‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 120 sur 602 · DE LA LIPOTHYMIE ET SYNCOPE · texte numérisé non relu

DE LA LIPOTHYMIE ET SYNCOPE

Jl suruient trois symptomes aux fiéures qui ont grande affinité les vns auec les autres, et quine different presque que du plus ou du moins.

scauoir le mal de cœur, que les Grecs appellent éxvow , la defaillance qu’ils

n0 mment hamoSuplay OU dercduyiav,

et l’esuanoüissement qu’ils appellent evyxor, Qui est le plus grand de tous, et qui estonne grandement, quand il suruient, le malade et le Medecin.

La cause de l’esuanoüissement (car de l’explication de celuy-cy, on entendra facilement la nature des autres)

c’est tout ce quipeutalterer lesesprits ,

vitaux, les corrompre et les dissiper, comme sont les longues veilles, les douleurs externes, toutes les grandes et subites euacuations, les douleurs d’estomackh extcitées par quelques humeurs malignes et veneneuses, les vapeurs mauuaises et putrides qui sortent de quelque abcés formé aux parties nobles : bref la corruption de quelque partie.

Pour apporter les remedes conuenables, il faut auoir esgard aux causes, pour leur opposer remedes contraires si faire se peut: comme aux veilles, il faut ordonner ie dormir :

aux douleurs, ilfaut les anodins : aux esprits dissipés, il faut ce qui les reuoque et les engenüre : aux vapeurs malignes, les cardiaques : à la cacochymie, la purgation. Or de quelque cause que puisse estre excitée la syncope, elle fait quitter au Medecin le dessein de guerir la fiéure, pour luy trouaer des remedes, à cause que c’est vn mal si pressant et si vrgent, que si l’on laissoit longucment le malade en defaillance, il y auroit crainte qu'il ne mourust subitement. C’est pourquoy dés qu’on appercçoit lasyncope , il faut tascher à reuoquer les esprils et à faire reuenir le malade en luy'iettant de l’eau froide sur Île visage, luy mettant les mains dans de l'eau fraische , luy frappant dans les mains: luy frottant le nez, les temples, et le pouls auec bon vinaigre:

lui faisant aualier du vin, lequel est vn f{res-souuerain cardiaque. Ceux

LE VINGTIÈME LIVRE

qui voudront voir Galien , et comme il remedie à ce mal, qu'ils lisent le premier liure ad Glauconem. Pour moyie n’en veux pasdire d’auantage :

d'autant que la syncope est traitée tres-amplement par tous les praticiens qui ont escrit des maladies en particulier.

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