‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 124 sur 602 · DY FLVX EXCESSIF D’VRINE · texte numérisé non relu

DY FLVX EXCESSIF D’VRINE

La Nature cherche quelquesfois diuerses descharges pour guerir les maladies, tantost par le ventre, par les diarrhées, tantost par les sueurs, tantost par vn flux d’urines que les Grecs appellent perirrhée : et ce flux icy est critique, d'autant qu’il se fait par le benefice de la Nature au soulagement du malade. Quelquesfois on prouoque l’vrine auec des medicamens diuretiques si puissamment, qu’il sort vne grande quantité d’eaux du corps:

mais tel flux est plustost nuisible que profitable, d'autant que cela vient de la malignité de tels medicamens , qui pour estre grandement chauds, et de parties ténues, fondent le sang et le font tourner en eau et serosité. A cest accident icy, il faut donner lesmedicamens rafraichissans , qui puissent pareillement espaissir etincrasser le sang, et arrester les fluxions, comme sont les decoctions deplantin, de pourpié, laictue, bource de pasteur, ioubarbe, auec les syrops de pauot et de pourpié.

Il y a vn autre flux d’vrine excessif, que l’on appelle diabetes, lorsque les febricitans pissent beaucoup et souuent, et rendent leur vrine aqueuse et ténue si tost qu’ils ont beu.La cause de ce symptome est triple, sçauoir l'intemperie chaude et seiche des

DES FIÉVRES.

reins, l'humeur bilieuse acre et sallée dont les reins sont abbreuués et incessamment irrités, et quelque venin pernicieux. On obserue qu'aux fiéures ardentes le diabetes suruient par la colliquation des reins et dissolution de tout le corps, ce qui fait qu'ordinairement il est mortel. Ces accidens sont de telle importance qu’ils meritent bien qu’on aille fueilleter les liures des bons autheurs, pour leur trouuer des remedes : c’est pourquoy ie n’en diray rien autre chose. Il me suffit d'indiquer ces symptomes, comme effets pernicieux des fiéures.

nement

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