‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 172 sur 602 · CHAPITRE -XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE -XXIV

CE QV’IL FAVT FAIRE, LA DOVLEUR CESSÉE DES GOVTES.

La douleur éstant appaisée , il faut roborer et fortilier les iointures. Or ce mot de roborer se doit non seulement entendre à vser des astringens et desiccatifs, mais aussi contrarier à l’indisposition delaissée à la partie.

Comme s'il y a quelque humeur superflu , il faut resoudre : et s'il y a

1 Cettehistoiré faisait tout le chapitre en 1575; le paragraphe suivant a été ajouté en 1579;

LE VINGT:YNIÉME LIVRE

quelque seicheresse, il faut humecter el relascher: et au contraire, si les iointures estoient trop lubriques et relaxées (comme souuent aduient aux podagres , desquels la goute a esté faite de matiere pituiteuse), alors faut vser de remedes desiccatifs et fort astringens : et ainsi des autres intemperatures ; comme nous auons dit cy dessus.

Outre plus faut entendre que les podagres aprés auoir perdu leur douleur (laquelle commence tantost sous le talon, et quelquesfois sous la cauité du pied), neantmoins demeurent long temps sans pouuoir marcher qu’à grand peine : à cause que les nerfs et tendons qui sont en grand nombre aux pieds, sont imbus et arrousés d’vn humeur pituiteux, et par ce moyen ontestérelaxés, de sorte qu’ils sont demeurés amollis comme vn par chemin moüillé, qui fait que le pauure podagre ne peut cheminer, et luy semble qu'il marche sur des espines.

Et pour le faire cheminer, il faut necessairement consommer lhumeur conioint et delaissé aux parties nerueuses : qui se fera .auec fomentations, cataplasmes et emplastres astringens et desiccatifs, comme ceux qui s’'ensuiuent.

Pour là fometitätion, on vsera de celle qui est escrite cy dessus, au chäpitre dé là roboration des iointures: bout là prestruation ; augmentant la quantité de Palum et du sel, adioustant du soulphré vif en pareille quantité : puis on vserä de cest emplastre :

2%: Môssæ emplastri contra rupturam 3. iiij.

Terebenth. 3. ij.

Palu. rosarum rubr. nucum cupressi,

gallarum, granorum myrthi, et foliorum eiusdem, thu. mastic. caryophyl.

and &.j.

DES GOVTES.

Malaxentur omnia simul manibus inunctis oleo myrthino et mastichino, et fiat emplastrum extensum supra alutam debitæ magnitudinis et latitudinis.

Et soit apposé sur les pieds {ant dessus que dessous : puis faut auoir vne chausse de cuir de chien conroyé, laquelle soit lassée bien proprement Sur toute lä iambe. Or cest emplastre est fort vtile, d'autant qu'il fortifie les nerfs et consume l’humeur imbu en iceux , et empesche la fluxion :

et la chausse de cuir de chien conserue la chaleur nalurelle : el par-ce qu'elle comprime el serre, elle empesche aussi la fluxion de se faire sur les pieds.

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