CHAPITRE XXIX
DE LA GOVTE GRAMPE.
La goute grampe est vne espece de conuulsion, faite d’vne matiere flalulente, par le moyen de laquelle souuentesfois le col, les bras et iambes sont par vne grande force re-
1 Voyez pour ces boulettes la note de la page 227.
2 Le chapitre se {erminail là en 1h78 et en 1579: l’annotation qui suit est une addition de 1585.
tirées, ou estendues, causant vne extreme douleur , non toutesfois de longue durée.
La cause d’'yn {el mal est yne vapeur crasse et lente, qui est entre les membranes des muscles : qui vient plusiost de nuit que de jour, à raison que la chaleur naturelle et esprits se retirent au centre du corps, qui fait que la matiere flatulente s'esleue et fait tension aux parties, où s’introduit la goute grampe. Aussi quelquesfois yient à ceux qui nagent en eau froide, qui les fait noyer, pour limpotence qu’ils ont, ne pouuans nager, demeurans immobiles, parce que par la frigidité de l’eau le cuir est espaissi et retrait, et les pores clos, de sorte qu’il ne se peut faire euaporation de ladite matiere flatulente, mais au contraire elle s’augmente par l’eau froide. Ceux qui sont addonnés à yurongnerie, oisiueté et paresse, pour les crudités qu’ils amassent , sont le plus souuent espris de ceste maladie.
Pour la cure, faut tenir bon regime, et trauailler moderément, et roborer les parties où tel mal aduient, qui se fera par frictions longues, auec linges chauds el eau de vie en laquelle on aura infusé fueilles de sauge, rosmarin, (hym, sariette, lauande, cious de girofles, gingembre, ou autres semblables discutiens et resolutifs. Et pour seder la douleur, lors que la goute grampe occupe quelque partie, promptement elle sera appaisée par friction, ou par extension, ou flexion, ou par cheminer.
TRAITANT
DE LA PETITE VEROLLE, ROUGEOLLE