‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 127 sur 602 · CHAPITRE XX V · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX V

DES SYMPTOMES DES FIÉVRES QVI AP- PARTIENNENT A LA SIMPLE AFFECTION DV CORPS : ET PREMIEREMENT DE LA IA VNISSE.

La iaunisse qui apparoist aux fiéures aiguës vient, ou de l’inflammation et scirrhe du foye, ou de lobstruction du conduit cholidoque, par lequel la bile a accoustumé de se descharger dans les boyaux pour lesirriter à l’excretion des excremens. Lors donc que ce conduit et passage est estouppé, la bile au lieu d'aller aux

intestins se porte dans les grandes

veines, et des grandes aux petites, et des petites dans toute la superficie et habitude du corps, ce qui le fait paroisire tout iaune.

Or il y a grande difficulté de reconnoistre si cest accident, quand il suruient aux fiéures aiguës, est critique ou symptomatique. Hippocrates a des exemples si contraires entre eux, qu’il est difficile d’en tirer quelque reigle assurée. Au reste, si la jiaunisse vient de inflammation du foye, elle n’a point d'autres remedes que ceux que l’on fait à l’inflammation. Quand elle vient d’obstruction, il faut se seruir des medicamens qui destouppent et qui ouurent , desquels nous avons rapporté grand nombre cy-deuant.On se seruira pareillement de purgations frequentes, d’epithemes, de clysteres, iuleps, apozemes , et autres. Le corps ayant esté ainsi preparé, lors qu’il ne reste plus que l'humeur qui est esparse par la superficie du corps, on mettra le malade dans le bain d’eau tiede, à fin de resoudre le tout, et remettre le corps à sa propre couleur.

DES FIÉVRES.

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