CHAPITRE II
AVTRE QVESTION,
A sçauoir, s’il est possible de donner des poisons qui facent mourir les
. hommes à certain temps prefix,
comme d’yn mois, plus ou moins ?
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Theophraste dit, que neantmoins qu'il y a des venins qui tuent plustost, autres plus tard, toutesfois qu’il est impossible de pouuoir donner vn terme prefix, Comme aucuns pensent.
Car ce que les venins tuent ou plus- Lost ou plus tard, il ne procede selon les Medecins de leur propre naturel et force, mais de ce que la nature de celuy qui l'aura pris resiste plus ou
| moins ausdits venins , ce que l’experience monstre : car il est certain qu’vn mesme venin d'vn mesme poids et mesme quantité, baïllé à diuerses personnes de diuerses natures , tuera les vns dedans vne heure, les autres dedans quatre, autres dedans vn iour, et à d’aucuns ne portera grande nuisance. Ce qu’on experimente tous les iours aux medecines laxaliues : car si diuerses personnes prennent vne mesme medecine de mesme poids, quantité et qualité , en aucuns elle monstrera subit son effet, en aucuns tard : en aucuns fera bien petite operation, en d’autres tresgrande , és autres point du tout : en aucuns purgera sans fascherie , en autres auec grand trauail et douleur : ce qui ne procede d'autre cause que de la diuerse et dissemblable temperature desmalades, laquelle ne se peut si parfaitement connoistre, qu'on puisse sçauoir iusques à quand la chaleur naturelle ait puissance de resister au venin. Il procede aussi de ce qu’aucuns on les arteres larges ou fortserrées. Car Le venin ayant trouué les chemins et conduits larges, non seulement il penetre legerement, mais aussi aisément il passe auec l'air, qui continuellement entre en nostre corps pour flabeller et refri- | gerer 1e cœur, "4