DE L'ORIGINE DE LA DEFLVXION DES GOVYTES
L'origine de la defluxion et matiere des goutes vient du cerueau, ou du foye . Lors qu’elle vient du cerueau, on peut dire que c’est la pituite sereuse, claire et subtile, telle qu’on voit le plus souuent distiller et couler par le nez et par la bouche, accompagnée du virusindicible laquelle difflue par les tuniques des nerfs et tendons par dessous le cuir musculeux qui couure le crane, et par dedans le grand trou par lequel la nuque passe : et telle fluxion est tousiours froide. Lors qu’elle vient du foye, elle court et flue par les veines
1 Fernel. — À, P.
etarteres chargées d’'abondance d'humeurs qu'elles ne peuuent contenir pour la quantité, ou pour la qualité vicieuse. Et peut-on lors dire que ce sont les quatre humeurs contenus en la masse sanguinaire, simples ou composés, accompagnés pareillement du virus arthritique : et sont plustost chauds que froids, au contraire de ce quiaduient lors que la fluxion se fait du cerueau.
Or ceste matiere de laquelle sont faites les goutes, que nous auons maintenant declarée, est la fluxion qui se fait des autres parties : outre laquelle il y a vne autre cause, appellée congestion : à sçauoir, quand quelque partie ne peut faire concoction de ce qui luy est baillé par Nature pour sa nourriture, Et quant à moy, il me semble (sauf meilleur iugement que le mien) que la matiere virulente des goutes est en la masse sanguinaire, voire en toute l'habitude du corps :et que ceste serosité virulente se meut par certaines causes qu’auons cy dessus mentionnées f,
Encore outre ces raisons naturelles, il y a quelque chose qu'on ne peut expliquer, ainsi qu'à l’epilepsie, fiéure quarte, et à vne infinité d’autres maladies, ce qu'Hippocrates à dit au liure premier des Prognostiques ,
1 Le chapitre se termine ici dans les éditions de 1579 et 1385, Dans la première édition posthume, Paré, ou son éditeur, a rétabli la dernière phrase qui se lisait déjà dans l'édition de 1575 ; mais celle première édition ajoutait en outre celle autre phrase, qui est demeurée absolument supprimée :
« Ce qui est venu en proverbe,
Qu'en la fiture quarte et la goute
Le medecin n'y voit goute :
principalement en celle qui est hereditaire ou inueterée, »
LE VINGT-VNIÉME LIVRE
qu'aux maladies il y a quelque chose de diuin.