‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 112 sur 602 · DE LA DIFFICVLTÉ DE RESPIRER · texte numérisé non relu

DE LA DIFFICVLTÉ DE RESPIRER

Ce n’est pas de la dispnæe ou difficulté de respirer que nous parlerons, qui est excitée ou par vne humeur crasse et visqueuse qui occupe la trachée artere el le poulmon , ou qui vient de l’inflammation des parties qui seruent à la respiration : mais de celle qui arriue ordinairement de quelque matiere qui petille à lentour du foye et de la ratte, et qui par ce moyen presse le diaphragme et les poulmons : ou bien de celle qui vient de la chaleur du cœur, que les poulmons ne peuuent suffisamment esuenter ny rafraichir, tant il y a de fumées enfermées et reserrées à l’entour de luy.

En ceste premiere , il faut recourir aux clysteres emolliens, refrigerans, et vn peu laxatifs, à fin de rafraichir les humeurs qui boüillent , et en vuider tousiours quelque partie, l’attirant vers les parties basses : il se faut aussi seruir d’epithemes et linimens refrigeratifs sur les deux Lypochondres. On se seruira pareillement de iuleps et apozemes refrigerans et hu meclans, à fin par toutes sortes de moyens d’oster la ferueur de ces humeurs, et brider leur furie.

A la dispnϾe qui vient de la cha-

leur du cœur des parties thorachiques, il faut mettre des epithemes sur le cœur auec eaux de morelle, de roses, d’endiue, de charbon benist, de scabieuse, d’ozeille, de plantin, etpareilles autres. On fera des linimens sur toute la poitrine auec huile de nenuphar, violat, de panot : ou de peur que ces huiles ne s’enflamment si on les mettoit toutes seules, on pourra les mesler auec les sucs depurés de pourpié, de laictue, d’ombilic de Venus , et vn peu de camphre. Il est besoin que le malade respire vn air froid : pourquoy s'il n’est tel, on le preparera auec aspersion d’eau froide, ou de roses, d'herbes et fleurs refrigerantes et de bonne odeur : nourrissant cependant le malade de viandes legeres, et luy donnant à boire frais.

Au reste, c'est tousiours vn tresmauuais accident des fiéures , quand la respiration est empeschée et que le febricitant se sent estouffer, surtout quand ce symptome vient de l’imbecillité des forces : car c’est signe que la vertu animale ne peut mouuoir et esleuer les muscles du thorax, à cause de Ja penurie et paucité de la chaleur naturelle et des esprits: aussi nesuruient-il qu’à ceux quison( proches de la mort.

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