‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 104 sur 602 · Fleurs de nenuphar et violles, de chacune · texte numérisé non relu

Fleurs de nenuphar et violles, de chacune

deux drachmes :

Vne drachme et demie de fleurs de chamomille et de melilot :

Vne drachme etdemie de graine d’ozeille, de pourpié et de iaictues :

Deux scrupules de graine de pauot blanc et de psyllium :

Fleurs de roses de Prouins 3. drachmes.

Qu'on mesle le tout en poudre pour enfermer en vn sachet de tafetas de iuste grandeur bien piqué, à mettre sur le front et sur les temples, aprés qu’on l’aura arrousé du costé qu’il deit toucher la chair d’eaux de pourpié, de laictues, d’ozeïlle , de violles, de nenuphar, de morelles et autres semblables, le liant fermement, à fin d’empescher d'autant plus les fumées de monter au cerueau.

D'autres prennent :

Fueilles seichées de marjolaine, de sauge, de melisse, et de betoine, de chacune 2. ou 3. drachmes.

Du calamus aromatique, souchet et galanga menu, de chacun vne drachme.

Noix muscade, macis, schœænanthe, graine d’alkermes, et roses rouges, de chacune demie drachme.

DES FIÉVRES.

Ilsreduisent le tout en poudre, dont ils font vn frontal : quisert à digerer et resoudre les fumées qui ne viennent pas d’humeurs si boüillantes et eschauffées.

La douleur est quelquesfois si opiniastre qu’il faut venir aux ventouses scarifiées et sans scarification, qu’on applique sur les espaules, et qu'on reitere plusieurs fois: ou bien aux vesicatoires, qui par l'attraction qu'ils font, donnent air aux fumées enfermées dans le cerueau , et en tirent en outre bonne quantité de serosités. Si cela n’y fait rien, les inleps somniferes sont excellens, veu que par le sommeil qu’ils apportent ils rafraichissent puissamment le cerueau , et hebetent la chaleur et furie des vapeurs les plus boüillantes : de ces iuleps icy nous en parlerons cy aprés, au chapitre des veilles immoderées.

le viens à la douleur d’estomach, que les Grecs appellent Cardialgiam , qui est excitée de quelque humeur acre et piquante , laquelle blesse et offense l’orifice supperieur de l’estomach, que les Medecins appellent xapdiar, Cette douleur est grandement sensible , et apporte quelquesfois auec elle lanausée, le sanglot , Le vomissement, à cause que la partie affligée est grandement nerueuse: c’est pourquoy les febricitans se plaignent souuent au medecin de ceste douleur. Il faut à cest accident icy les choses qui peuwent hebeterl’acrimonie del'humeur, et qui peuuent la rafraichir , tels que sont les syrops violat, de limons , de grenades, de berberis, de agresta, qu'on prendra seuls ou delayés en eau ou decoction d’endiue, de scariole, d’ozeille , de cichorée sauuage, de pourpié, de laïctue : ou bien dans l’eau de decoction d'orge, des quatre semences froides, grandes ou

petites, de fleurs de violles, de buglosse , de bourrache , de nenupbar.

On peut aussi ordonner les conserues de nenuphar, de violles, de roses, de buglosse : comme pareillement quelques poudres qui puissent boire les serosilés bilieuses qui sont dans le ventricule, sans toutesfois eschauffer, comme sont la poudre des coraux, de perles preparées, de racleure de corne de cerf et d'yuoire, de coriandre, de spodium, et autres de pareilles vertus, desquelles on pourra mesme preparer des tablettes auec sucre dissout en eaa de buglosse et de laictue , ou des opiates stomachales. Nous en dirons d’auantage aux chapitres du vomissement et de la syncope.

Souuent il suruient aux febricitans des douleurs de coliques, qui sont excitées ou par humeurs acres et eschauffées. ou bien de quelques vents et flatuosités qui errent et vaguent par lesintestins. À ces premiers, il faut toutes choses refrigerantes , comme clysteres, iuleps, apozemes , epithemes , linimens. On prepare les clysteres auec le lait clair, fueilles de vignes, de laictue, de pourpié, de fleurs de nenuphar, de concombre coupé par tranches, de semence, froides : on delaye dedans le miel violat, l'huile violat, casse mondée :

quelquesfois quand les douleurs sont violentes, syrop de pauot, pilules de cynoglosse, theriaque recente, Camphre, etautres. Les iuleps et apozemes sont faits d'herbes, de fleurs et de semences rafraichissantes: on delaye dedans les syrops de limons , de violles, de nenuphar ; de pauot appellé diacodion. On donne aussi par fois le petit laict en grande quantité cuit et clarifié, ou bien quelques emulsions rafraichissantes. Les epithemes doiuent continuellement estre appliqués

sur le ventre, faits d’eaux de morelle, d’ozeille, de buglosse, de plantain, de roses , meslées auec vinaigre rosat et quelques poudres astringentes, pour conseruer les forces du foye et dela ratte. Les linimens se font d’huiles de nenuphar, rosat, violat, om-

phacin, cerat santalin, onguent ro- ;

sat de Mesué, auec vn peu de vinaigre rosat. Que si cela ne profite , on donne le demy-bain matin et soir, qui est vn excellent remede contre ces coliques d’humeurs bilieuses.

Que si ces douleurs sont excitées par des ventosités, on fera des clysteres detersifs et resolutifs preparés auec maulues , aigremoine , son, orge, betoine, fleurs de chamomille et de metilot, semence de lin, de fœnugrec, de fenoüil, d'anis, de figues grasses : delayant dedans miel mercurial ou d’anthos , electuaire lenitif, diaphænic, sucre rouge , auec huiles de chamomille, de noix, de rue et autres. On applique aussi sur le ventre fomentations faites de decoction des quatreemollientes. de betoine, demar:

jolaine, de calaiment, de fleurs de chamomille et melilot, de semence daneth et de fenoüil, qu’on fait cuire dans moitié eau et moitié vin blanc.

On fait aussi des sachets de millet, d’auoine fricassée, de son, de paritoire aussi fricassée auec beurre frais. Les huiles de ruë , de iasmin, de chamomille, de lin, de noix muscade seruent à faire les linimens. On fait aussi des poudres à prendre par la boucle auec coriandre, fenoüil , perles preparées, canelle, poudres de l’electuaire de gemmis et diarhodon abbatis, que le malade prend à certaines heures du iour.

Les douleurs des lombes et de la region renale prouiennent de la grande chaleur qui est contenue dans

LE VINGTIÈME LIVRE

la grande artere, et la veine cau° descendante, à cause du sang qui bout dedans : à ces douleurs on ordonne l’oxyrhodinum pour frotter les lombes, l’oxycrat appliqué auec des linges, les linimens de suc de laictue et de blanc d’œuf, de populeum,, et de cerat de Galien, auec les sucs de morelle, de ioubarbe, et vn peu de camphre. On fait fomentations auec eaux de laictue, plantain, moreile, roses , pourpié, vinaigre rosat, et camphre. On met sous le malade vne piece | ou de marroquin, ou de camelot, ou de bougran, estoffes qui ne retiennent que bien peu la chaleur. Autres font mettre sur les lombes, ou fueiïlles de vigne, ou tranches de melons et de concombres. On donne des iuleps ou emulsions rafraichissantes, et des orges mondés. Vn grand remede, ce sont les clysteres emolliens et rafraichis-

‘sans et doucement purgatifs, à fin

d’ester d’alentour des reins vne quantité d’ordures qui croupissent ordinairement dans le ventre, et qui estant vne fois eschauffées apportent ces importunes douleurs de reins.

La douleur de cuisses et de iambes est souuent bien importune aux febricitans, qui se sentent auoir les os comme brisés : à peine peuuent-ils se remuer , et mesme endurer que la couuerture du lit les touche : autresfois ils ont des iactations et agitations fascheuses, pour ne pouuoir trouuer aucune bonne place. Or ces douleurs viennent quelquesfois de l’ardeur de la fiéure, qui enflamme les esprits et les humeurs qui sont esparses parmy les parties cutanées et musculeuses :

autresfois elles arriuent par l’effusion d'yne humeur sereuse, acreet bilieuse, qui se iette ou dans les espaces vuides des muscles, ou sur le perioste, qui est la membrane qui enueloppe les

DES FIÉVRES.

alysme , elles prouiennent ou des esprits enflammés qui se iettent çà et là, selon qu'ils sont poussés et chassés par l’ardeur de la fiéure, ou bien dvne quantité d’humeurs bilieuses, chaudes et acres , qui pour estre dans les veines ou à l’entour des entrailles toutes boüillantes et furieuses, cherchent vn plus grand lieu que celuy où elles sont enfermées et trop serrées, d'où vient qu’elles pressent le diaphragme, le cœur et les poulmons, ce qui fait que le malade estouffe et ne peut trouuer de place à son aise.

À ces iactalions , ie ne {rouue point meilleurs remedes que ceux qui sont ordonnés à la fiéure, les saignées frequentes, les clysteres reïterés, les fomentations, les iuleps: et quand le mal le permet, les purgations , vomitifs et autres.

Aux douleurs de membres, principalement des cuisses et des iambes, on fait des frictions douces, des linimens auec huile d'amandes douces, de nenuphar, rosat, violat, y adioustant tant soit peu de celle de lis et de chamomilie, pour resoudre et ouurir, On fait des decoctions partie refrigerantes, partie resolutiues, pour fomenter auec bons linges les parties dolentes. On fait des lauemens de pieds et de iambes auec eau tiede simplement, ou auee decoctions de chamomille, de melilot et nenuphar, de fueilles de vignes, de laictue, et autres semblables. On descharge aussi les iambes par l'application d’vne quantité de sangsues : bref on fait sachets, linimens, bains, onguens, fomentations , lesquels n’ont pas quelquesfois tant de force qu’aura quelque iulep somnifere, qui par le sommeil qu’il apportera, appaisera tout d'va coup telles douleurs.

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