a souligné la phrase et écrit en marge : « [ce] cy reprent [s] ybilet ». Le relieur de Turquety a coupé une partie de Tannotation, que j'ai restituée entre crochets. L'autre note se rapporte au sonnet XV de VOlive (i»^ éd.). Les rimes avoué y louéy appuyé^ essuyé, ont été soulignées par de Mesmes, probablement à cause de leur insuffisance. De Mesmes était un rigide pétrarquiste ; il avait mis en marge une note dont il ne reste que ceci : « Jô plz. » (non placet ?). (i) Cf. les Sources italiennes de « VOlive », par Joseph Vianey.

YOlive. Je veux parler de la femme que Joachim a célébrée sous ce nom. Une ancienne tradition prétend qu'elle appartenait à Tillustre famille de Viole, d'où par anagramme du Bellay aurait fait Olive. Moi-même j'ai cru longtemps à cette tradition. Aujourd'hui je suis persuadé que ce n'est qu'une légende et, au risque de répéter ce que j'ai dit ailleurs (i), je soutiens que la Dame de Joachim ne fut autre que la princesse Marguerite, sœur unique du roi Henri II, à qui Peleiier dédia ses Œuvres poétiques.

Examinons les textes et pressons-les autant que nous le pourrons. Je remarque d'abord que dans le dernier distique de l'épigramme placée en tête de Y Olive j Dorât, comparant Tolive de Joachim au laurier de Pétrarque, s'exprime ainsi :

Phoébûs amat îaurum^ glaucam sua Palîas oHvam lîîe suum votent, nec minus ista suum.

Or, tout le monde sait que les poètes du temps voyaient dans la princesse Marguerite la Pallas de la Renaissance et qu'elle avait pour armes parlantes une branche d'olivier avec cette devise : rerum sapientia custos. Je remarque aussi que dans la préface de la première édition de YOlive, Joachim dit en toutes lettres que lorsqu'il écrivait ces'petits ouvrages, il lui suffisait qu'ils fussent agréables à celle qui lui avait donné la hardiesse de s'essayer en ce genre d'écrire, « à son avis encore aussi peu usité entre les Français, comme elle est excellente sur toutes ^ voyre quasi une déesse entre les jemmes. » Quelle pouvait bien être cette déesse ? Je n'en vois qu'une, c'est celle à qui Joachim dédia la seconde édition de YOlive et son Recueil de poésie^ autrement dit Madame Marguerite. Qu'on relise plutôt ce passage de l'épître à Jean de Morel publiée par Joachim devant sa traduction du quatrième livre de Y Enéide de Virgile : « Et quand la conscience de mon peu de mérite m'aurait du tout retranché

(i) Revue de la Renaissance, t. I, p. 239.

Tespérance d'un si grand bien, n'est-ce, cher amy, que pour le droit de notre amitié je prendray cette hardiesse de me glorifier (en ton endroit seulement) d'avoir quelquefois par la lecture de mes escrits donné plaisir aux yeux clairvoyants de celle tant rare perle et royale fleur des princesses, l'unique (i) Marguerite de notre aage : au divin esprit de laquelle est par moy dès longtemps consacré tout ce qui pourra jamais sortir de mon industrie. »

Que si maintenant nous parcourons les sonnets dont se compose VOlive, nous voyons que tous les talents, que toutes les qualités prêtés par le poète à sa Dame se rapportent merveilleusement à Marguerite de France. Elle n'a pas seulement tous les attraits de corps, elle a en plus tous les charmes de Tesprit. Elle est lettrée^ elle est savante, elle danse, elle balle, elle chante et enchante tous les soucis ; sa pensée est aussi haute que son style est doux et grave. . . Il n'est pas jusqu'au voile blanc (mouchoir) brodé d'une branche d'olivier que sa Dame lui abandonna un jour, qui ne trahisse cette gracieuse princesse. Non que je prenne au pied de la lettre le sonnet 72 où il est question de ce voile blanc. Joachim a très bien pu inventer ce détail comme il en a inventé d'autres, pour donner l'apparence de la réalité à un amour qui sentait un peu trop la fiction. Cependant, comme ce sonnet ne figure pas dans la première édition de VOlivCy il est permis de supposer, quand on connaît les mœurs galantes qui régnaient alors à la G)ur et aussi les manières libres et engageantes de la princesse Marguerite, il est permis de supposer que ce fut pour marquer à Joachim

(i) Le surnom d'unique lui avait été donné non seulement parce qu'elle était la sœur unique du roi Henri II, mais encore parce qu'on croyait — d'après une erreur répandue par Pline (livre IX, chap. xxxv), — que les perles ne se trouvaient qu'une à une. C'est ainsi que Mellin de Saint-Gelays a dit, parlant de cette princesse :

Le beau rivage où mon surnom j*ay pris

Ne produit point de perles de tel prix

Qpe vous^ unique et claire Marguerite.

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le plaisir qu'elle avait pris à la lecture de ses premières poésies, que cette princesse lui donna un jour le mouchoir brodé à ses armes. Alain Chartier, qui était fort laid, dit Thistoire, et ne faisait pas mieux les vers que lui, n'avait-il pas reçu, pendant qu'il dormait, un baiser de la fille d'un roi? Il faut bien d^ailleurs que Marguerite de France ait accordé à Joachim quelque privante de ce genre, pour qu'il lui ait voué le culte touchant que l'on sait. Qu'il ait appris à Thonorer, comme je le crois, sur les bords du Clain, en entendant Jacques Peletier faire son éloge ; que plus tard, au collège Coqueret, dans le commerce de Jean de Morel et de l'Hospital, la vénération qu'il avait pour elle se soit changée peu à peu en amour, c'est un fait que, de 1549 à 1560, de son entrée dans la carrière des lettres à la fin de sa vie qui fut si courte, si remplie et si triste, il eut toujours son nom sur les lèvres et qu'elle fut, comme il le disait dans la préface de VOlive^ son Laurier, sa Muse, et son Apollon. Il pensait à elle jusque dans les bras de Faustine(i), et lorsque la princesse quitta la France pour aller habiter la Savoie avec le duc Emmanuel-Philibert, son mari, il versa « les plus vraies

(i) En tout cas il lui a dédié les vers latins dans lesquels il a célébré ses amours avec la belle Romaine, et le sonnet suivant qu'il composa à son retour d'Italie nous fait mieux comprendre le chagrin qu'il ressentit de sa perte :

Qpand cette belle fleur premièrement je vis Q}x\ notre âge de fer de ses vertus redore, Bien que sa grand valeur je ne cognensse encore, Si fus-je en la voyant de merveille ravi.

Depuis ayant le cours de fortune suivi

Où le Tybre tortu de jaune se colore,

Et voyant ces grands dieux que l'ignorance adore

Ignorants, vicieux et méchants à Tenvi,

Alors, Forget, alors cette erreur ancienne

Qui n*avait bien connu ta princesse et la mienne

La venant à revoir me dessilla les yeux.

Alors, je m*aperceu qu'ignorant son mérite l'avais, sans la connaître, admiré Marguerite, Comme, sans les connaître, on admire les cieux.

larmes qu'il eût pleuré jamais ». « Le partcment de ma dite Dame, écrivait-il à Jean de Morel, m'a tellement étonné et fait perdre le cœur, que je me suis délibéré de jamais plus ne retenter la fortune, mais abdere me in secessum aliquem avec cette brave devise pour toute consolation : spes et fortuna valete. »

Je suis donc absolument convaincu que la muse de Joachim, son premier et dernier amour, sa Dame unique, fut Marguerite de France, et que le titre d'Olive^ au lieu d'être Tanagramme de Viole, comme la tradition nous l'enseigne, fut tout simplement tiré de lolivier héraldique de cette princesse.

Ce qui achève de me convaincre sur ce point, c'est le ton même de l'ensemble du livre. Non seulement il diffère du tout au tout de celui de Faustine, qui, elle, fut une maîtresse pour de bon, mais on dirait que Joachim, par respect pour la Dame de ses pensées, s'efforce de rester chaste. Cela est très net, par exemple, comme me l'écrivait M. Vianey, après avoir lu mon article sur la Dame qui fut Olive^ « dans le sonnet 33, imité du sonnet 10 de l'Arioste ; celui-ci est extrêmement libre ; chez du Bellay il n'est plus question que de baisers ». Et M. Vianey, qui avait longtemps cru qu'Olive n'avait jamais existé, concluait de ce rapprochement qu'elle avait probablement vécu et que « c'était quelque grande dame dont le poète voulait ménager l'honneur, en ne donnant pas à sa passion (purement poétique, cela s'entend) un caractère trop voluptueux ». — « Votre hypothèse, me disait- il, à laquelle je n'avais point songé, me paraît très séduisante et me semble apporter l'explication que je cherchais. » Je pourrais citer d'autres témoignages de ce genre à l'appui de ma thèse, mais à quoi bon ? je me reprocherais pourtant de ne pas déclarer ici que M. Louis Clément, pressenti par moi quand j'hésitais, m'encouragea tout de suite à la soutenir hardiment (i).

(i) « Sur rattribution de VOUve, m'écrivait-il au mois de mai 1901 , n'auriez-vous pas mis le doigt sur la vraie solution, et TOlive de du Bellay ne serait-elle pas

DB l'olive ^225:

Cela dit, passons à la critique littéraire du livre. Il vaut moins par le fond, qui est assez pauvre, en dépit de l'élévation ordinaire de la pensée et de Tidéalisme platonicien qui y règne, que par la forme, qui était vraiment neuve en 1549. Encore laissait-elle quelque peu à désirer. Je suis de ceux par exemple qui regrettent que, ayant eu à choisir, dans le recueil poétique de Jacques Peletier du Mans, entre le sonnet à rimes libres dont Peletier s*est servi pour traduire Pétrarque et le sonnet de coupe régulière qu'il a dédié au cardinal du Bellay et où nous voyons pour la première fois dans ce genre de poème s'entrecroiser du commencement à la fin les rimei masculines et féminines, Joachim ait choisi le sonnet à rimes libres qui est peut-être plus souple et plus aisé mais beaucoup moins harmonieux. Car il n'y a pas à en douter une minute, c'est le recueil de Peletier qui fournit ses modèles à Joachim. Il y trouva non seulement les deux sortes de poèmes dont se compose le livre, à savoir le sonnet et Tode horatienne, mais encore il y apprit à imiter les Italiens par les sonnets traduits de Pétrarque et les Anciens par les passages empruntés à Homère, Virgile et Horace. Qu'on lise les deux stances de Peletier à un poète qui n'écrivait qu'en latin et qu'on me dise si Joachim ne les a pas en quelque sorte paraphrasées dans son ode à la princesse Marguerite D'écrire en sa langue, et si la Deffence n'est pas en partie

cette princesse Marguerite qui semble avoir été sa protectrice et sa Muse ? A votre place, je serais plus afErmatif ; je pense qu'en relisant de près les textes français et latins, les preuves ne vous manqueraient pas pour confirmer cette découverte, qui a son intérêt. »

224 NOTES ET COMMENTAIXE

sortie de là(i) ! Il n'est pas jasqa'à la distribution de VOlivt qui ne fasse songer aux Œuvres poétiques de Jacques Peletier(2). Mais là s*arrête la comparaison. Il y a, en eflFet, entre le recueil de Pcletier et VOlive la disunce qui sépare le versificateur du poète, l'ouvrier de Tartiste. Artiste et poète, du Bellay fut les deux à la fois, chose assez rare. Il se révéla artiste et grand artiste dans la façon même dont il pilla — je prends le mot dans le sens de butiner — les poètes italiens de Técole de Pétrarque. Il se révéla poète dans le sentiment inné qu'il avait du beau, dans le tour de son esprit^ dans ses coups d'aile généralement inattendus et jusque dans sts négligences. Sainte-Beuve, utilisant une remarque judicieuse de M. Reinhold Dezeimeris, le rapprochait un jour de Lamartine, qui semblait s'être souvenu du sonnet de l'Idée dans la pièce de Ylsokment. J'ai déjà dit ce que je pensais de ce rapprochement dans le Commentaire de la Deffence. Ce qui leur donne à tous les deux cet air de parenté, c'est que chez eux la poésie ne sent jamais le métier : elle coule de source ; ils chantent naturellement comme l'oiseau et comme lui se répètent sans y prendre garde. Ce sont des improvisateurs

(i) Voici ces deux stances :

J'escri en langae maternelle Et tasche à la mettre en valeur ; Aifin de la rendre éternelle.

Comme les vieux on fait la leur ; Et soutien que c'est grand malheur Ojne son propre bien mespriser Pour l'autruy tant favoriser.

Si les grecs sont si fort fameux, Si les latins sont aussi telz, Pourquoy ne faisons-nous comme eux Pour estre comme eux immortelz ?

Toi qui si fort exercé t'es, Et qui en Latin escrit unt, Qu*es-tu sinon qu'un imiunt ?

(a) Les sonnets de Peletier, traduits de Pétrarque et les morceaux traduits d*Homère, d'Horace et de Virgile, étaient, en effet, suivis de ^^ers lyriques, de rinvenlion de l'auteur, dédiés à Marguerite.

merveilleux pour qui la poésie n'est qu'un agréable passe-temps. Se rappeler ce qu'en disait Lamartine quelques années après les Midi^ talions et ce qu'en pensait Joachim dans la préface de la deuxième édition de V Olive : « J'aime la poésie et me retient souvent la muse (comme dit quelqu'un) furtivement en son œuvre; mais je n'y suis point tant aflfecté, que facilement je ne m'en retire, si la fortune me veut présenter quelque chose ou avec plus grand fruict je puisse occuper mon esprit... »

Qji'importe après cela que du Bellay ait emprunté des comparaisons, des images à tel poète pétrarquiste, plus ou moins obscur^ que par endroit il ait moulé ses vers sur les vers de ses modèles, reproduit le mouvement de leurs phrases, construit ses pièces sur les mêmes rimes qu'eux ; que dans quelques-uns de ses plus beaux sonnets il y ait un quatrain de celui-ci, un tercet de celui-là et qu'il se soit borné à fondre le tout ensemble ou à trouver le mot de la fin? Est-ce que lui-même s'en est caché? N'a-t-il pas dit quelque part, à propos de l'imitation des Anciens : « Qui voudroit à ceste ballance examiner les escripts des anciens Romains et des modernes Italiens, leur arrachant toutes ces belles plumes empruntées, dont ils volent si hautement : ils seroyent en hazard d'estre accoutrés en corneille horatienne. » Et encore : « Combien voit-on entre les Latins imitateurs des Grecs, entre les modernes Italiens imitateurs des Latins, de commencemens et de fins de vers, de couleurs et figures poétiques quasi semblables ! (i) » Joachim avait raison, et pour donner une idée de ses adaptations les plus littérales, je ne saurais mieux faire que de rapprocher le sonnet 113, où Sainte-Beuve avait vu comme un accent, précurseur des Méditations de Lamartine, du sonnet de Bemardino Daniello qui Ta visiblement inspiré.

(i) Préface de la deuxième édition de V Olive.

XOTES rr COMJaXTAIKE

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