‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 125 sur 602 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

DES SVEVRS IMMODERÉES.

Je ne m'estens point icy sur la difference des sueurs et leur signification, veu que cela appartient à la semiotique : ie m’arreste seulement à la sueur immoderée : laquelle, soit qu’elle vienne par voye de crise ou autrement, precipite le malade en de grandes foiblesses, et en suite, si on n'y remedie, à la mort.

C’est pourquoy lors qu’on voit telle sueur immoderée, il faut recourir aux medicamens qui repercutent et qui bouchent les pores du cuir. On fera donc des fomentations d’eau de rose, de plantain, de morelle, y adioustant la sixiéme partie de vinaigre rosat: ou bien on fera vne decoction dans l’eau des mareschaux, de roses rouges, de balaustes , de noix de cyprés, d’escorce de grenade, de morelle, de plantain, de ioubarbe, d’absinthe, de pentaphyllum, de centinode , de tapsus barbatus et autres.

On aura aussi recours à ces medicamens que les Grecs appellent diapasmata et alispasmata, faits de poudres de roses rouges, de bol armene, de terre sigillée, de croye, d’alun, de plomb bruslé, de plastre laué, lesquels on seme sur le corpsdu malade, à fin que par leur vertu emplastique ils empeschent la sueur de sortir. On donnera aussi cependant au malade des iuleps et apozemes adstringens et incrassans pour le mesme effet, les nourrissant bien au reste de viandes aisées à cuire, mais qui ne puissent nullement eschauffer.

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