‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 111 sur 602 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DE LA SVRDITÉ.

Des trois symptomes qui suruiennent à l’oùye, il n’y en a point qui vienne plus ordinairement durant les fiéures que la surdité imparfaite, que les Grecsnomment Sapvaxeita, les Latins surdastritatem, qui est proprement entendre dur. Or cela vient d’yne vapeur bilieuse, qui estant portée au cerueau se jette souuent sur les organes de l’oùye, par lesquelles la bile a accoustumé de se descharger, comme tesmoignent les saletés qui viennent aux oreilles. Cest accident icy quelquesfois est passager, quelquesfois ilest permanent:et souuentil est accompagné de quelque tintoüin des oreilles qui incommode fort les malades.

A ce malicy, iln’y a rien de meilleur que prouoquer, s’il y a moyen, le cours de ventre, puis qu'Hippocrates a dit aux Aphorismes, que les flux de ventre bilieux estoient arrestés par la surdité qui suruient, et qu’au contraire la surdité est ostée toutesfois et quand qu’il suruient vn flux de ventre bilieux. Ce qui nous donne assez à connoistre que quand l’humeur bilieuse est arrestée , il s’en fait vn transport au cerueau : ce qui n’arriue pas quand ladite humeur prend son cours par le ventre.

Au reste, si, auec la surdité il y a douleur d'oreille grande el violente, il faut souuent attendre quelque suppuration : par fois! la douleur se resoult auec medicamens , comme sachets et fomentations qu’on fait'auec herbes emollientes, chamomille, meilot, aneth, semence de fenoüil, qu’on

DES FIÉVRES,

fait boüillir dans le laict. On se contente aussi de mettre dans l'oreille vn peu d'huile d'amandes douces ou ameres, vn peu de laict, vne decoction de peu de coloquinte, du coton musqué , et autres telles choses qui en partie sont anodynes, en partie resolutiues.

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